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SFTG PARIS NORD

CYCLE GERONTOLOGIE 3:

INSUFFISANCE RENALE DU SUJET AGE
DECEMBRE 1998

F. Lecompte, SFTG PARIS NORD
expert: Mme le Pr. F. MIGNON, néphrologue, Hal BICHAT

 

 

 

 

Pathologies néphrologiques du sujet âgé:
les points forts

 

• FREQUENCE

• DISTINGUER L'IR PHYSIOLOGIQUE DU SUJET AGE, QUASIMENT CONSTANTE, DE L'IR PATHOLOGIQUE, QUI EST RARE

• ASPECTS TROMPEURS ET BANALS DE LA SYMPTOMATOLOGIE

• EVOLUTION LENTE ET LATENTE

• CONSEQUENCE DE LA REDUCTION NEPHRONIQUE : AUTO AGGRAVATION DE L'INSUFFISANCE RENALE CHRONIQUE

• DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE PLUS DIFFICILE QUE CHEZ LE JEUNE

• INVESTIGATIONS: ATTENTION AUX PRODUITS DE CONTRASTE

• IL FAUT ADAPTER LES DOSES DE MEDICAMENTS

• L'EER EST SOUVENT POSSIBLE MAINTENANT

1. SYMPTOMES REVELATEURS

• Troubles urinaires: polyurie, souvent nocturne avec polydypsie, à différencier d'une pollakiurie

• Oedèmes

• Hématurie macroscopique

• HTA

• Signes extra rénaux de l'insuffisance rénale
-Anémie (dyspnée)
-Anorexie, nausées
-Prurit

• Découverte d'une anomalie biologique
-Protéinurie
-Augmentation de la créatininémie

2. LE DIAGNOSTIC POSITIF REPOSE SUR LA DIMINUTION DE LA CLEARANCE DE LA CREATININE

• Chez l'adulte jeune, la créatinine plasmatique est un bon reflet de la fonction rénale, il n'y a pas d'insuffisance rénale si la créatinine est normale.

• Chez le vieillard, la créatininémie est un mauvais reflet de la fonction rénale globale (car il y a moins de muscle):

• La clearance est souvent infaisable pour des raisons de recueil d'urines

 LA CLEARANCE DE LA CREATININE DOIT IMPERATIVEMENT ETRE EVALUEE PAR LA FORMULE DE COCKROFT:

Femmes:
Clearance en ml/mn= ((140-âge)Xpoids/créatininéme (µmol/L)

Hommes:
Clearance en ml/mn= 1,23X(140-âge)Xpoids/créatininéme (µmol/L))

• L'IR peut rester longtemps asymptômatique, cela justifie une estimation annuelle systématique de la Clcr chez le vieux.

• Une fois le diagnostic posé, il faut rechercher et supprimer tous les facteurs d'aggravation de l'insuffisance rénale

-insuffisance cardiaque

-troubles hydroélectrolytiques (deshydratation extra-cellulaire en particulier)

-obstacles incomplets sur les voies urinaires, notamment vésico-prostatiques

-sténose des artères rénales

3. DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE ET EXAMENS COMPLEMENTAIRES EN NEPHRO-GERIATRIE

3.1. EXCLURE UN OBSTACLE
sur les voies excrétrices ou sur l'artère rénale:

-ASP
-Echographie rénale et vésicoprostatique
-Echodoppler des artères rénales

3.2. DIAGNOSTIC D'UNE NEPHROPATHIE PARENCHYMATEUSE
Repose sur quelques examens simples

-Protéinurie à la bandelette

Si POSITIF, faire un dosage de la protéinurie en g/jour. L'intérêt du dosage de la microalbuminurie, en cas de protéinurie négative n'a pas encore été évalué (sauf chez les diabétiques).

-Electrophorèse des protéines urinaires

(Gammapathie monoclonale, plasmocytome). En effet, la protéine de Bence Jones n'est pas dépistable par la bandelette. Pour mettre en évidence une protéinurie faite de chaînes légères d'Ig, il faut faire une électorphorèse.

-culot urinaire.

Le HLM est plus difficile chez les personnes âgées. A fiare si hématurie à la bandelette, ou signalée lors du culot urinaire.

3.3. TOUS LES AUTRES EXAMENS SONT A DISCUTER AU CAS PAR CAS
en particulier UIV et scanner rénal, car les produits de contraste sont très néphrotoxiques.

