Epilepsies
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SFTG PARIS-NORD: DOCUMENT DE SYNTHESE



Epilepsies


Dr. F. Lecompte , membre de SFTG Paris-Nord

Expert: Dr. S. Iglésias, neurologue




A consulter sur le sujet:




9% des individus présentent à un moment ou un autre une crise d’épilepsie.

L’épilepsie, définie comme une maladie permanente avec tendance a la répétition des crises, a une prévalence de 0,5 a 0,7% dans la population des pays industrialisés .

L’épilepsie est une maladie pour laquelle les conséquences psychosociales sont plus graves que les conséquences médicales et qui reste dans le vécu des patients quelque chose de honteux, dont on ne parle pas, qu’on ne veut pas nommer.

Si beaucoup d’épilepsies sont bien contrôlées par le traitement et permettent une vie quasi normales aux patients, les épilepsies graves au contraire sont un handicap majeur pour la vie familiale et socio-professionnelle.

Le plus souvent évident, le diagnostic est quelquefois difficile à évoquer et repose sur l’EEG, simple ou en enregistrement continu. Les techniques plus poussées (Pet scan, stéréo EEG, magnéto-encéphalographie et autres, sont du domaine spécialisé)

DEFINITION

Les aspects cliniques divers répondent tous à la même origine physiologique :

survenue épisodique d’une décharge brusque, excessive et rapide d’une population plus ou moins étendue des neurones qui constituent la substance grise de l’encéphale.

CLASSIFICATION.

CLASSIFICATION SELON LES FORMES CLINIQUES (1981)

Epilepsies partielles

Les crises partielles sont plus fréquentes que les crises généralisées, et se rencontrent dans 60% des cas lors des études d’incidence et de prévalence.

Selon la sémiologie clinico-électrique, on peut les classer en :

Une crise partielle simple peut rester partielle, se complexifier, ou se généraliser secondairement en crise tonico-clonique

.

EEG des crises partielles

CLASSIFICATION SELON L’ETIOLOGIE (1989)

On distingue 3 groupes

Parmi ces 2 dernières classes, il faut signaler 2 formes aux implications pronostiques et thérapeutiques particulières : le syndrome de West et le syndrome de Lennox Gastaud qui touchent l’enfant et s’accompagnent de troubles psychiques et intellectuels graves.

CIRCONSTANCES EVOQUANT L’EPILEPSIE

En médecine générale, il faut savoir évoquer un diagnostic d’épilepsie dans les circonstances fréquentes suivantes

1 / pertes de connaissance, malaise, syncope ou chute

Le diagnostic est difficile car les syncopes de diverses étiologies peuvent s’accompagner de convulsions. Le nombre de clonies et le moment de leur survenue par rapport au début de la perte de connaissance ont une importance diagnostique : quelques clonies à la fin d’une perte de connaissance d’allure vasovagale ne font poser que le diagnostic de syncope convulsivante. Perte d’urine et traces de traumatisme peuvent se voir dans les syncopes banales. Il suffit que la vessie soit pleine et qu’il y ait une perte de conscience donc un relâchement musculaire. En cas de doute, l’augmentation des CPK et la présence d’acidose métabolique à l’ionogramme sanguin permettront de trancher.

Les critères cliniques qui permettent de distinguer les crises d’épilepsie des autres syncopes avec convulsion sont

(chiffres tirés de Hoefnagels WAJ et coll. “ Transcient loss of consciousness : the value of the history for distinguishing seizure from syncope ”. J Neurol 1991 ; 238 :39-43)

Pour Laplane (Godeau) , ces critères sont

2 / Crise convulsive

Le diagnostic peut se poser avec une crise d’origine psychiatrique

Les arguments en faveur de l’épilepsie sont :

3 / Absence

L’absence typique du PM est une suspension ou atténuation de la conscience, de brève durée (5 à 30 s), à l’emporte pièce. Les absences peuvent être simples, isolées, ou avec fixité du regard ou battement de la paupière, ou complexes avec myoclonies, révulsion oculaire, rétroversion de la tête et du tronc, effondrement tonique généralisé avec chute, effondrement tonique partiel : chute de la tête ou brève inclinaison du tronc vite corrigée, phénomènes végétatifs divers. >Le diagnostic différentiel se pose avec

4 / Trouble neurologique bref stéréotypé

L’analyse précise des symptômes et de la chronologie fera le dg avec

5 / Confusion aigue

Parmi les étiologies des confusions, il faut penser à une crise d’épilepsie .

La confusion peut être critique ou post critique, ou secondaire à un état de mal non convulsivant, chez la personne âgée. L’évolution fluctuante de l’état confusionnel, une composante myoclonique périoculaire doivent faire pratiquer un EEG.

L’EEG

Il faut savoir répéter cet examen, ou effectuer un enregistrement de sommeil, qui augmente la sensibilité à près de 80%.

