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SFTG PARIS NORD

Octobre 1998

Démences du sujet âgé

Diagnostic, orientations thérapeutiques

JP Aubert, membre de SFTG Paris Nord

Experts: Dr. Acher, gérontologue, Sce Dr. Piau, Hôpital BICHAT

Dr. Terres, psychiatre, 31ème secteur de psychiatrie de Paris

 

A consulter sur le sujet:

1. UNE PERSONNE AGEE PERD LA BOULE: A QUOI FAUT-IL PENSER?

Vous êtes appelé au chevet de Mme X, 78 ans, dont la famille vous a dit qu'elle perdait la tête. Dans quel ordre prendre le problème?

1.1. Le trouble est d'installation rapide, il prédomine sur la vigilance et l'orientation: évoquer une confusion mentale.

Cette question a déjà traitée en 1995 à SFTG PARIS NORD (soirée "urgences psychiatriques en médecine générale")

Le syndrôme confusionnel est une désorganisation globale, mais fluctuante au cours de la journée, de l'ensemble des fonctions supérieures.

Son caractère clinique caractéristique est sa RAPIDITE D'INSTALLATION.

Les éléments dominants sont les suivants:

o des troubles de l'orientation temporo-spatiale
o une AGITATION ou une apathie
o un trouble de l'attention
o une atteinte de la vigilance
o une pensée et un discours incohérents
o une désorganisation du cycle veille sommeil
o les troubles de la mémoire sont présents mais au second plan

La recherche et la découverte d'une cause de confusion mentale font partie du diagnostic.

Les causes sont extrêmement variées et ne seront que brièvement rappelées ici. Les étiologies organiques dominent :

effet secondaire d'un médicament, syndrôme infectieux, rétention aiguë d'urines, fécalome, anoxie (cardiogénique ou anémique), déshydratation aiguë, hypoglycémie, hyponatrémie, hypercalcémie, insuffisance hépatique ou rénale, hématome sous dural, encéphalite, tumeur cérébrale, encéphalopathie carentielle...

1.2. Le trouble est d'installation lente et prédomine sur la mémoire: évoquer une démence

Un syndrôme démentiel associe:

o un déficit mnésique
o la perturbation d'une ou plusieurs autres fonctions cognitives,
o une restriction de l'autonomie du patient,
o d'une durée de plus de trois mois,
o sans altération de la vigilance.

Le diagnostic est clinique, et doit être porté avec circonspection.

1.2.1. Confirmer l'existence du syndrôme démentiel

1.2.1.1. Le temps d'entretien avec l'entourage est capital.

Lors de l'installation d'un syndrôme démentiel, l'équilibre familial est long à se rompre: pendant très longtemps, les troubles du comportement du sujet atteint vont être minimisés par le patient, et compensés par l'entourage. Un interrogatoire bien fait peut retrouver des troubles parfois déjà anciens, dont la valeur est grande:

difficultés à gérer les finances, le téléphone, les prises médicamenteuses, problèmes dans les transports collectifs...

Les troubles du comportement ont été repérés par l'entourage mais ne sont pas toujours mentionnés spontanément: désintérêt, émoussement affectif ou déshinibition, conduites stéréotypées.

1.2.1.2. La plainte mnésique

Dans 75 % des cas, un syndrôme démentiel débute par un trouble de la mémoire. Pour autant, tout trouble de la mémoire n'évolue pas nécessairement vers une démence.

Trois étiologies non démentielles sont à rechercher en priorité devant une plainte mnésique du sujet âgé:

o L'oubli bénin de la sénescence

La plainte est importante, mais le retentissement sur la vie sociale est faible
Les autres fonctions ne sont pas altérées: pas de perte des repères spatiaux et temporels, pas de manque du mot, pas de trouble gestuel, pas de trouble de la reconnaissance, le jugement est conservé.
Le patient est conscient de ses troubles, souvent très anxieux.

o Un syndrôme dépressif

Une dépression chez le sujet âgé peut se traduire par un trouble de la mémoire, parfois associé à d'autres atteintes cognitives, réalisant un tableau pseudo démentiel.

AU MOINDRE DOUTE SUR UN ETAT DEPRESSIF UN TRAITEMENT ANTI DEPRESSEUR D'EPREUVE DOIT ÊTRE TENTE

o Un effet secondaire médicamenteux

BZD, isoniazide, méthyldopa, bêta bloquants, antiépileptiques, antiparkinsonniens, antidépresseurs, barbituriques...

