Définition :
Le Pica: trouble du comportement défini par une envie irrépressible
d’ingérer des substances comestibles ou non. Il en existe différents types en
fonction de la substance ingérée :
- Terre, Argile: géophagie
- Glaçon ou givre: pagophagie
- Riz (souvent cru): rysophagie
- Amidon, blé: amylophagie
- Cailloux: lithophagie
- Autres :gomme, grains de café, chocolat, amandes, cornichons, graines de tournesol,…
Epidémiologie :
Le pica touche plus de la moitié des patients ayant une
carence martiale (CM) aux USA ; fréquence nettement moins élevée en Europe.
La prépondérance féminine est de règle.
- Asie, Océan Indien,
- Afrique, Antilles: prévalence > 50% concernant surtout la géophagie.
- Maghreb: prévalence = +/- 35 %, riz et pagophagie.
- Européens: prévalence= 5,9 %, riz et pagophagie.
La pagophagie est le pica le plus fréquemment retrouvé.
Et la carence martiale?
D’après différentes études (Ile de la Réunion, USA, Espagne ,…), il ressort que le pica est
non pas une cause de CM mais un symptôme : l’élément le plus significatif
est sa disparition au bout de 15 jours de traitement martial
(dès que fer sérique >70µg/dl) , avant la correction de l’anémie.
La récidive du pica témoigne d’une récidive de la carence martiale.
Le pica est souvent retrouvé dans d’autres situations telle que la grossesse
où il ne semble associé à aucun trouble psychiatrique : en 1998,
Rainville rapporte 76,5% de pica dans une série de 281 femmes enceintes,
dont 68,3% de pagophagies. Chez ces femmes, le pica et en particulier
la pagophagie sont associées à un taux d’hémoglobine plus faible à l’accouchement.
(J Am Diet Assoc 1998 ; 98 :293-6). D’ailleurs, un des premiers cas de compulsion
alimentaire a été rapporté par un médecin de Justinien Ier, au
cours d’une grossesse au VIème siècle après JC. Avicenne dès le
Xème siècle avait également pressenti cette corrélation en traitant
le pica par du fer trempé dans du vin.
Evolution avec l’âge
- Fréquent dans la petite enfance.
- Diminue de façon égale pour les 2 sexes parallèlement à la diversification alimentaire jusqu’à la puberté.
- A la puberté, sa fréquence augmente de nouveau mais uniquement chez les filles avec la survenue de la ménarche.
A la puberté, sa fréquence augmente de nouveau mais uniquement chez les filles avec la survenue de la ménarche.
De la poule ou de l’œuf…
Deux théories s’opposent :
- Le trouble alimentaire est considéré comme primitif et
responsable de l’apparition d’une carence martiale. La terre, l’amidon et
certains aliments ayant une capacité chélatrice sur le fer et une teneur
pauvre en fer, la carence martiale peut résulter de l’ingestion massive de
ces derniers. Dans ce cas, le désordre primitif est plus d’ordre psychologique.
- Le trouble alimentaire est considéré comme secondaire à la carence martiale :
hypothèse étayée par la disparition du pica après correction de la carence.
Par ailleurs, la CM peut entraîner des troubles comportementaux ainsi
qu’une altération des capacités cognitives dont le mécanisme est partiellement
élucidé. Il est en effet possible que le pica soit secondaire
à des altérations des neurotransmetteurs dopaminergiques provoquée par la carence martiale.
Le trouble alimentaire est considéré comme secondaire à la carence martiale : hypothèse étayée par la disparition du pica après correction de la carence. Par ailleurs, la CM peut entraîner des troubles comportementaux ainsi qu’une altération des capacités cognitives dont le mécanisme est partiellement élucidé. Il est en effet possible que le pica soit secondaire à des altérations des neurotransmetteurs dopaminergiques provoquée par la carence martiale.
Un symptôme méconnu
Le pica, considéré comme trouble du comportement n’est jamais spontanément
avoué par le patient. Il faudrait le rechercher de façon systématique car
il peut constituer un moyen simple de dépistage des carences martiales.
En somme :
Pica et carence martiale sont incontestablement associés. Devant une anémie, l’existence
d’un pica permet de supposer son origine ferriprive. De même que la présence d’un
pica évoque une anémie (ferriprive).
Quel que soit le primum movens, l’attitude thérapeutique est la même et la disparition
des deux est attendue si le traitement est correctement suivi.
Bibliographie
- La presse médicale 2001 ; 30 : 321-3
- Arch Fr pediatr 1992 ; 49 : 779-83
- Annals of internal medicine 1968 ; 69 : 435-40