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SFTG PARIS-NORD: COMPTE-RENDU DE SOIREE



le Syndrome d’Apnées Obstructives du Sommeil (SAOS)


Dr. Laurent DEYRIS, membre de SFTG Paris-Nord

Expert: Pr. CRESTANI (Hôpital Bichat)






A consulter sur le sujet:




Ce syndrome est de définition récente (1976) mais le Syndrome de Pickwick avait déjà été décrit en 1956 (= Syndrome obésité - hypoventilation) Il n’existe un traitement efficace que depuis 1981 (ventilation en Pression Positive Continue PPC) Grossièrement touche 5% de la population masculine

1- DEFINITIONS

Le SAOS est défini par la survenue durant le sommeil d’épisodes anormalement fréquents d’obstruction complète ou partielle des voies aériennes supérieures, responsables d’interruptions (apnées) ou de réductions significatives (hypopnées) de la ventilation, et associés à des manifestations cliniques le plus souvent dominées par une somnolence diurne excessive avec parfois des endormissements incoercibles.

Les autres symptômes principaux sont le ronflement, l’asthénie et les céphalées matinales, et la constatation d’apnées au cours du sommeil par l’entourage.

Le diagnostic est posé sur un nombre excessif d’événements (apnées et hypopnées) constaté au cours d’un enregistrement polysomnographique.

Due à une anomalie fondamentale = baisse du tonus des muscles dilatateurs du pharynx entraînant une diminution de son calibre, augmentant les résistances (la plus souvent bruyante = ronflement)

Problème de la zone frontière :
La prévalence varie de 24 % si le seuil d’IAH retenu (Index d’Apnée et Hypopnées par heure) est de 5, à 15% si le seuil d’IAH retenu (Index d’Apnée et Hypopnées par heure) est de 10 et à 5% si le seuil d’IAH retenu (Index d’Apnée et Hypopnées par heure) est de 15

1-1-DEFINITIONS DES EVENEMENTS RESPIRATOIRES

Apnée :
Interruption du débit aérien de plus de 10 secondes
Hypopnée :
aucun consensus de définition Souvent associé, en polysomnographie, à des phases de désaturations (diminution de 3-4% de la saturation) (parfois d’éveils)
Efforts Respiratoires :
Leurs mesures permettent de qualifier les apnées en séparant les apnées obstructives ( avec efforts respiratoires), les centrales (sans effort) ou les mixtes.
Ronflement :
Bruit. Pas de consensus de définition du seuil pathologique : 45 à 60 dB (conversation courante) sans standardisation de la mesure
Analyses acoustiques sans intérêts.
Anatomiquement : voile du palais qui vibre. Lié a une réduction du calibre des VA supérieures.
Événements Respiratoires avec Micro-Réveils :
Les micros réveils sont induit par l’augmentation de l’effort respiratoire ( et pas par la diminution de la saturation en O2 .)
Pas de consensus sur la durée mais le plus souvent> 3sec.

1-2-DÉFINITIONS DES SYNDROMES

Syndrome d’apnées obstructives du sommeil
Le diagnostic n’est posé quaprès une mesures polysomnographiques Définition américaine> 5 apnées/heure En France> 10 apnée/heure. Absence d’étude de corrélation entre seuils et pathologie ou souffrance ressentie.
Ronfleur
La aussi les valeurs seuils influent sur la prévalence : durée de ronflement : 80 % de la population si DR> 10 % et 22 % si DR> 50%.

Ronfler a été défini comme un FR cardio-vasculaire indépendant du SAOS. Pas certain… Sans SAOS, il existe une somnolence diurne chez certains ronfleurs.

Syndrome des Hautes Résistances des Voies Aériennes Supérieures
C’est une définition clinique + polysomnographique; Ce syndrome se différencie du SAOS par l’absence d’apnées ou d’hypopnées telles qu’elles sont définies plus haut (IAH <10/h), et par l’absence de retentissement sur la saturation artérielle en oxygène au cours du sommeil.
Il existe une similitude entre ces deux syndromes sur le plan des symptômes (altération de la vigilance, somnolence diurne) et de leur mécanisme (fragmentation du sommeil en rapport avec une élévation des résistances des voies aériennes supérieures).

2-EPIDÉMIOLOGIE DU SAOS

Plusieurs écueils : définition des hypopnées et des valeurs seuils.