Un état confusionnel est souvent associé.

1.2.1.3. Troubles de la mémoire marquant un syndrôme démentiel débutant

L'installation est insidieuse, la plainte subjective est souvent moindre que le retentissement sur la vie sociale et professionnelle.

Les mémoires immédiate et à court terme sont les premières atteintes.

La mémoire d'évocation (autobiographique) semble mieux conservée, mais n'est jamais intacte.

Il existe d'autres atteintes cognitives:

o désorientation temporo psatiale
o troubles du jugement et de la pensée abstraite
o aphasie discrète, manque du mot
o apraxies
o agnosies

L'ensemble de ces items est exploré par le Mini Mental Status Examination de Folstein (cf annexe).

Un score inférieur à 24 / 30 évoque une démence, mais il est extrêmement difficile d'apprécier les fonctions intellectuelles des sujets âgés non scolarisés, ou dont le français n'est pas la langue maternelle. Il faut aussi tenir compte d'éventuels troubles de la vue ou de l'audition.

1.2.2. Rechercher une (rare) étiologie organique curable

Les étiologies curables sont malheureusement rares, et représentent plus souvent un facteur aggravant d'un Alzheimer authentique qu'une cause unique.

Les principales étiologies à discuter sont les démences vasculaires, que peuvent faire évoquer

o un début brutal,
o une évolution par à-coups,
o la présence de signes neurologiques focaux,
o une maladie cérébro vasculaire (HTA, athérosclérose, cardiopathie emboligène).

Le scanner est souvent indispensable pour rechercher des infarctus cérébraux multiples.

1.2.2.1.Causes neurologiques

infarctus cérébraux multiples
Maladie de Parkinson
Tumeurs intra cérébrales (frontales++)
Hydrocéphalie à pression normale
Neurosyphilis, Sida
Hématome sous dural

1.2.2.2 Démences secondaires à une affection systémique

Anémie ferriprive
Carence en Vitamine B12 ou en folates
Hypothyroïdie
Hyper ou Hypoparathyroïdies
Démences post hypoglycémie

Quel bilan pour une cause curable?

Pour tous les sujets:
o Glycémie
o ionogramme
o Calcémie
o NFS
o Folates
o Vitamine B12
o TSH
o Scanner cérébral
à discuter selon le contexte:
sérologie du VIH, BW

1.2.3. Evoquer d'autres démences dégénératives

La maladie d'Alzheimer est de loin la plus fréquente des démences dégénératives, mais elle n'est pas la seule. On doit aussi savoir évoquer:

1.2.3.1. La démence à corps de Lewy

elle représenterait 15 à 20 % des démences du sujet âgé.

On doit l'évoquer devant:

o un début où dominent les troubles de l'attention et les désordres visuo spatiaux
o des fluctuations cliniques marquées
o des manifestations psychotiques de type délirant ou hallucinatoire
o des signes extrapyramidaux, des chutes, des absences.

Ce diagnostic est important car la démence à corps de Lewy:

o répond bien aux cholinomimétiques
o contre-indique formellement les neuroleptiques (risque de syndrôme malin, de syndrôme extrapyramidal majeur)

1.2.3.2. Une démence fronto temporale

Apanage du sujet plutôt jeune, leur physiopathologie est mal connue. Elles se traduisent par des troubles du comportement social (déshinibition, parfois apathie). Pas de trouble de la mémoire, évolution vers des modifications majeures du comportement sans trouble des fonctions instrumentales (mémoire,langage). Le diagnostic repose sur le scanner qui montre une atrophie fronto temporale. Pas de traitement.La maladie de Steele-Richardson fait partie de ce groupe, elle associe un syndrôme extrapyramidal et une paralysie oculaire.

1.2.3.3. Les causes rares et incurables

Maladie de Creutzfeld-Jacob, Chorée de Huntington.

