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SFTG PARIS NORD

Novembre 1990

SATURNISME

Lucienne Coscas, Françoise Cravenne,

membres de SFTG Paris-Nord

Experts: Dr. H. KONCZATY, pédiatre, Hal R. Debré

 

 

I/ HISTORIQUE

 

- C'est en Australie que la première intoxication par les peintures au plomb a été décrite en 1981 : cela a alors été jugé problème de santé publique.

- Aux USA, une grande étude a été faite entre 1976 et 1980 : 4% d'enfants de moins de 5 ans c'est à dire 700 à 800000 enfants avaient un saturnisme c'est à dire un taux de plomb supérieur à 250 microgrammes/ml. L'incidence aux USA est de 40 000 nouveaux cas par an

-En Europe, le problème existe en Grande-Bretagne. En Belgique, quelques cas sont décrits. En France, le problème a commencé réellement à être décrit en 1985 dans des populations originaires d'Afrique noire où l'on voyait à l'ASP des particules de plomb dessinant le colon. En 86-87, environ 100 cas étaient décrits à Paris. Actuellement, on dénombre environ 500 cas sur Paris et aussi quelques cas à Lyon.

 

Ces graves intoxications , ayant nécessité de nombreuses hospitalisations ont entrainé la mise en place d'un programme de dépistage :

En effet, devant l'importance du problème medical mais aussi social (logements insalubres), une collaboration a commencée à se réaliser entre la DASS, les hopitaux et les pouvoirs publics.

Réseau actuel : - hopital Necker Séc.Sociale

- hopital Robert Debré + prise en charge + PMI

- hopital Trousseau à 100%

 

Les arrondissements les plus concernés sont : 10, 11, 12, 18, 19 et 20 éme et la banlieue limitrophe.

 

II/ Sources du plomb, rappel toxicologique

 

Le plomb, métal lourd, est largement répandu dans l'environnement par la pollution automobile, mais aussi dans de nombreux produits domestiques (vernis, mastics, peintures, cosmétiques).

 

NB : la peinture moderne contient aussi du plomb mais insoluble et donc sans danger. Mais la superposition de ces peintures non toxiques n'empêchent pas la couche de céruse de continuer à s'effriter et alors de conserver son caractère toxique.

 

Absorption :

 

Stockage :

Une fois absorbé, le plomb se fixe sur les globules rouges et les os. Sa demie-vie d'élimination est de 20 ans. Son excrétion est faible : il s'accumule donc dans l'organisme.

 

Toxicité :

sur le rein :

- la toxicité aigue entraine : - une hyperaminoacidurie

- une glycosurie

-une hyperphosphaturie

L'insuffisance tubulaire est réversible

sur le SNC et le SNP :

On a tenté d'évaluer des corrélations entre l'intoxication modérée et les troubles du comportement ou de dévellopement chez le jeune enfant : ceci n'a pu être prouvé.

Mais des troubles de l'humeur, du sommeil, du langage ou des signes tels l'anorexie, constipation, hyperexcitabilité sont observables à des taux de plombémie supérieurs ou égaux à 400 mg/l.

A des taux plus élevés apparait l'encéphalopathie saturnique avec risque fatal ou graves séquelles après coma dans un tableau d'hypertension intra-cranienne non fébrile.

 

 

III/ Facteurs de risque

 

1) L'habitat

2) L'age

atteint le plus souvent les garçons de moins de 5 ans en moyenne 30 mois.

3) P.I.C.A

se définit comme un trouble du comportement alimentaire qui consiste à absorber de façon habituelle des substances non toxiques.

Favorisé par l'origine ethnique :

-certain comportement géophagique en Afrique Noire, mais aussi dans les populations immigrés :

-Maghreb

-Moyen Orient

-Asie du Sud Est

La prédominance de ce type d'enfant est surement favorisé par le fait que les services de PMI sont ceux qui ont pris en charge ce problème

4) Les conditions socio- économiques défavorables

La pauvreté des stimulations, l'absence de jouets, la rareté des sorties, l'espace restreint, les mères débordées sont les traits marquants de la vie de ces enfants.

