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SFTG PARIS-NORD: COMPTE-RENDU DE REUNION



La douleur cancéreuse en médecine générale .
(Mars 2002)

Drs. Françoise Pinchaux Sorin et Françoise Lecompte, membres de SFTG Paris-Nord

(Expert: Docteur Donnadieu- centre d’évaluation et de traitement de la douleur- HEGP)






A consulter sur le sujet:




PLAN

  1. 1/ EPIDEMIOLOGIE
  2. 2/ CAUSE DES DOULEURS LORS DES CANCERS: multiples et souvent intriquées
  3. 3/ PRISE EN CHARGE DES DOULEURS DU PATIENT CANCEREUX: GLOBALE
  4. 4/ LES TROIS PALIERS DE L’OMS DANS LES DOULEURS NOCICEPTIVES DES CANCERS
  5. 5/ RAPPELS SUR QUELQUES OPIACES FAIBLES
  6. 6/ LES MORPHINIQUES : RAPPELS PHARMACOLOGIQUES
  7. 7/ LES DIFFERENTS MORPHINIQUES
  8. 8/ QUAND PRESCRIRE UN MORPHINIQUE
  9. 9/ QUELLE VOIE CHOISIR?
  10. 10/ PREVENIR DES EFFETS SECONDAIRES –DONNER SYSTEMATIQUEMENT UN TRAITEMENT PREVENTIF
  11. 11/ LA TITRATION : Privilégier la voie orale
  12. 12/ LES AUTRES VOIES D’ADMINISTRATION DE LA MORPHINE
  13. 13/ L'ORDONNANCE
  14. 14/ AUTRES TRAITEMENTS
  15. 15/ CONSEILS AUX PATIENTS
  16. 16/ ROTATION DES OPIOIDES
  17. 17/ DOULEURS MAL MAITRISEES

1/ EPIDEMIOLOGIE

2/ CAUSE DES DOULEURS LORS DES CANCERS: multiples et souvent intriquées

déterminer avec le plus de précision possible la ou les causes de douleurs garder à l’esprit que les moyens d’investigation sont parfois insuffisants pour faire le diagnostic : en cas de demande d’euthanasie, penser à rechercher un syndrome douloureux intense- la réduction des douleurs permet parfois au patient et/ou à la famille de reconsidérer la demande

3/ PRISE EN CHARGE DES DOULEURS DU PATIENT CANCEREUX: GLOBALE

Prise en charge de toutes les douleurs, liées ou non au cancer, parallèlement à l’enquête étiologique et au traitement curatif
Les douleurs prévisibles (pathologies connues comme étant responsables de douleurs) doivent être prévenues.
La peur d’une nouvelle crise douloureuse par le patient peut-être source de refus de soins ou d’examens voire de demande d’euthanasie, elle génère angoisse et dépression.

1/ douleur aiguë ou douleur chronique ? pics algiques sur fond douloureux ?

2/ préciser le type de douleur

3/ évaluer l’intensité des douleurs :

important pour initier le traitement puis en apprécier l’effet

4/ retentissement psychique à évaluer ++ :

rechercher un état anxieux et/ou dépressif- appétit, sommeil, humeur, activité (travail, loisir),

5/ problèmes sociaux à apprécier

6/ se définir des objectifs raisonnables – en faire part au patient

7/ ne pas essayer de résoudre la totalité des problèmes lors de la première consultation

8/ évaluer et ré-évaluer les effets des traitements

4/ LES TROIS PALIERS DE L’OMS DANS LES DOULEURS NOCICEPTIVES DES CANCERS

Respecter les trois paliers quand c’est possible ; passer parfois d’emblée au palier trois.