1.2.4. Au terme de cette enquête, on concluera le plus souvent (malheureusement) à une MALADIE D'ALZHEIMER

2. LA MALADIE D'ALZHEIMER

2.1. Epidémiologie de la maladie d'Alzheimer

2.1.1. Epidémiologie générale

o La fréquence des démences augmente avec l'âge, passant de 2% à 65 ans, à 30 % après 90 ans. L'augmentation de la prévalence devient moins rapide après 90 ans.
o 50 à 70 % des cas de démences sont des MA
o 600.000 déments vivent en France, l'incidence est de 100.000 nouveaux cas par an.
o La médiane de survie est de 3 ans, avec un écart type important.
o Il exise un faible excès de cas féminins (hypothèses hormonales?)
o Il n'y a pas de différence géographique significative de prévalence dans les pays industrialisés

2.1.2. Facteurs de risque

2.1.2.1. Facteurs génétiques

o La majorité des cas sont sporadiques.
o Dans 5% des cas il existe une transmission mendelienne: l'affection débute alors précocément: trois mutations sont en cause, sur le chromosome 21 (précurseur de la protéine ß amyloïde, préséniline 1 et 2)
o Le gène de l'apolipoprotéine E:

Cette protéine existe sous trois formes, E2, E3, E4, codées par trois allèles: epsilon 2,3,4. La présence de ce dernier allèle est corrélée avec le risque de MA: la maladie apparaît plus tôt chez les porteurs de deux allèles epsilon 4 (âge moyen 75 ans) que chez ceux qui n'en possèdent qu'un (80 ans) ou zéro (85 ans). En revanche les porteurs de cet allèle auraient, à âge de début égal, une évolution moins sévère et plus lente que les non-porteurs.

o Antécédents familiaux de démence:
La présence d'une MA chez un parent au premier degré entraîne un risque relatif de 3,5.

2.1.2.2. Autres facteurs

o Niveau socio économique: Plusieurs études montrent une corrélation négative entre niveau socioéconomique et risque de MA, sans que l'on puisse exclure un biais de dépistage ou de sélection
o Une consommation modérée d'alcool est un facteur protecteur
o Les fumeurs auraient également un risque moindre que les non fumeurs
o Le fait de suivre un traitement hormonal substitutif de la ménopause réduit le risque de MA de 45 % (ces données sont d'origine américaine, et portent uniquement sur le PREMARIN)
o Plusieurs études montrent un effet protecteur des AINS
o Un antécédent de traumatisme crânien multiplie le risque de MA par 1,8: ce ne serait un facteur de risque que chez les porteurs de l'allèle epsilon 3

2.2. Un peu de science: mécanismes physiopathologiques

La MA associe trois types de lésions du tissu cérébral:

o les plaques séniles,
o la dégénerescence neuro fibrillaire
o l'atrophie corticale.

o Les plaques séniles sont des dépôts extracellulaires de substance amyloïde. Il sont constitués d'un polypeptide de 40 amino acides, appelé Protéine ß amyloïde, ou Aß. Sa conformation en feuillets ß lui confère son insolubilité et sa toxicité (entrée massive de Ca++ dans la cellule, activation de la microglie avec réactions inflammatoires, mort neuronale). l'Aß provient du clivage anormal d'une glycoprotéine membranaire appelée Amyloïd Precursor Protein (APP). L'APP joue un rôle important dans la plasticité cellulaire.

o Les neurofibrilles, eux, s'accumulent dans le cytoplasme des neurones. Ce sont des échevaux de filaments anormaux, constitués d'une forme hyperphosphorylée de la protéine tau (dont la forme normale est impliquée dans le transport axonal). L'Aß inhibe le mécanisme de dégradation de la forme hyperphosphorylée et toxique de la protéine tau. Les apo E2 et E3 empêchent l'hyperphosphorylation de la protéine tau, l'apo E4 au contraire, n'a pas d'affinité pour cette protéine et ne peut jouer ce rôle protecteur.

o D'autres facteurs physiopathologiques sont en cause: l'hypométabolisme neuronal, le stress oxydatif, l'inflammation, la diminution parfois massive des taux de neuro transmetteurs. Les deux neuro transmetteurs les plus impliqués sont l'acétyl choline, dont le déficit peut atteindre 90%, et la somatostatine (60%)

2.3. Les inhibiteurs de l'acétylcholinestérase

Compte tenu de la constatation d'un déficit majeur en acétylcholine, il était normal de chercher dans cette voie. Deux médicaments sont commercialisés dans cette indication:

la tacrine (COGNEX ®)
le donepezil (ARICEPT ®)

Trois autres produits sont en développement: la rivastigmine (EXELON ®), le metrifonate, et la galanthamine.

2.3.1. La tacrine COGNEX®

Posologie: 120 à 160 mg par jour en quatre prises. Les comprimés sont dosés à 10,20,30 et 40 mg.

La posologie efficace est atteinte par paliers successifs, à partir de 40 mg par jour en quatre prises, de préférence entre les repas. La dose initiale est maintenue au moins six semaines, puis on monte de 40 mg toutes les six semaines, jusqu'à dose pleine. avec surveillance des transaminases toutes les deux semaines. Le traitement est arrêté si les transaminases dépassent 3N.