3.4. BILAN DU RETENTISSEMENT:

ionogramme, protidémie, calcémie phosphorémie, uricémie.

3.5. LA BIOPSIE RENALE

Intérêt:

-Depister les causes curables, en particulier
• un syndrôme néphrotique, parfois curable par corticothérapie (SN à lésions glomérulaires minimes , qui a un pic de fréquence chez le sujet âgé)
• Certaines glomérulopathies pauci-immunes à immunofluorescence négative, avec altération de l'état général, hématurie, purpura, d'aggravation rapide, en 3 à 4 semaines, et très sensibles aux corticoîdes si pris assez tôt. Ce sont des néphropathies qui entrent vraisemblablement dans le cadre des vascularites.

-Connaître le diagnostic, le stade évolutif et la rapidité d'évolution de l'IR

Mais: chez le viellard, la réduction néphronique rend l'interprétation de la biopsie plus difficile, car il y a souvent, même physiologiquement des "lésions".

Modalités de la biopsie

-Voie percutanée, en fait peu dangereuse
-Voie transjugulaire, pour minimiser les effets d'une éventuelle hémorragie; pas encore évaluée

Complications de la biopsie

-Hémorragie dans les voies excrétrices. Hématurie grave avec des caillots
-Hématome péri-rénal, risque de rupture capsulaire avec hémorragie massive.

3.6. ETIOLOGIES DE L'IRC

1-POLYKYSTOSE RENALE:

maladie héréditaire, environ 10% des cas, le dg repose sur l'échographie, la mise en évidence de kystes hépatiques, la connaissance de cas familiaux. Faire le diagnostic permet un dépistage familial. On connait maintenant le gène et la protéine responsables de la maladie et on peut penser qu'un traitement sera bientôt possible pour les enfants touchés.

2- ATTEINTE GLOMERULAIRE:

le dg repose sur la découverte de
• protéinurie abondante, voire syndrôme néphrotique
• +/- hématurie sans caillot
• +/- HTA
• -écho: contour des reins régulier

Les causes les plus fréquentes sont de diagnostic facile:

• diabète
• amylose, dépôt dans les tissus d'une protéine de structure particulière. Ce diagnostic est évoqué sur les manifestations extrarénales associées: hépatomégalie asymptômatique, gros coeur hyposthénique. Il repose sur la biopsie gingivale, rectale ou de la graisse sous-cutanée abdominale. Il existe différents types d'amylose; on évoquera ici plus particulièrement:
• l'amylose AA, en particulier si maladie périodique, qui se traite par la colchicine (mais le diagnostic est en général fait avant le troisième âge).
• l'amylose compliquant les maladies infectieuses ou les inflammations chroniques (PR)
• et surtout l'amylose AL, c'est à dire celle secondaire à une dysglobulinémie monoclonale, plus ou moins grave.

La Biopsie rénale est à envisager dans deux situations:
syndrôme néphrotiuqe, en dehors de l'amylose et du diabète
insuffisance rénale rapidement progressive, avec hématurie microscopique.

Sinon on peut discuter la biopsie

3-PATHOLOGIES INTERSTITIELLES:

Ici le syndrôme urinaire est pauvre:
-protéinurie modérée
-leucocyturie microscopique.
-reins petits et asymétriques, aux contours irréguliers à l'échoraphie

Rechercher la cause, qu'on peut souvent supprimer
-Maladies urologiques (obstacles, infections)
-Diabète
-Hyperuricémie
-Hypercalcémie chronique, en particulier adénome parathyroîdien fréquent chez les PA
-Causes médicamenteuses:
• AINS: provoquent des IR aigües, peut-être sont-ils responsables d'IR chroniques.
• Phénacétine (plus en cause en France), et autres antalgiques, plus ou moins associés aux AINS
• Laxatifs et diurétiques, par hypokaliémie chronique et toxicité médicamenteuse directe.
• Lithium.
• Certaines chimiothérapies

-Myélome : les chaînes légères sont filtrées par le glomérule, ne sont pas réabsorbées, précipitent sous forme de cylindres qui entraînent un syndrôme obstructif intra rénal; Attention, elles ne sont pas détectées par la bandelette. Il faut faire une cure de diurèse, une alcalinisation, et traiter le myélome. Se méfier, et ne pas méconnaître les myélomes à faible masse tumorale.

