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SFTG PARIS NORD

Novembre 1998

Thromboses veineuses

Pathologies de la coagulation

JP Aubert, membre de SFTG Paris Nord

Expert: Dr. Horellou, laboratoire d'hématologie, Hôtel Dieu de Paris

 

Les facteurs de risque de thromboses veineuses sont un domaine en pleine mutation, tellement instable au plan conceptuel qu'il est probablement trop tôt pour faire le point. Des découvertes multiples se succèdent, dont l'articulation sous forme de conduites diagnostiques et thérapeutiques est pour l'instant très insuffisante. Les causes de trhomboses sont multifactorielles, on voit s'associer chez un même patient des facteurs génétiques et acquis.

Trois types de questions se posent actuellement:

1. quels sont les facteurs de risque de thrombose veineuse?

2. quel bilan faire chez un patient présentant une thrombose veineuse?

3. quel traitement et quelle durée de traitement après une thrombose veineuse?

1. LES FACTEURS DE RISQUE DES THROMBOSES VEINEUSES.

1.1. ANOMALIES CONSTITUTIONNELLES DE L'HEMOSTASE

1.1.1. Résistance à la protéine C activée (mutation du facteur V Leiden)

Dans le plasma normal, l'apport exogène de Protéine C activée entraîne normalement un allongement du temps de céphaline activée. Dahlbäck a mis en évidence en 1992 chez un homme ayant des thromboses veineuses à répétition, une résistance à la PCa, l'adjontion de PCa au sérum du malade n'entraînant pas de variation du temps de céphaline activée. Cette anomalie était transmise, dans cette famille, sur le mode autosomal dominant.

Ce test simple pouvant être rapidement réalisé par tout laboratoire d'hémostase, il a rapidement été étudié, et cette anomalie s'avère être l'une des causes les plus fréquentes de thrombophilie.

1. la prévalence de l'anomalie est de l'ordre de 4,5 % en Europe, variant de 0% dans certaines régions d'Italie à 14 % dans un groupe grec.

2. la prévalence de l'anomalie parmi les victimes de thromboses veineuses est de l'ordre de 20 à 25 %

3. le risque relatif de thrombose est multiplié par 7 chez les hétérozygotes, par 80 chez les homozygotes

4. à l'âge de 45 ans, 41 % des patients porteurs de l'anomalie ont déjà eu un accident thrombotique veineux

5. la mutation est identique chez tous les patients: arginine 506 - glutamine dans le facteur V, située au site de clivage du facteur V activé par la PCa

6. chez les homozygotes, l'âge moyen de survenue d'une thrombose est de 29 ans, la plupart du temps liée à un autre facteur de risque, dont le principal est la prise de contraceptifs oraux

7. la mutation n'expose pas à un risque accru d'infarctus du myocarde ou d'AVC

1.1.2. Déficit en protéine C

1. La prévalence de l'anomalie dans la population générale est beaucoup plus basse: 0,3 % des sujets environ.

2. La prévalence de l'anomalie parmi les sujets victimes de thrombose veineuse est de l'ordre de 3%

3. Le risque relatif de développer une thrombose par rapport aux témoins est de l'odre de 6,5

4. à l'âge de 45 ans, 50 % des patients porteurs de l'anomalie ont déjà eu un accident thrombotique veineux

5. L'anomalie est probablement polygénique, la transmission est autosomale dominante.

6. la moitié des thromboses surviennent en l'absence d'un événement prédisposant

7. néanmoins la mortalité globale des porteurs d'un déficit en protéine C ne semble pas différente de celle de la population générale (ce dont il faut tenir compte dans l'évaluation de l'utilité d'un traitement anticoagulant au long cours).

8. Les homozygotes peuvent être victimes d'un accident de nécrose cutanée grave, soit à la naissance, soit en début de traitement antivitamine K.

1.1.3. Déficit en protéine S

1. la prévalence dans la population générale n'est pas connue, car le dosage de la protéine S est difficile et peu reproductible.

2. Parmi les patients ayant eu un accident thrombotique, la prévalence du déficit en protéine S est de l'ordre de 5 à 8%

3. du fait des difficultés d'évaluation de la prévalence, le risque relatif de thrombose ne peut être calculé. Il est probablement du même ordre que pour le déficit en protéine S.

4. à l'âge de 45 ans, 60 % des patients porteurs de l'anomalie ont déjà eu un accident thrombotique veineux

1.1.4. Déficit en antithrombine

1. La prévalence dans la population générale est très faible (0,02 %)

2. La prévalence du déficit dans une population ayant eu une thrombose est de 1 à 3 %

3. Le risque relatif de thrombose est élevé, de l'ordre de 10

4. L'anomalie, bien que rare, est probablement la plus grave, puisque 50 % des porteurs du déficit ont eu un accident thromboembolique avant trente ans, 80 % à 45 ans.