Effets indésirables: outre la toxicité hépatique, on note des troubles digestifs (diarrhée surtout), une asthénie, une bradycardie, des céphalées, et des accidents psychiatriques (confusion,dépression, convulsions...)

L'efficacité est relative, surtout dans les formes débutantes, elle concerne 30 à 40 % des patients. La dégradation des fonctions cognitives persiste, elle n'est décalée que de quelques mois. A noter que 30 % des patients interrompent le traitement en raison des effets secondaires.

Associations à prendre en compte:
Cimétidine: augmente les effets secondaires digestifs
Bêta bloqueurs, anti arythmiques: risque de bradycardie excessive

"Prescription initiale hospitalière d'une durée de six mois, réservée aux spécialistes, et/ou aux services de neurologie, de psychiatrie et de gériatrie. Renovellement non restreint."

2.3.2. Le donepezil ARICEPT®

Trois essais comparatifs versus placebo sont disponibles, ils montrent que les effets du produit sont modestes. A long terme, le donepezil ne fait que décaler de quelques mois la dégradation des fonctions cognitives.

Aucun essai publié n'a comparé le donepezil et la tacrine.
Le profil d'essais indésirables est acceptable:
nausées (19%),
diarrhée (15%)
insomnies (14%),
crampes (8%),
asthénie (8%)

il n'y a pas de toxicité hépatique, différence majeure avec la tacrine.

Posologie: le prodiut existe en cp à 5 et 10 mg.

Débuter le traitement à 5 mg, puis monter éventuellement à 10 mg par jour (en une seule prise) au bout d'un mois, en fonction du résultat cognitif et des effets secondaires observés.

"Prescription initiale annuelle réserve aux médecins spécialistes en neurologie, en psychiatrie, aux médecins titulaires du diplôme d'études spécialisées complémentaires de gériatrie, et aux médecins spécialistes ou qualifiés en médecine générale titulaires de la capacité de gérontologie. Entre deux prescriptions annuelles, le renouvellement peut être assuré par tout médecin exerçant en ville ou à l'hôpital. La dispensation peut être effectuée en médecine de ville."

2.4.Les autres principes thérapeutiques

Quelques principes thérapeutiques sont fondamentaux au domicile:

1/ favoriser la motricité au maximum: mobilisation par l'entourage, kinésithérapie, prévention d'escarres
 
2/ traiter les handicaps sensoriels: cataracte, troubles de l'audition
 
3/ Traiter les maladies somatiques associées, et surtout savoir les évoquer et les rechercher devant toute aggravation du syndrôme démentiel
 
4/Traiter les troubles du comportement.

Ils sont inévitables dans les démences, mais leur traitement est important pour le malade comme pour son entourage. Trois types de prescription sont envisageables:

o les anti dépresseurs. La dépression est une hypothèse qu'il faut souvent évoquer. Mieux vaut avoir l'antidépresseur facile que de passer à côté d'une dépression authentique
 
o les neuroleptiques: principalement l'HALDOL® ou le MELLERIL ®, sont souvent utilisés en cas d'agitation ou de délire. Les doses doivent être faibles et réparties dans la journée. Surveiller+++la survenue de signes extra pyramidaux, savoir arrêter le traitement dès que possible, ne pas utiliser de correcteurs.
 
o les benzodiazépines doivent aussi être utilisées avec circonspection. Elles peuvent être nécessaires pour traiter l'insomnie, sur des durées brèves.

2.5. Une stimulation cognitive?

Le principe de la stimulation cogntive est de stimuler les fonctions encore préservées. Le travail se fait par petits groupes. Les efforts du patient sont toujours fortement valorisés.

Les résultats, s'ils sont incertains sur l'évolution de la maladie, sont très positifs en termes de maintien de la confiance en soi, et de réduction de l'angoisse.

De nombreuses institutions spécialisées dans l'accueil des malades proposent des ateliers de jour.

2.6. Quelques principes pour la relation au quotidien

Le maintien à domicile d'un patient dément est un choix qu'il faut discuter avec l'entourage. Des évaluations fréquentes s'imposent, il faut savoir faire évoluer la prise en charge en sollicitant les intervenants extérieurs au bon moment: aide ménagère, équipe de soins à domicile, équipe de psychiatrie de secteur, infirmière libérale, kinésithérapeute. Plus on est nombreux autour du patient, moins c'est difficile et astreignant. L'institutionnalisation, souvent refusée par l'entourage au début de la maladie, doit être régulièrement rediscutée.