Les douleurs neuropathiques relèvent de traitements particuliers (voir réunion sftg janvier 2002)

A tous les stades, co-antalgiques, thérapeutiques non médicamenteuses + traitement des troubles de l’humeur

Attention à l’automédication, notamment avec les AINS à doses antalgiques, les associations des médicaments du palier 2 au palier 3, le Temgésic* et le palier 2

5/ RAPPELS SUR QUELQUES OPIACES FAIBLES

10 % de non répondeurs à la codéine

forme pédiatrique : Codenfan*

Dihydrocodéine : Dicodin LP 60*

- 1 cp toutes les 12 h –

Tramadol :

Nalbuphine (Nubain*)

Autre : néfopam (Acupan*)

6/ LES MORPHINIQUES : RAPPELS PHARMACOLOGIQUES

I/les récepteurs opioïdes

II/ trois types :

1/ les agonistes purs
2/ les agonistes partiels
3/ les agonistes antagonistes

7/ LES DIFFERENTS MORPHINIQUES

Buprénorphine (Temgésic*)

Morphine à libération immédiate

Morphine à libération prolongée

les autres opioïdes

Le sirop de morphine :

Solution de chlorhydrate de morphine dans du sirop simple Si 1 mg / 1 ml, 10 ml de sirop apportent 10 mg de morphine

Exemple : patient de 60kg équilibré avec 1 mg/kg/j

« prendre toutes les quatre heures dix millilitres de la solution suivante :

au coucher, faire prendre double dose pour essayer de couvrir la nuit sans avoir à réveiller le patient.

8/ QUAND PRESCRIRE UN MORPHINIQUE

9/ QUELLE VOIE CHOISIR?

10/ PREVENIR DES EFFETS SECONDAIRES –DONNER SYSTEMATIQUEMENT UN TRAITEMENT PREVENTIF

constipation :

nausées - vomissements :

la somnolence

le prurit :

rare – anti- H1 –( atarax *)- changer de molécule

les cauchemars

l’hallucinose (perceptions anormales que le patient peut cacher par peur)

la confusion

les secousses musculaires

(gênantes pour le conjoint) : BZD

les sueurs :

changer de molécule l’augmentation des doses de morphinique entraîne une augmentation des effets secondaires – si besoin, changer de molécule ++pas de risque de toxicodépendance

la dépression respiratoire

11/ LA TITRATION : Privilégier la voie orale

Deux cas de figure :

Passage du palier 2 au palier 3

titration avec les morphiniques orales à libération immédiate :

chez les sujets âgés, les insuffisants rénaux, les patients fragilisés.
1/ doses de départ :
2/ administrer toutes les 4 heures
si l’antalgie est insuffisante, recourir à des interdoses supplémentaires en respectant un intervalle de 1 h entre les prises (100% de la dose précédente)
3/ évaluer à 24 heures l’effet obtenu et la dose totale nécessaire
et convertir en dose de morphine LP

titration avec les morphines LP

Exemple : Ce sera parfois une gélule de morphine LP toutes les 8 heures au lieu de 12 heures

Les interdoses

1/ Pour les pics douloureux spontanés, alors que la douleur de fond semble maîtrisée
2/ Pour les pics douloureux prévisibles, provoqués par les soins , la toilette, la réalisation des examens complémentaires..
Penser à utiliser le paracétamol ( pic sérique à 1 heure)

Certains soins (pansements, injection..) peuvent être rendus moins douloureux par l’application de crème ou de patch EMLA voire de xylocaïne (anesthésie locale) ( pulvérisation - : xylocaïne 5% nébulisateur (non remboursé) ) ; utilisation de produits tel que Remove* pour dissoudre la colle des pansements

( en attente, le fentanyl transmuqueux – sucette – se délite en 15 mn – effet antalgique rapide par absorption perlinguale )

60 % des patients cancéreux douloureux présentent des pics algiques

si douleur diminue du fait d’un traitement chirurgical ou autre réduire les doses de Morphine par palier de 30 à 50 % par 24 h

12/ LES AUTRES VOIES D’ADMINISTRATION DE LA MORPHINE