4-CAUSES VASCULAIRES

• Sténose de l'artère rénale
Protéinurie modérée ou absente
-Pas d'anomalie cytologique urinaire
-HTA sévère ou résistante au traitement
-Asyétrie réanle, et atteinte athéromateuse des parois aortiques.
-Amélioration possible par la cure de la sténose, par angioplastie ou chirurgie, mais bien peser les indications, car risque d'embolie de cholestérol.

• HTA maligne: l'IRC est constante, mais cause rare chez le viellard

• Nephroangiosclérose par HTA chronique: l'IRC est tardive. Il faut toujours rechercher une autre cause à l'insuffisance rénale.

Les 2 causes les plus fréquentes d'IR chez le sujet âgé sont l'HTA (néphroangiosclérose) et le diabète (une fois exclues les maladies urologiques obstructives, en particulier la prostate chez l'homme).

4. FONCTIONNEMENT DU REIN AU STADE D'INSUFFISANCE RENALE

Au stade d'insuffisance rénale, il y a moins de néphrons,mais qui fonctionnent au maximum, pour maintenir au mieux l'homéostasie.

Excretion de l'eau

Diminution du pouvoir de concentraton des urines => Polyurie isoosmotique au plasma (diminution de la charge acqueuse filtrée, mais réduction de la réabsorption tubulaire dans les néphrons restants, résistance du canal collecteur à l'ADH)

Excretion du Na

Le rein est capable de maintenir une excrétion sodée parallèle aux entrées très longtemps.
A l'inverse, il n'est pas capable de conserver le Na en dessous de 20 à 30 mMol/jour d'apport.

Excrétion du K

La kaliémie reste normale très longtemps par augmentation de la sécrétion tubulaire du K (par augmentation de l'activité de la Na/K ATPase et hyperaldostéronisme) Mais attention aux erreurs thérapeutiques: diurétiques épargneurs de K et sels de régime, riches en K.

Excrétion des ions H+

Les déchets acides sont mal éliminés au dessous de 25 ml/mn de DFG, car: réduction de l'excrétion urinaire de l'ammoniaque, d'où une légère acidose métabolique, tamponnée par les tampons osseux et l'augmentation de l'acidité titrable urinaire.

Excrétion du phosphore

L'augmentation de la phosphorémie stimule la sécrétion de la PTH, qui augmente l'excrétion fractionelle du phosphore, parallèlement à la diminution du DFG.
En fait, les anomalies du métabolisme phosphocalcique sont de mécanisme compliqué et non encore entièrement élucidé. 2 hormones sont impliquées, le calcitriol et la PTH. L'anomalie initiale serait une diminution de la synthèse rénale du calcitriol, avec perturbation de l'action du calcitriol sur les tissus cibles, y compris la parathyroïde. Il en résulte dans le sang, une augmentation de la phosphorémie, et une baisse de la calcémie, dans les urines, une baisse de la calciurèse.

Biologiquement:
-hyperparathyroïdie
- +/- carence en vitamine D

Excrétion des déchets azotés

Le taux d'urée sanguine dépend de l'apport protéique alimentaire (100g de protéines -> 30 g d'urée), de la masse musculaire, du catabolisme azoté et de la réabsorption tubulaire de l'urée, qui augmente quand le débit urinaire diminue.
La créatininémie dépend de la masse musculaire et du DFG. Son taux d'élimination est identique à celui du sujet sain, mais insuffisant (résultat: la créatinine s'élève dans le plasma).

AU TOTAL: LE REIN FAIT BIEN ET LONGTEMPS UNE ADAPTATION CHRONIQUE AUX VARIATIONS METABOLIQUES, MAIS FAIT MAL UNE ADAPTATION AIGUE.

Perturbations des fonctions rénales endocrines

-Diminution du taux de calcitriol circulant, par diminution de l'enzyme impliquée dans l'hydroxylation en position 1 alpha de la 25OH-D3, calcidiol.
-Diminution de l'érythropoïétine, qui, synthétisée par le parenchyme rénal, diminue avec la masse néphronique, entraînant une anémie.