Ces quelques conseils, issus d'une brochure de France Alzheimer, sont aussi bons pour le médecin que pour l'entourage du patient:

La communication impose de la patience. Placez-vous face au malade, touchez le pour attirer son attention. Ne parlez pas s'il n'est pas prêt à vous écouter. Regardez-le droit dans les yeux, ne le quittez pas des yeux: vous l'aiderez à comprendre. parlez doucement, et clairement, en utilisant des phrases courtes. Posez des questions à réponse simple (oui-non). Répétez les informations importantes, en utilisant les mêmes mots. Montrez-lui les choses dont vous parlez. Montrez-vous apaisé et apaisant, ayez soin de guetter son expression et de l'interpréter.

Morcellez les tâches en étapes simples, dont certaines seront réalisées par l'entourage, et d'autres par le patient lui-même.

Laissez la lumière allumée la nuit. Marquez le moment du sommeil par des rituels familiers: tirer les rideaux, défaire les draps...

Faites soigneusement et souvent le tour de l'appartement pour déceler les dangers potentiels.

Adaptez l'appartement: installez des barres d'appui (surtout dans les toilettes et la salle de bain)

Laissez le malade déambuler dans l'appartement, même si cela vous énerve: c'est souvent un besoin pour lui.

Prévenez les commerçants du quartier et les voisins que le malade peut errer. Si cela vous paraît utile, faites lui porter un bracelet d'identité.

Lorsque le malade est inquiet ou agressif (on lui a volé quelque chose...), ne cherchez pas à expliquer, cela ne sert à rien: rassurez-le, dites lui que personne ne lui veut de mal, et faites le penser à autre chose.

Les explosions de colère du malade sont parfois difficiles à supporter, mais rappelez-vous qu'il réagit beaucoup en fonction de votre humeur.

Les problèmes d'incontinence sont source de grandes difficultés pour l'entourage: le médecin doit s'en enquérir fréquemment, et aider l'entourage à régler le problème: couches, adaptation des toilettes (siège surhausseur), aide soignante.

La protection juridique doit être mise en place rapidement et adaptée au fur et à mesure de l'évolution de la maladie: sauvegarde de justice, curatelle, tutelle. Toute personne peut saisir le juge des tutelles, qui diligentera une expertise au domicile.

2.7. Que faire pour l'entourage?

Aussi patient que soit l'entourage, il faut savoir qu'il VIT EN ENFER. C'est en comprenant cette donnée essentielle que l'on saura inventer des solutions pour les aidants.

Une adresse INDISPENSABLE:

FRANCE ALZHEIMER
21, Boulevard Montmartre
75002 PARIS
tél: 01 42 97 52 41
fax: 01 42 96 04 70

2.8. Où va la recherche thérapeutique?

Les voies de recherche sont nombreuses, et plusieurs d'entre elles sont prometteuses:

Facteurs de croissance neuronale: NGF et gangliosides. Difficiles à administrer, nombreux effets indésirables

Prévention de la formation de l'amyloïde

Plusieurs voies sont envisagées, anti protéases qui antagonisent sa formation, agonistes muscariniues qui favorisent la formation de la formes non amyloïdogène de l'APP, blocage de l'inflammation autour des plaques séniles

Substitution en neurotransmetteurs :

o Inhibiteurs de l'acétylcholinestérase: plusieurs sont endéveloppement (cf supra
o Agonistes des récepteurs muscariniques M1: ils miment l'action de l'acétylcholine, sur les récepteurs M1, spécifiques du cerveau (minimisation des effets cholinergiques périphériques): xanomeline, tasaclidine, SB 2020226 (MEMRIC®), Arecoline
o IMAO: la séléginine a montré un effet ddans la MA
o ondansétron: antagoniste compétitif de la sérotonine sur les récepteurs 5 HT3

Nootropes et neuroprotecteurs

C'est là qu'il faut classer:

o la sélégiline qui, outre son effet IMAO, a des propriétés anti radicaux libres
o l'alpha tocophérol
o les anti inflammatoires
o les oestrogènes
o la propentofylline, qui sera bientôt disponible en France.