La méthode de référence est la polysomnographie (PSG) lourde et coûteuse (2000 francs) avec des limites ( surestimation/ position de sommeil- effet première nuit,…), inutilisable en épidémiologie.

Donc utilisation de questionnaires directs ou téléphoniques mais dont les résultats sont mal corrélés a ceux de la PSG.

Les données d'épidémiologie sont de 5 % à 9 % chez l’homme et 2,5 % chez la femme

Facteurs favorisants :

Histoire naturelle

Les ronfleurs simples évoluent-ils vers le SAOS ?

Études de cohortes en cours. Ce n'est pas certain : uniquement corrélation avec HTA.

SAOS et mortalité :

Les données des études sur l’effet du SAOS sur la mortalité sont contradictoires, et ne permettent pas de conclure quant à l’existence ou non d’un lien direct, indépendant des co-morbidités et des autres facteurs de risque, entre SAOS et surmortalité. Certaines études montrent une corrélation ; chez des sujets âgés, triplement de la mortalité si IA> 10 (essentiellement mortalité vasculaire).

SAOS et risque vasculaire (indépendant).

La prévalence du SAOS est 3 fois plus grande chez les hypertendus, surtout chez les moins de 50 ans.

Il n’est pas certain que le traitement du SAOS par PCP permette une régression de l’HTA.

Le ronflement est un facteur de risque de faire un infarctus (risque relatif de 4,4), il existe un lien statistique entre angor et SAOS. Le SAOS est un facteur de risque d’AVC (RR de 8)

SAOS et qualité de vie :

l’hypoxie a des conséquences à long terme, mais la somnolence diurne a des conséquences immédiates.

En particulier sur :

Coût social important :

Si non diagnostiqué par la morbidité secondaire et les conséquences des accidents (accidents de la voie publique surtout). Coût diagnostique et thérapeutique.

3-PHYSIOPATHOLOGIE

Les apnées obstructives du sommeil sont dues à la fermeture («collapsus ») des voies aériennes lors de l’inspiration, qui génère une pression négative endopharyngée (pression de « succion »). Ce collapsus peut survenir en un ou plusieurs sites de l’oropharynx ou de l’hypopharynx.

De nombreux facteurs peuvent participer à leur génèse, à des degrés divers selon les sujets: Les intrications sont complexes entre ces différents mécanismes.

4- ASPECTS CLINIQUES DU SAOS

Le SAOS est responsable de plusieurs manifestations cliniques :

Pendant la veille Pendant le sommeil
somnolence ronflements
sommeil non réparateur apnées
céphalées matinales mouvements du corps
accidents (domestiques, pro, voie publique) réveils en sursaut
syndrome dépressif nycturie
hallucinations hypnagogiques hypersialorrhée
comportement automatique énurésie
troubles de la mémoire sueurs nocturnes
Impuissances, troubles de la libido somnambulisme
troubles du comportement


Ronflement :

Le ronflement du SAOS est souvent intense, interrompu par des apnées (silence) avec une reprise « explosive » qu’accompagnent des mouvements des jambes. Mais il existe des SAOS sans ronflement ( grande insuffisance respiratoire, patients opérés)

Apnées :

Sueurs nocturnes

dans 66% des cas

Somnambulisme

dans 10% des cas. Sensation d’insomnie pouvant générer une prescription d’hypnotiques (aggravant le SAOS)

Nycturie :

présente dans 28% des cas ( par probable sécrétion de facteur natriurétique auriculaire provoqué par les apnées et la dépression thoracique).

Trouble de la libido

retrouvés chez 28% des patients

Somnolence diurne

Troubles du comportement

Il faut rechercher, par l’interrogatoire,

ECHELLE DE SOMNOLENCE D’EPWORTH

La probabilité de s’endormir est cotée de 0 à 3 selon le risque d’assoupissement
Activite risque d'endormissement
lors de la lecture  
en regardant la télé  
assis inactif dans un lieu public (réunion...)  
comme passager lors d'un trajet en voiture de plus d'une heure sans pause  
allongé dans l'après-midi  
assis, en discutant  
assis calmement après un repas sans alcool  
dans une voiture immobilisée dans un embouteillage  
TOTAL  

5-CHEZ QUI DEMANDER UN ENREGISTREMENT POLYSOMNOGRAPHIQUE ?