1.1.5. Mutation du gène du facteur II (prothrombine)

De découverte très récente:

1. Prévalence dans la population générale:2%

2. La prévalence du déficit dans une population ayant eu une thrombose est de 6%

3. Risque relatif de thrombose?

4. Mutation du gène du facteur II (prothrombine)

5. Dans 40% des cas, cette anomalie est associée à une résistance à la protéine C activée.

GLOBALEMENT UNE ANOMALIE DEFINISSANT UNE THROMBOPHILIE FAMILIALE EST RETROUVEE DANS ENVIRON UN TIERS DES CAS DE THROMBOSES VEINEUSES.

1.2. ANOMALIES ACQUISES DE L'HEMOSTASE

Il s'agit de l'apparition d'auto anticorps reconnaissant les phospholipides anioniques de la face endoluminale des membranes plaquettaires et endothéliales.

Cette famille d'auto anticorps est hétérogène. La présence d'un antiphospholipide n'a pas, en soi, de caractère nécessairement pathologique: c'est souvent l'effet secondaire d'un médicament (en particulier neuroleptiques, ß bloquants, anticonvulsivants) ou d'une infection récente. Il faut donc répéter les dosages.

La présence d'un anticorps antiphospholipide peut s'exprimer par:

· l'existence d'un "anticoagulant circulant" (qui allonge le TCA au laboratoire). Cette désignation est ambiguë, puisqu'évidemment ces anticorps ne sont "anticoagulants" qu'en laboratoire: en clinique ils sont au contraire thrombogènes.

· l'existence d'une anti cardiolipine, ou, ce qui revient au même, une sérologie syphilitique dissociée (VDRL + et TPHA -)

Ces anticorps sont particulièrement fréquents chez les sujets porteurs d'un lupus, ce qui les fait désigner sous le nom d'anticoagulants circulants de type lupique, mais il ne sont pas propres au lupus.

Les termes "anticoagulant circulant de type lupique", "anticoagulant circulant de type lupique", "antiphospholipides", "anticardiopines", sont des expressions biologiques différentes d'une même entité pathologique.

Les chiffres de mesure du risque restent imprécis, mais en gros:

30 % des sujets porteurs d'un anticoagulant circulant de type lupique auraient fait une thrombose

Chez les sujets victimes d'une thrombose, la prévalence d'une anticardiolipine serait de l'ordre de 5 à 20 %.

Un tableau clinique particulier, le "syndrôme des antiphospholipides", associe des thromboses veineuses ou artérielles, des fausses couches à répétition, une thrombopénie, et des anticorps antiphospholipides retrouvés à au moins deux dosages distincts. A noter qu'en début de grossesse, une sérologie syphilitique dissociée doit faire tiquer.

1.3. FACTEURS DE RISQUE THROMBOTIQUE "INDIVIDUELS"

1.3.1. Sexe, facteurs ethniques et groupe sanguin

Pas de relation entre l'incidence des thromboses veineuses profondes et le sexe, ou l'origine ethnique

le groupe sanguin érythrocytaire O est associé à un risque thrombotique plus faible, lié à un taux circulant plus faible de facteur VIII et de facteur Willebrand.

1.3.2. Age

l'âge est un facteur de risque de thrombose veineuse, mais il n'est pas évident que ce facteur soit indépendant.

1.3.3. Obésité

C'est un facteur de risque de maladie veineuse thrombo embolique post opératoire, mais ce n'est pas un facteur de risque dans la population générale.

1.3.4. Tabac

Ce n'est un facteur de risque de maladie veineuse thrombo embolique qu'associé à un traitement oestroprogestatif, mais son caractère indépendant n'est pas certain

1.3.5. Varices et "insuffisance veineuse"

Les varices sont un facteur de risque prouvé de maladie veineuse thrombo embolique, majoré par l'immobilisation.

1.3.6. Contraception oestroprogestative

Ce que l'on sait:

. les pilules contenant 100 microgrammes d'éthynil-oestradiol induisent une incidence des thromboses veineuses de l'ordre de 4 pour 100.000 femmes/années.

. les pilules à 50 microgrammes d'éthynil-oestradiol induisent une incidence des thromboses veineuses de l'ordre de 2 pour 100.000 femmes/années.