3. BIBLIOGRAPHIE

1.Epidémiologie de la maladie d'Alzheimer, C. BERR, Le Concours Médical, 6/6/98, 120-22

2.La maladie d'Alzheimer, brochure d'information, Association France-Alzheimer

3.Facteurs de risque des démences séniles. C. BERR, La revue du praticien-Médecine Générale, Tome 9, n° 322, 18/12/95

4.Quand évoquer une maladie d'Alzheimer?, D. FETEANU, R. SEBAG-LANOË, La revue du praticien-Médecine Générale, Tome 9, n° 322, 18/12/95

5.La communication avec les déments, Louis PLOTON, La revue du praticien-Médecine Générale, Tome 9, n° 322, 18/12/95

6.Prise en charge à domicile des patients atteints de maladie d'Alzheimer, Pierre GUILLET, La revue du praticien-Médecine Générale, Tome 9, n° 322, 18/12/95

7.Syndrômes démentiels: comment s'orienter? C. DEROUESNE, La revue du praticien-Médecine Générale, Tome 12, n° 423, 25/5/98

8.Syndrôme confusionnel de la personne âgée, A. SMAGGHE, La revue du praticien-Médecine Générale, Tome 11, n° 403, 15/12/97

9.Les accidents iatrogéniques chez le sujet âgé, S. LEGRAIN, La revue du praticien-Médecine Générale, Tome 11, n° 403, 15/12/97

10.La maladie d'Alzheimer, Dossier, Pr. F. KURTZMANN, IMPACT-MEDECIN HEBDO, les dossiers de FMC du praticien, n° 399, 6/3/98

11.Guide de réalisation du MMS, Site internet "Gérontologie en institution" de l'équipe soignante du service de soins de longue durée, CHU Mazamet (mail: lucien.mias@hol.fr)

12.La protection juridique du patrimoine de la personne âgée, Site internet "Gérontologie en institution" de l'équipe soignante du service de soins de longue durée, CHU Mazamet (mail: lucien.mias@hol.fr)

13.Donepezil: un intérêt modete dans la maladie d'Alzheimer, La Revue Prescrire, Juin 1998, Tome 18, n° 185

14.Treatment of Alzheimer's disease, Site internet Medscape Mental Health

15.Pharmacologie de la maladie d'Alzheimer, Oussama ZEKRI, cours en-ligne des enseignants rennais, mis à jour le 27/4/98 thromboembolism. J. Clin. Invest. 1994, 94, 923-7

MINI MENTAL STATE
NOM DU PATIENT
Prénom
date de naissance 5/11/17
âge 80
nombre d'années de scolarité 0
DATE DU TEST
RESULTAT DU TEST 30
A) ORIENTATION NOTE MAX
Quelle est l'année? 1
Quel est le mois? 1
Quel est le jour? 1
Quel jour de la semaine sommes-nous? 1
En quelle saison sommes nous? 1
Dans quelle pays sommes-nous? 1
Dans quelle région sommes-nous? 1
Dans quelle ville sommes-nous? 1
Dans quel lieu sommes nous? 1
A quel étage sommes-nous? 1
TOTAL ORIENTATION 10
B. ENREGISTREMENT
Dire à haute voix le groupe de trois mots
suivant: chemise, bleu, honnête
prendre une seconde pour chaque mot
demander de répéter les trois mots
chemise 1
bleu 1
honnête 1
TOTAL ENREGISTREMENT 3
C. ATTENTION ET CALCUL
Faire la soustraction par intervalles
de 7, à partir de 100
93 1
86 1
79 1
72 1
65 1
Si le maximum n'est pas obtenu:
épeler le mot "MONDE" à l'envers
EDNOM 5
Retenir le meilleur score des deux tests
TOTAL ATTENTION ET CALCUL 5
D. RETENTION MNESIQUE
Répéter les trois mots du test de tout à l'heure
chemise 1
bleu 1
honnête 1
TOTAL RETENTION MNESIQUE 3
E. LANGAGE
Montrer au sujet deux objets,
lui demander de les nommer
objet n°1 1
objet n°2 1
Répéter la phrase suivante:
"Pas de si ni de mais" 1
Donner l'ordre suivant:
"Prenez ce papier de la main droite,
pliez-le en deux, et jetez le par terre" 3
(poser la feuille à portée sans la tendre,
éviter les indices non verbaux)
lire et faire
FERMEZ VOS YEUX 1
Ecrire une phrase 1
une phrase comprend un sujet, un verbe,
un complément, et a un sens
TOTAL LANGAGE 8
F. PRAXIE DE CONSTRUCTION
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