5. CONSEQUENCES ET SIGNES CLINIQUES

5. 1-RETENTISSEMENT CARDIO-VASCULAIRE

• HTA, de physiopathologie multifactorielle
-hypervolémie
-augmentaton du débit cardiaque, secondaire à l'anémie,
-hyperaldostéronisme
-hypersécrétion de catécholamines
-hypercholestérolémie favorisée par l'IR
• HVG, pouvant évoluer vers l'insuffisance cardiaque aigue ou chronique
• Insuffisance coronarienne (par HTA, hypercholestérolémie, anémie)
• Fibrose myocardique
• Péricardite, de survenue tardive, aigue , nécessitant le passage en dialyse: il est important de commencer assez tôt, pour éviter la péricardite.

5.2. RETENTISSEMENT HEMATOLOGIQUE

Anémie, constante, normochrome, normocytaire, arégénérative,
liée à la diminution de l'érythropoîétine
et à une légère hémolyse (par les toxines urémiques)

Le taux de leucocytes est normal, mais il y a une diminution du pouvoir phagocytaire et du chimiotactisme, une lymphopénie modérée, d'où une diminution de l'immunité à médiation cellulaire et une tendance aux infections.

Le taux des plaquettes est normal, mais l'aggrégabilité et l'adhésivité sont diminuées, avec troubles de l'hémostase primaire.

5.3. RETENTISSEMENT OSSEUX

Ostéite fibreuse, due à l'hyperparathyroidie, avec à la radio un flou périosté, un aspect dentelé des phalanges moyennes, une résorption des houppes phalangiennes.

Ostéomalacie, avec à la radio une diminution de la transparence osseuse et des stries de Looser Milkman

Ostéopathie adynamique, conséquence d'un traitement trop énergique, et longtemps prolongé, de l'hyperparathyroidisme secondaire de l'IRC.

Calcifications des tissus mous, de localisation périarticulaire, vasculaire (surtout sous EER) et viscérale (si le produit P*Ca (plasmatiques) est trop élevé.

5.4.RETENTISSEMENT NEURO-MUSCULAIRE

-Neuropathie périphérique surtout sensitive puis motrice, c'est une indication de l'EER dès le stade sensitif (crampes)
-Troubles neurologiques centraux, allant de l'obnubilation au coma, qui ne sont pas dûs à l'augmentation de l'urémie, mais plutôt à une encéphalopathie hypertensive, ou à des désordres hydro-électrolytiques ou à une intoxication médicamenteuse.

5.5. RETENTISSEMENT DIGESTIF

Nausées, anorexie, vomissements, aggravant les troubles nutritionnels.

5.6 ANOMALIES ENDOCRINIENNES ET METABOLIQUES

-dyslipidémie
- résistance à l'insuline.
-prurit (produit Ca*P)

6. TRAITEMENT

But: ralentir l'évolution de l'IR, assurer le meilleur confort possible au patient, et l'amener le plus tard possible et en meilleur état possible à l'EER.

6.1.Traitement étiologique

à chaque fois que possible:

suppression des médicaments néphrotoxiques.

6.2. Traitement médical conservateur

Maitien de l'équilibre hydro-électrolytique:

-Eviter les variations aigues d'apport d'eau et de sodium, adapter la ration hydrique à la diurèse et à la soif

-Il n'y a pas d'indication à un régime sans sodium sauf si insuffisance cardiaque, hépatique, oedèmes.(En cas d'oèdèmes, si la natrémie est normale: régime peu salé ou diurétiques; si la natrémie est basse, restriction hydrique en plus). Attention, les sels de régime sont riches en potassium.

-Il faut surveiller la ration potassique si la Clcr< 10 ml/mn. Diminuer le chocolat, les fruits secs, certains légumes secs et les bananes. On peut utiliser du Kayexalate ou du Calcium-Sorbisterit si la kaliémie reste trop élévée.

-Pour l'acidose métabolique (HCO3- <20 mMol/L), en l'absence de surcharge sodée, 4 à 6 g de bicarbonate de sodium par jour ou eau de Vichy (attention au Fluor).

-Etat nutritionnel

Problématique difficile!!:

-Protides: la ration doit être suffisante mais limitée pour prévenir la sclérose glomérulaire. En général, la personne âgée adopte spontanément un régime pauvre en protéines (0,8 à 1 gramme par kilog et par jour)
-Glucides et lipides: il faut diminuer les glucides et augmenter les graisses polyinsaturées.
-Il faut veiller à un apport calcique suffisant.