. les pilules à 30 microgrammes pourraient encore diminuer ce risque (conclusions non formelles)

La question des pilules au gestodène ou au désogestrel:

En 1995, trois études publiées dans le "Lancet", et une étude publiée dans le BMJ ont mis en cause ces contraceptifs, leur attribuant un plus haut risque thrombotique veineux, c.a.d. un risque relatif multiplié par 2 à 3, par rapport aux pilules contenant des progestatifs "classiques" (lévonorgestrel, norgestrel, norgestrione)

Une étude ultérieure sur 491908 femmes a remis en cause ces résultats, en concluant à l'absence de différence significative du risque thromboembolique associé aux contraceptifs oraux de deuxième et troisième génération.

Face à ces résultats discordants, l'Agence du Médicament a conclu: "en pratique gérer le doute et respecer les contre-indications des contraceptifs oestro-progestatifs pour toutes les générations de progestatifs, y compris ceux de troisième génération, gestodène et désogestrel."

Progestatifs macrodosés: il n'a pas été décrit d'augmentation du risque thrombogène avec le LUTERAN® (chlormadinone). Le LUTENYL® (acétate de nomégestrol) et la SURGESTONE® (promégestone) ont été moins étudiés. L'ORGAMETRIL ® (lynestrénol) fait chuter le taux d'antithrombine 3: il existe donc un risque thrombogène théorique avec ce produit. A noter que si le LUTERAN est utilisé depuis longtemps en contraception (2 par jour vingt jours sur 28), il n'a pour l'instant pas obtenu d'AMM dans cette indication.

Les micropilules progestatives (MICROVAL®, MILLIGYNON®, OGYLINE® ...) sont dénuées d'effet thrombogène.

1.3.7. Substitution hormonale

Le risque de thrombose veineuse des femmes recevant une substitution oestroprogestative de la ménopause est trois fois supérieur à celui des femmes ne prenant pas une telle substitution.

Cependant:

a) le risque absolu reste très bas, et associé à une augmentation très faible de la morbidité

b) la plupart des études sont d'origine américaine et évaluent des oestrogènes conjugués, alors qu'en France on utilise majoritairement des oestrogènes naturels.

c) le risque doit être confronté aux bénéfices de la substitution en matière de prévention de l'ostéoporose et des accidents cardio vasculaires. En cas d'antécédent personnel d'accident thrombo embolique, le THS par oestrogène percutané et progestérone naturelle doit se discuter au cas par cas. Les oestrogènes par voie orale sont bien sûr contre-indiqués.

1.3.8. Pathologies sous jacentes

a. antécédents de maladie thromboembolique veineuse

Un antécédent de thrombose veineuse est un important facteur de risque de récidive, connu depuis longtemps. Ce facteur de risque n'est évidemment pas indépendant des affections thrombophiliques, constitutionnelles ou acquises, récemment décrites. Il serait intéressant de savoir si cet élément reste un facteur de risque, une fois éliminés les patients porteurs de thrombophilie.

b. lupus érythémateux

Chez les patients lupiques porteurs d'un anticoagulant lupique ou d'une anticardiolipine, l'incidence des thromboses est de 42 %, contre 12 % chez les lupiques dénués de cette anomalie.

Hors de la présence d'une anticardiolipine et d'un anticoagulant circulant, le lupus reste donc un facteur de risque de thrombose.

c. insuffisance cardiaque et cardiopathies ischémiques à la phase aiguë

d. affections neurologiques avec paralysies des MI, AVC

e. affections malignes

Parmi les victimes de thromboses veineuses, la fréquence d'un cancer sous jacent est de 15 à 18%.

L'association est suffisamment fréquente pour que Fiessinger ait pu écrire en 1996:

· "Lors d'un premier épisode thrombotique, il convient d'effectuer un examen clinique plus radio du thorax, NFS, VS et bilan hépatique...

· En cas de récidive précoce, en particulier au cours du traitement anticoagulant, il est indispensable d'effectuer un bilan minutieux à la recherche d'un cancer...

· Une surveillance clinique est nécessaire au cours de la première année après une thrombose veineuse primitive".

Les chimiothérapies sont également un facteur de risque thromboembolique, particulièrement au cours de l'administration du traitement.

f. affections hématologiques avec hyperviscosité

Maladie de Vaquez, syndrômes myéloprolifératifs, gammapathies monoclonales.

g. hémoglobinurie paroxystique nocturne

h. maladie de Behcet

1.4. SITUATIONS CLINIQUES A RISQUE DE THROMBOSE

1.4.1. La chirurgie

le risque thrombogène dépend:

· du type de chirurgie (risque maximum pour la chirurgie orthopédique, et la chirurgie cancérologique)

· du type d'anesthésie, la rachianesthésie et l'anesthésie locorégionale étant moins thrombogènes.

