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cystite intersticielle

SFTG PARIS-NORD

Document de synthèse:

Cystite interstitielle

23 Février 2002

Dr. C. Guy-Coichard
membre de SFTG PARIS-NORD

 

 

introduction

Le terme de cystite interstitielle est utilisé depuis 1887 ( inflammation de la paroi vésicale). Cette maladie invalidante, considérée comme assez rare ( 51/100.000 aux Etats Unis) est très probablement sous-diagnostiquée et n’est pas exceptionnelle en pratique de ville. Le diagnostic intervient souvent en fin d’un parcours éprouvant pour la patiente, qui aura consulté pour ses douleurs chroniques parfois intenses et sa dysurie invalidante un grand nombre de généralistes, d’urologues, de psychiatres, et de spécialistes de la douleur .

Il s’agit le plus souvent d’une patiente jeune (Le sex ratio est de 1 homme pour 9 femmes, le pic de fréquence se situe autour de 30-40 ans).

diagnostic

Le diagnostic clinique ne s’appuie sur aucun signe spécifique, mais sur l’histoire clinique :

Le calendrier mictionnel est un don moyen d’objectiver la fréquence réelle des mictions et de suivre l’évolution de la maladie.

Devant ce tableau, il est alors nécessaire de réaliser une cystoscopie:

  • Sous anesthésie générale, celle-ci retrouvera l’aspect de glomérulation (pétéchies apparaissant en réponse à la distension) et les ulcérations de Hunner du dôme vésical, caractéristiques de la maladie.
  • Elle réalisera dans le même temps une dilatation au sérum physiologique, qui permettra une mesure de la capacité vésicale maximale (souvent diminuée), et représentera le premier temps du traitement, puisque 50% des patientes sont améliorées, au moins transitoirement.
  • Une ou plusieurs biopsies sont réalisées systématiquement pour éliminer une tumeur .

Le bilan urodynamique n’est pas nécessaire au diagnostic. La culture urinaire ainsi que les cytologies urinaires devront être négatives.

Le test au KCl a pour but d’objectiver une perméabilité anormale de l’urothélium , qui serait selon certains travaux un des ressorts physiopathologiques de la maladie[1].

    2.1. Les critères requis pour le diagnostic (d'après le NIH)
2.1.1. Un des deux critères suivants doit obligatoirement être présent, visible dans la vessie lors de l'examen endoscopique:

1) glomérulation de la muqueuse, ou
2) ulcère de Hunner classique. Les glomérulations doivent être diffuses avec au moins 10 éléments par quadrant.

2.1.2. Un des deux symptômes suivants doit être présent :

1) cystalgies (douleurs vésicales) ou
2) impériosités mictionnelles (envies pressantes)

2.1.3. Chaque critère suivant élimine le diagnostic de cystite interstitielle :


1) capacité vésicale > 350 cc en l'absence d'anesthésie
2) absence d'envie d'uriner après remplissage (à 30-100 cc/mn) de la vessie à 150 cc
3) présence de contractions vésicales involontaires pendant le remplissage ci-dessus
4) symptômes depuis moins de 9 mois
5) absence de mictions fréquentes la nuit
6) apparition de symptômes soulagés par les antimicrobiens, les anticholinergiques ou les antispasmodiques
7) pollakiurie diurne < 8
8) diagnostic de cystite bactérienne ou de prostatite dans les trois mois
9) présence d'un calcul dans la vessie ou le bas uretère
10) herpès génital en phase d'activité
11) cancer utérin, cervical, vaginal ou urétral
12) diverticule de l'urètre
13) cystite au cyclophosphamide
14) cystite tuberculeuse
15) cystite après radiothérapie
16) tumeur vésicale bénigne ou maligne
17) infection vaginale
18) patiente de moins de 18 ans

approches thérapeutiques

Le premier temps du traitement est toujours constitué par l’hydrodistension vésicale réalisée pendant la cystoscopie, et qui améliorera (au moins transitoirement) environ 50% des patientes.

Le traitement spécifique de la douleur utilise la pharmacopée classique sans spécificité de mécanisme  : antalgiques mineurs puis majeurs, opiacés de courte et longue durée d’action, anticonvulsivants (Gabapentine, etc…)

Comme toute douleur chronique, la prise en charge pluridisciplinaire est essentielle et ne devra pas négliger l’aspect social (invalidation, désinsertion) comme l’aspect psychique (anxiété, dépression, stress, troubles comportementaux induits) [2], [3].

Les traitements médicamenteux de la cystite interstitielle sont encore mal évalués [4 ] , [5], et suivent quatre pistes:

1) traitement specifique du terrain

a) Antidépresseurs : TRICYCLIQUES (Amitriptyline) à visée autant antalgique et anticholinergique qu’antidépressive.

b) Antihistaminiques (hydroxyzine) , ANTICHOLINERGIQUES (Ditropan â ,…) et ANTISPASMODIQUES,: sont des prescriptions courantes, bien qu’aucune étude contrôlée n’en ait vraiment établi l’efficacité .

2) alcalinisation des urines :

3) Cytodestruction :le DMSO (diméthylsulfoxyde).

Ce solvant organique est utilisé en instillation intravésicale hebdomadaire par cures de 6 à 8 semaines.. Une réponse favorable mais temporaire a été notée chez plus de 50 % des patients, y compris sur les récidives. Mais une résistance progressive au DMSO a aussi été observée.

4) Cytoprotection :

a) Héparine intravésicale Instillation quotidienne durant 3 à 4 mois, puis 3 à 4 fois par semaine. Environ 50% de réponses. Suivi de la coagulation indispensable.[6].

b) Elmiron (pentosan polysulfate): c’est l’unique substance disponible sur le marché pour administration par voie orale. Les résultats à long terme suggèrent une amélioration cliniquement significative chez près de 3 patients sur 4 sur la douleur, la fréquence mictionnelle, les mictions impérieuses et la nycturie, l’amélioration étant d’autant plus marquée que les symptômes initiaux étaient sévères. Evaluation au bout de 3 mois, réponse optimale entre 12 et 18 mois. Effets secondaires : intolérance digestive, alopécie (réversible).[7], [8]. Ce produit n’est pas disponible en France.

mesures adjuvantes

La patiente elle-même doit participer au régime thérapeutique élaboré.

Les autres traitements

Pour mémoire

Sites web utiles sur la Cystite interstitielle

Bibliographie : articles

bibliographie : livres

 

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