-Ration phosphocalcique:

Corriger l'hypocalcémie et l'hyperphosphatémie par la suppression des laitages ( trop riches en phosphores) et la supplémentation en carbonate de Calcium (presque tous les calcium du marché), car les sels de Ca chélatent le Phosphore dans l'intestin. Attention les métabolites de la vitamine D doivent être utilisés sous surveillance rigoureuse, car ils sont inhibiteurs de la sécrétion de PTH et hyperphosphorémiants.
Pour l'IR physiologique du sujet âgé, il faut les laisser boire comme ils veulent, leur conseiller de manger peu de viande à la fois et de répartir les protides sur les 3 repas, afin d'asurer une ration protidique suffisante en évitant une trop grande augmentation de l'urée après l'ingestion de repas trop carnés.

 

6.3.Traitement médicamenteux

-MAITRISER L'HTA

Tous les antihypertenseurs peuvent être utilisés ,
MAIS, PARMI LES DIURETIQUES SEULS LES DIURETIQUES DE L'ANSE (Furosémide et Bumétanide)


PAS D'IEC SI STENOSE DE L'ARTERE RENALE: Les IEC ou les inhibiteurs des récepteurs de l'angiotensine II diminuent la filtration glomérulaire car ils diminuent le tonus de l'artérioles efférentes glomérulaires. S'il y a une sténose de l'artère rénale, la filtration glomérulaire s'arrête; il faut donc absolument faire un dosage de la créatinine à J8 et J30 du traitement, et évaluer initialement le débit de diurèse.
ADAPTER LES DOSES PROGRESSIVEMENT

La combinaison de petites doses d'antihypertenseurs de modes d'action différents semble logique
-inhibiteur calcique
-IEC (efficacité préventive, sur la sclérose de réduction néphronique, bien documentée chez le diabétique et sur plusieurs modèles animaux).
-Inhibiteurs des récepteurs de l'angiotensine II
(sauf si sténose de l'artère rénale pour les 2 précédants)
-Les diurétiques de l'anse (peuvent en plus permettre un régime sodé plus large, pour améliorer l'état nutritionnel si nécessaire)

TRAITEMENT DE L'ANEMIE

-Rechercher et supprimer toutes les autres causes d'anémie (déficit en fer, saignement occulte)

-Si nécessaire, utilisation de l'érythropoîétine recombinante (Eprex*, Recormon*), dès que le taux d'Hb<10g/dL. Prescription restant du domaine hospitalier, pour des raisons financières, et autres....

SURVEILLER L'UTILISATION DES MEDICAMENTS NEPROTOXIQUES

adapter les doses (AINS, IEC, Lithium), et supprimer les médicaments contenant de l'aluminium (pansements gastriques).

7. SURVEILLANCE PRATIQUE

Bilan trimestriel puis mensuel des constantes biologiques, iono, urée, créatinine, Ca, P, Protides, HCO3-, NFS, et de la TA.

Consultation d'un néphrologue assez tôt dans l'évolution de la maladie pour discuter et préparer l'éventualité d'une EER. Celle ci doit être envisagée en dehors de l'urgence, et conjointement avec le patient, son entourage et l'équipe qui s'occupera de lui: médecin traitant, néphrologue, infirmier, psychologue, assistant social, diététicien. L'EER est un traitement qui modifie le quotidien, qui est lourd, et qu'il faut prévoir à l'avance aussi sur le plan matériel, la morbi-mortalité étant très supérieure dans l'urgence.

8. TRAITEMENT DE SUPPLEANCE: L'EER ET LA TRANSPLANTATION RENALE

8.1. Indications, contre-indications, objectifs

Indications

-Clcr<10ml/mn/1,73m2
-Avant si complications:

HTA incontrôlable
Hyperhydratation rebelle, OAP
Polynévrite, péricardite
Dénutrition

Contre-indications:

Démence
Cancer
Grand âge physiologique

Réflexions sur l'EER chez le sujet âgé

Le but est de ne pas exclure les PA des soins possibles
Sans s'acharner pour prolonger inutilement un processus de mort
Sachant qu'une fois la dialyse commencée, il faudra savoir l'arrêter, décision qui revient au médecin en final.