L’ ENREGISTREMENT VIDEOELECTROENCEPHALOGRAPHIQUE EN CONTINU

CAUSES DE L’EPILEPSIE

Une cause est retrouvée dans 1/3 à ¼ des cas, plus fréquemment chez le sujet âgé. Le pronostic et le traitement de la lésion causale conditionnent le pronostic et la prise en charge de l’épilepsie.

Chez l’enfant, on se trouve souvent devant une épilepsie essentielle idiopathique. Le diagnostic est posé sur l’anamnèse et l’aspect électro-encépholographique et ne nécessite souvent pas d’autre investigation .

Origine lésionnelle.

Souvent des épilepsies résiduelles persistent indépendamment de la cause initiale (souffrance cérébrale périnatale, séquelle de traumatisme ou d’AVC) .

Origine métabolique :

TRAITEMENT DE L’EPILEPSIE

TRAITEMENT DE LA CRISE CONVULSIVE ISOLEE

Le Valium a un délai d’action très bref, mais une durée d’action courte d’environ 15 mn, alors que le Prodilantin a un délai d’action plus long (15- 20 mn en IV), mais une durée d’action prolongée (12 à 24 h). On utilisait auparavant la phénytoïne ou Dilantin, mais la phosphénytoïne est plus facile à utiliser et a moins d’effets indésirables.

TRAITEMENT DE FOND DE L’EPILEPSIE

Principes

Plus des 2/3 des patients entrent en rémission totale sous traitement adapté, plus de la moitié des patients vont guérir spontanément après un délai variable (Pierre Thomas, Nice)

Après la première crise :

Le but du traitement est de prévenir la récidive des crises. Il faut donc analyser soigneusement la probabilité de récidive. Elle est < 50% après la première crise. S’il s’agit vraiment d’une première crise d’épilepsie (bien vérifier l’anamnèse) et si il n’y a pas de facteur de risque de récidive, on ne propose pas de traitement

Les facteurs de risque de récidive sont

La récidive survient en règle dans les 6 mois

Après la deuxième crise

MEDICAMENTS ANTIEPILEPTIQUES

1- Médicaments actifs contre toutes les variétés de crises
Valproate de sodium =

Depakine, traitement de référence en première ligne de l’épilepsie généralisée

Lamotrigine=Lamictal

Pour une efficacité comparable, ce médicament provoque moins de prise de poids que le valproate de sodium, et ne nécessite pas de surveillance biologique. Il n’est pas inducteur enzymatique. Mais il est beaucoup plus cher.

Benzodiazépines

Valium, Rivotril :à utiliser à doses progressives , épuisement de l’effet après quelques mois de traitement. Traitement intéressant dans l’épilepsie myoclonique.

2- Médicaments actifs contre les épilepsies partielles
Fiches des principaux médicaments
VALPROATE DE SODIUM = DEPAKINE
CARBAMAZEPINE : TEGRETOL
LAMOTRIGINE=LAMICTAL : (Prescrire, 2003, 236, 89-92)
Les nouveaux médicaments

Surtout indiqués dans l’épilepsie partielle réfractaire, en association avec un autre médicament. Ils ont presque tous de nombreux effets secondaires et nécessitent une pharmacovigilance accrue, mais sont dans l’ensemble mieux tolérés que les anciens médicaments, avec une efficacité comparable. Ils sont très chers.

Oxcarbazepine = Trileptal, éventuellement utile à la place de la carbamazépine, moins d’interactions médicamenteuses, dans l’épilepsie partielle de l’adulte et de l’enfant, mais expose à un risque d’hyponatrémie qui justifie une surveillance biologique.

Gabapentine = Neurontin : pas d’effet inducteur enzymatique, pourrait être utilisé comme traitement de l’épilepsie partielle chez la femme sous contraception orale ou chez un patient sous antivitamine K . Proposé en association chez l’enfant entre 3 et 12 ans dans l’épilepsie partielle, sans grand intérêt. Effets indésirables psychiques (hostilité, labilité émotionnelle) somnolence, nausées ou vomissements, asthénie . Posologie progressive, de 1800 mg à 3200 mg par jour

Lévétiracetam :Keppra : chez le patient épileptique en association dans le traitement des crises partielles avec ou sans généralisation secondaire. Il n’est pas inducteur enzymatique, mais chez des patients prenant du valproate de sodium, on a pu observer une augmentation d’environ 25% de la biodisponibilité du produit. Posologie progressive, de 500 mg x2 à 3000 mg / j maximum.

