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SFTG PARIS-NORD

EPID 92

DOULEUR ET SUBSTITUTION.

Avril 1999

Jean-Pierre AUBERT

 

 

Ce document a été élaboré pour l'enseignement par correspondance organisé en 1998 par EPID 92

Ce document est associé à un test d'évaluation. Si vous souhaitez le pratiquer maintenant, cliquez sur le lien ci-après:05.99 Evaluation: douleur et substitution

.Le traitement de la douleur chez le pateint substitué est un sujet peu étudié, sur lequel les publications sont rares et pauvres. la question se résume à des données de bon sens, basées sur l'expérience de quelques-uns. Il n'existe pas d'étude pouvant servir de référence sur ce sujet, actuellement.

1) l'analyse sémiologique de la douleur doit impérativement être faite: le traitement des douleurs inflammatoires repose sur les AINS ou les corticoïdes, le traitement des douleurs de désafférentation repose sur les antidépresseurs, ou les anti épileptiques. les doses sont analogues à celles utilisées chez le patient non substitué, dans ces indications.

2) pour ce qui est des douleurs liées à un excès de nociception, les antalgiques de type 1 de la classification de l'OMS (paracétamol, aspirine, AINS faiblement dosés), gardent leur efficacité et peuvent être utilisés.

3) pour les douleures liées à un excès de nociception, mais plus intenses::

l'utilisation d'antalgiques de type 2 (paracétamol+codéine ou dextropropoxyphène) ne permet pas d'augmenter l'efficacité antalgique (les récepteurs morphiniques sont saturés par le produit de substitution)

Il faut donc modifier les posologies d'opiacés.

Si le patient est sous méthadone on proposera d'augmenter les doses, ou d'associer un autre opiacé pendant la durée du traitement de la douleur: la morphine peut être utilisée, mais l'existence d'un "effet flash" n'est pas nécessairement souhaitable chez un patient toxicomane. On pourra utiliser le sulfate de morphine (SKENAN, MOSCONTIN), dont la durée d'action intermédiaire entre celle de la morphine et de la méthadone, permet souvent un assez bon contrôle de la douleur, sans faire réapparaître d'effet flash.

Si le patient est sous buprénorphine, la situation est plus délicate: l'augmentation des doses de ce médicament n'assure pas d'obtenir un effet antalgique, car le produit est un agoniste-antagoniste des récepteurs morphiniques. L'association à la morphine au au sulfate de morphine est également risquée (effet antagoniste possible de la buprénorphine). Reste donc le choix de changer le produit de substitution pour la méthadone.

J.P. Aubert, d'après un entretien avec des médecins du centre de la douleur de l'Hôpital Bichat Claude Bernard, Paris

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