Les éléments cliniques les plus pertinents sont : Aucun de ces éléments n’est très spécifique.
Apnées retrouvées chez 65 à 92% des SAOS mais aussi chez 31 à 64% des sujets normaux.
L’absence de somnolence diurne estimée ( Epworth< 12) n’exclue pas le SAOS (40% des SAOS ?).
Le score d’Epworth n’est pas liés a la sévérité du SAOS.
Il existe une meilleure sensibilité en associant ronflement et somnolence diurne.
L’obésité (la plus souvent androïde) est un facteur de risque de SAOS (80 % des SAOS sont obèses). Mais l’obésité seule, a une faible valeur prédictive de SAOS.

Des scores avec age, IMC, périmètre du cou, présence d’apnées et ronflements, HTA ont été élaborés ; plus sensible (92%) mais peu spécifique ( 51%) ils permettent un dépistage des SAOS. Ces résultats n’ont été validés que dans des populations restreintes.

Des critères morphométriques ont été utilisés (mesures de la cavité buccale, BMI , tour de cou) augmentant la spécificité sans permettre pour autant l’élimination de la Polysomnographie.

6- POLYSOMNOGRAPHIE :

C’est un enregistrement au cours d’une nuit (voire d’une sieste pour le dépistage) de sommeil, visant à quantifier les évènements respiratoires (apnées, hypopnées ) et à les corréler à des variables que sont : La mesure des flux ventilatoires met en évidence les événements respiratoires : ils peuvent être analysés par enregistrement de la température à la bouche et aux deux narines.
Ces mesures dépistent les apnées mais plus difficilement les hypopnées : leurs dépistages reposent sur la modification de signal thermique associé le plus souvent à une désaturation ou à un micro-réveils.
Le pneumotachographe reste la méthode de référence pour la mesure des flux ventilatoires.

Pour alléger ces dispositifs des polysomnographies « partielles » ont été proposées. Cela va de la seule recherche de désaturation nocturne (publications contradictoires) a un examen sans enregistrement des stades du sommeil (sans EEG, EMG ni elctro-oculogramme). Cette technique peut-être suffisante si elle est positive mais ne permet pas de déceler les micro-réveils. Enfin certaines équipes font de la PSMG ambulatoire avec le risque de défaillance en l’absence de technicien.

7-TRAITEMENTS

De multiples traitements du SAOS ont été évalués:

a- Le traitement de référence reste la ventilation en pression positive continue (PPC).

Elle maintient ouverte à tous les stades du cycle respiratoire les voies aériennes supérieures.
Semble aussi efficace en partie sur les apnées centrales. Les appareils délivrent des pressions de 3 à 20 cm H2O à des débits de 20 à 60 l/min.
L’appareil pèse autour de 3 kg, son bruit de 30 - 40 dB.

Masques très variés, en silicone avec dispositif de maintient (sangle, harnais,…). Il faut une « fuite calibrée » pour éliminer le CO2.

Le calibrage des pressions de ventilation se fait au cours d’un deuxième enregistrement PSG en débutant en début de nuit par des pressions faibles progressivement augmentées par paliers de quelques minutes pour faire disparaître les apnées, les hypopnées, les « événements respiratoires » et les ronflements.

Cette première nuit est importante car permet parfois un sommeil de qualité, vécu comme réparateur avec régression de la somnolence diurne, bon pronostic de compliance à la PPC.

A long terme, l’efficacité dépend de l’observance. Le taux initial d’acceptation est de 70 à 80%, avec un maintient a 80% à distance mais avec des durées d’utilisation variable ( « mouchards » dans les appareils récents ) ; la durée minimale efficace est de 5h par nuit.

L’observance dépend de la prise en charge et de l’information des patients, et en particulier de la gestions des effets secondaires mineurs de la PPC :
irritation cutanée par un masque inadapté, rhinite voire obturation nasale (humidification - chauffage) , conjonctivites par fuites du masque. (bruit peu souvent évoqué).

La PPC peut avoir des effets secondaires plus importants :épistaxis, pneumothorax, trouble du rythme cardiaque.

Les principaux bénéfices concernent l’amélioration de la vigilance diurne, mais certaines études font état d’une réduction de la mortalité, d’une baisse des accidents de la route. L’amélioration de l’HTA est controversée. Distribution en France par une associa