Topiramate = Epitomax : a récemment obtenu l’AMM en monothérapie de première intention. Il était auparavant préconisé dans l’épilepsie réfractaire, et les crises généralisées tonico-cloniques de l’adulte et de l’enfant. Mais attention, l’association avec l’acide valproïque (dépakine) ou le valpromide (dépamide) augmente le risque d’hyperammoniémie et d’encéphalopathie. Effets indésirables : neuropsychiques (danger si état psychique précaire), myopie aigue et augmentation de la pression intraoculaire, lithiase urinaire, perte de poids . C’est un médicament très efficace( ainsi que la Vigabatrine = Sabril qui est maintenant retirée du marché)

Fosphenytoïne :prodilantin

REGLES GENERALES DE PRESCRIPTION

Beaucoup d’interactions parfois imprévisibles-> préférer les monothérapies. Beaucoup d’anciens antiépileptiques sont des activateurs enzymatiques :carabamazépine phénytoine phénobarbital, les autres ne le sont plus ou très peu (oxcarbamazépine) A vérifier pour chaque produit, particulièrement chez le sujet âgé. Certains antiépileptiques peuvent aggraver certains types de crise

Effets indésirables des traitements

Tous les antiépileptiques ont des effets indésirables, expliquant la fréquence de la mauvaise observance.

Une interruption brutale du traitement peut favoriser la survenue d’une crise ou d’un état de mal.

Pas de traitement à visée diagnostic

Le traitement est souvent à vie, même si l’épilepsie aurait une durée de vie de 15 ans environ. On peut envisager un arrêt progressif du traitement au bout de 2 ans sans aucune crise

L’efficacité n’est pas absolue et dépend de l’observance. Par contre, la survenue d’une crise au début du traitement n’est pas synonyme d’inefficacité et ne doit pas faire rejeter ce traitement d’emblée, il faut un certain temps pour que le taux de médicaments soit stable dans le sang.

Si échec du traitement, vérifier l’observance et les dosages sanguins.

Si nécessaire, changer de molécule, en préférant toujours une monothérapie. Puis proposer une association, d’abord avec les médicaments les plus anciens, puis en cas d’inefficacité, avec les nouveaux médicaments, encore que la tendance serait plutôt à l’association d ’un ancien médicament avec un nouveau.

Suivant un article relativement récent : Après échec d’une monothérapie bien conduite la probabilité de mettre le patient en rémission avec une seconde monothérapie est très faible, d’où intérêt de passer rapidement à une bithérapie.

Le problème du sevrage , décision difficile à prendre, se pose surtout pour la grossesse

Traiterr la cause si possible (ex chirurgie d’un cavernome)

LE TRAITEMENT NEUROCHIRURGICAL

.

Dans les épilepsies partielles réfractaires, il faut parfois se contenter d’un compromis acceptable pour le patient entre les effets indésirables du traitement et la réduction de nombre des crises, sans pouvoir les faire totalement disparaître. Pour le sous-groupe de patients qui présente une épilepsie réellement grave, (avec une sclérose hippocampique notamment) et un âge < 45 ans, les approches chirurgicales peuvent entraîner une guérison et une réinsertion socio-professionnelle. Elles sont sous-tendues par des examens complémentaires poussés conduits en milieu hospitalier, permettant de déterminer avec précision le point de départ focal de l’épilepsie, ( vidéo EEG, stéréo EEG, Spect Ictal, Pet scan intercritique, logiciel d’analyse de source, magnéto encéphalogreaphie, stimulation corticale en per-opératoire) Les délais actuels pour entrer dans la filière chirurgicale sont de 2 à 3 ans.

MODE DE VIE DES EPILEPTIQUES

Surtout pour les jeunes, que faire et ne pas faire ? S’efforcer de faire mener la vie la plus normale possible LA CONDUITE EST INTERDITE PAR LES TEXTES. Il faut moduler en fonction du syndrome épileptique . Elle est moralement acceptable chez les épileptiques qui n’ont eu aucune manifestation critique depuis 2 ans, sous réserve de la poursuite du traitement (Laplane). En pratique en France, l’éviction est de 6 mois sans crises, mais à jamais pour les professionnels.

CONSEILS A UNE JEUNE FEMME EPILEPTIQUE

Certains antiépileptiques sont inducteurs enzymatiques et abaissent entre autres le taux des oestro-progestatifs dans le sang . Un autre mode de contraception doit être prescrit, ou bien il faut augmenter les doses.

ETAT DE MAL (P Thomas, urgences épileptologiques, RP 50, 18, p2008-2014, 15 nov 2000)

Définition

Soit prolongation au delà de 10 mn chez l’adulte d’une crise unique, soit répétition à brefs délais de crises récurrentes avec persistance, pendant les phases intercritiques, d’une altération de la conscience ou de signes neurologiques traduisant un épuisement fonctionnel des zones cérébrales impliquées dans les décharges épileptiques. Au moins 2 crises avec perturbations intercritiques sont requises pour définir un état de mal.

Description

Evolution

Traitement

Formes cliniques

CONVULSIONS FEBRILES DE L’ENFANT

C’est une entité clinique autonome

Bibliographie




   
MeSH:
Epilepsy




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