Quelques chiffres

En France, 30% des dialysés ont au dessus de 65 ans, 10% au dessus de 80 ans.
La mortalité est de 70% à 4 ans chez le sujet âgé en EER (attetnion: statistiques de mortalité très variables selon les équipes, dépendant avant tout des critères d'admission dans le processus thérapeuique).Le fait d'être dialysé à 75 ans fait tripler le risque de mortalité.

 

Les modalités de l'EER:

Le choix entre les deux méthodes, hémodialyse et dialyse péritonéale, se fera pour chaque sujet en fonction de leurs avantages et de leurs inconvénients, mais elles ne sont pas excusives l'une de l'autre.

8.2.HEMODIALYSE

Principe
Epuration du sang à travers une membrane grâce à une CEC, necessitant la constitution préalable d'un abord vasculaire, fistule artério-veineuse, au poignet, pouvant délivrer un fort débit sanguin. Elle doit être posée plusieurs semaines avant la dialyse.

Avantages: Elle est plus performante. Elle nécessite 3 séances de 4 heures environ par semaine, le reste du temps est libre.

Inconvénients: elle nécessite une surveillance importante, elle ne peut se faire qu'en centre d'hémodialyse pour une personne âgée, elle nécessite la prise d'anticoagulants pendant les séances.

Coût: 350 000F/an

Pratiquement:

Centres pour le 18eme arrondissement:
11 postes à Bichat
12 postes Impasse Compoint
16 postes à St Ouen, M° Garibaldi
6 postes à St Louis
Postes à la clinique de la rue de Chazelles dans le 17eme arrondissement, à la Roseraie et à l'Orangerie à Aubervilliers, au Centre de la Rue d'Amsterdam 75008
Pas de poste prévu dans le futur Bretonneau, mais vraisemblablement au long séjour de Bichat.

 

8.3. DIALYSE PERITONEALE

Principe
Les échanges se font à travers la membrane péritonéale. Le cathéter doit être installé si possible au moins 1 mois avant la 1ere dialyse.

 

Avantages
Meilleure tolérance hémodynamique
Peut se faire à domicile.

Inconvénients
Traitement à moyen terme, ne peut être poursuivi très longtemps (4 à 5 ans). Mais on peut ensuite passer à l'hémodialyse
Fuite protidique importante, risques d'aggravation de problèmes abdominaux (hernies, éventrations)
C'est un traitement continu ,7 jours sur 7

 

Coût: 210 000F/an.

Pratiquement, il existe un forfait infirmier. L'infirmier doit passer 4 fois par jour à domicile pour changer la poche de dialyse. Ce forfait n'est pas cumulable avec l'HAD.

Complications

- Cardiovasculaires: troubles du rythme après les séances d'hémodialyse

-Infections principalement à Staphylococcus Aureus, dont la porte d'entrée est l'abord vasculaire ou le cathéter péritonéal -> respect rigoureux des règles d'asepsie.

 

8.4.TRANSPLANTATION RENALE

Peut actuellement être proposée jusqu'à 65-70 ans, si le sujet a un âge physiologique compatible.

... Mais le traitement de l'IRC du sujet âgé est avant tout symptômatique, et au stade terminal, repose sur desméthodes dialytiques correctement choisies et distribuées.

 

9. BIBLIOGRAPHIE

-Réduire la mortalité et la morbidité de la dialyse. Conférence de consensus. LA REVUE PRESCRIRE, Sept.1996, 16, 165.
-L'insuffisance rénale chronique chez le sujet âgé. Un diagnostic facile, des conséquences importantes au quotidien. F Mignon, V Hugot, G Hufnagel, C Michel, B Viron. ENTRETIENS DE BICHAT, Médecine, 16 Sept. 1997, Amphi A, 11h15.
-Prise en charge de l'insuffisance rénale chronique chez les vieillards. F Mignon, C Michel, B Viron. LA PRESSE MEDICALE, 15 Mai 1993, 22, 17.
-Insuffisance rénale chronique. Etiologie, physiopathologie, diagnostic, principe du traitement. M Kessler, LA REVUE DU PRATICIEN, 1er Sept. 1998, 48, 13.
-Métabolisme phospho-calcique et insuffisance rénale chronique. TB Druëke, LA REVUE DU PRATICIEN, 1er Juin 1998, 48, 11.

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