 

IV/ Clinique

1) signes digestifs

jusqu'à retentissement sur la courbe staturo-pondérale ou sur l'ASP

 

2) signes neuro-psychiques

font toute la gravité de la maladie et sont insidieux :

C'est l'observation d'un enfant qui présentait des douleurs abdominales.

L'ASP a fait suspecté une intoxication au plomb : plombémie=1000 µg/ml. Il a subi 2 cures d'EDTA. Quelques jours plus tard, apparition d'episthotonos et de convulsions. Le scanner a montré une tumeur de la fosse postérieure : aprés trois jours d'injection : amélioration clinique et IRM normalisée. Il s'agissait d'une cérébellite (c'était en réalité un oedème du cervelet).

 

 

 

3) Anémie

Pâleur, soufle systolique ; la circonstance de découverte la plus fréquente est l'anémie rebelle au traitement martial.

Il s'agit d'une anémie trés microcytaire, régénérative (par hémolyse), globules rouges ponctués. Une carence martiale y est associée.

 

4) Rein

HTA, tubulopathie transitoire, pas d'atteinte glomérulaire.

 

5) Os longs

Densification métaphysaire.

 

6) Liseré de Burton.

 

V/ Biologie

 

Examens de dépistage :

 

Où faire ces examens?

 

 

VI/ Classification

 

En fonction de la plombémie(seuil pathologique=plombémie>250 µg/ml) et des protoporphyrines érythrocytaires (cf tableau).

PBS-PE

< 350

350-1099

1100-2500

>2500

non dosé

I

b

b

b

<250

I

Ia

Ia

c

250-499

Ib

II

III

III

500-700

d

III

III

IV

>700

d

d

IV

IV

PBS : Plombémie

PE : Protoporphyrine érythrocytaire

 

 

VII/ Prise en charge

Principe : éliminer le plomb de l'environnement.

contrôler les comportements de P.I.C.A.

 

1/ Classe I et II

a) -informer les professionnels : secteur PMI, lieux de garderie, lieux associatifs ; ceci afin de connaitre le domicile, les immeubles atteints.

b) En attendant le relogement : conseils pratiques

 

c) Bien sur traiter l'anémie

 

d) Effectuer une surveillance régulière pour savoir si toujours classe I ou II ou si augmentation des taux : 1/2 à 1/3 des cas se corrigent en 6 mois à 1 an, 1/3 à 1/4 des cas passent en classe III.

 

e) Depuis 89

"Médecins sans Frontières" devant la non action des pouvoirs publics a crée une action dont l'antenne se trouve rue Richomme et dont le siège se trouve dans la rue Tronchet.

Ils ont conçu un montage de façon à ce que les propriétaires envisagent des travaux en les payant moins cher :

 

Nouvelle méthode de traitement de ces peintures :

 

2/ Classe III et IV

 

 

-si le taux de plomb est < 700 µg/ml

cure d'EDTA :

en perfusion continue 5j de suite pour assurer une diurèse de 2 l/j.

+ 4 perfusions d'une heure. d'EDTA

hydrater +++ et surveiller fonction rénale.

L'EDTA multiplie 20 à50 fois l'excrétion urinaire du plomb extra-cellulaire.

-si le taux de plomb est >700 µg/ml

 

Donc au total schéma thérapeutique :

 

si symptomatique =

si peu ou pas symptomatique=

 

 

EN PRATIQUE

 

Le prélèvement peut être effectué :

 

1°) Labo d'hygiéne de la ville de Paris

1 bis rue des Hospitalières Saint Gervais ou 48 rue Vieille de Temple 75004 Paris

(bus 69, 76, 96 métro St Paul 42 74 13 14). Prélévement à jeun avant 10 h avec lettre médecin+ordonnance ( téléphoner au préalable 8h-19h).

 

2°) En milieu hospitalier : services de référence pour ce problème :

 

BIBLIO : Revue de Pédiatrie Tome XXV Janv. 1989 p38-46

     

 

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