1.4.2. Immobilisation et alitement

Un alitement de moins d'une semaine est responsable d'une prévalence de thrombose veineuse profonde de 15 %, et de 80 % pour plus d'une semaine.

Les voyages en avion sont d'authentiques pourvoyeurs de thromboses veineuses. Il peuvent justifier de conseiller des bas de contention, ou une injection d'HBPM avant le voyage.

1.4.3. Grossesse et post partum

La grossesse est une circonstance clinique favorable à la révélation d'une thrombophilie constitutionnelle ou acquise. Globalement l'incidence des thromboses veineuses profondes au cours de la grossesse est de 0,5 à 3 pour 1000.

En dehors des thrombophilies, les facteurs de risque associés sont:

· les antécédents thrombotiques,

· l'âge sup à 35 ans,

· le mauvais état veineux,

· l'obésité,

· l'alitement prolongé,

· la multiparité,

· la césarienne (multipliant le risque par 10)

· les stimulations ovariennes et les fortes doses d'oestrogènes utilisées dans les inductions de grossesses

2. QUELS EXAMENS REALISER, CHEZ QUELS PATIENTS?

2.1. CHEZ QUELS PATIENTS REALISER CE BILAN?

Devant une thrombose veineuse, un bilan de coagulation à la recherche d'une thrombophilie doit être pratiqué chez:

· tout patient présentant une thrombose veineuse avant 40 ans, que la thrombose soit liée ou non à un facteur déclenchant

· tout patient présentant une thrombose veineuse récidivante, ou présentant une thrombose veineuse et un antécédent d'embolie pulmonaire

· tout patient de plus de 40 ans,présentant une thrombose veineuse sans facteur déclenchant, et en dehors de toute maladie générale connue

· tout patient présentant une thrombose veineuse et des antécédents familiaux de thrombose veineuse profonde ou d'embolie pulmonaire

· avant le début d'une contraception orale, en cas d'antécédent familial de thrombose

· en cas d'association de thrombose artérielle et veineuse

· en cas d'association de thrombose veineuse et de pertes foetales

· en cas de nécrose cutanée sous AVK

2.2. LES EXAMENS A REALISER

Le bilan devra comprendre:

· NFS, plaquettes

· TP, TCA, fibrinogène

· Résistance à la protéine C activée, et si positif, recherche de la mutation du gène du facteur V(non remboursé)

· Antithrombine (activité)

· Protéine C (activité)

· Protéine S (antigène libre, et activité)

· Prothrombine

· Recherche d'anticoagulant circulant

· Recherche d'anticorps anti cardiolipine

· Recherche de la mutation du gène du facteur II (non remboursé)

Le bilan devra être réalisé de préférence en dehors de tout traitement héparinique ou AVK, de tout traitement oestroprogestatif, de toute grossesse. Dans le cas contraire, il faut en prévenir le biologiste qui doit interpréter ses résultats.

3. QUEL TRAITEMENT, CHEZ QUELS PATIENTS, ET PENDANT COMBIEN DE TEMPS?

3.1. LE DIAGNOSTIC DE THROMBOSE, UN MOT DES D-DIMERES

Les D dimères sont un examen intéressant, possédant une bonne valeur prédictive négative pour le diagnostic de thrombose veineuse. Il faut demander un test ELISA (sensibilité proche de 100 %, spécificité environ 50%). Si le taux est inf à 500 ng/ml, le diagnostic d'accident thromboembolique est exclu, s'il est supérieur à 500 ng/ml, il faut pratiquer un écho doppler à la recherche d'un accident trhombo embolique.

En cas de thrombose veineuse diagnostiquée à l'écho doppler, un deuxième examen sera pratiqué 10 jours plus tard pour s'assurer de l'absence d'extension.

3.2. TRAITEMENT DE L'ACCIDENT THROMBO EMBOLIQUE AIGU

Le traitement classique repose sur les héparines non fractionnées, ou en ville, sur les héparines de bas poids moléculaire.

On utilise à doses curatives:

· FRAGMINE 100 UI par kilog et par injection, deux inj SC par jour

· FRAXIPARINE 90 UI par kg et par injection, deux inj SC par jour

· LOVENOX 1 mg par kg et par inj, deux inj SC par jour

· INNOHEP 175 UI par kg et par inj, une inj SC par jour

Il faut surveiller les plaquettes: avant traitement, puis deux fois par semaine pendant les trois premières semaines (si le traitement est poursuivi)

Il faut surveiller l'activité anti X a, une ou deux fois par semaine, en pratiquant l'examen 3 à 4 heuresaprès l'injection: on doit obtenir 0,5 à 1 UI (0,5 à 1,5 avec INNOHEP). Il faut ajuster la dose à l'activité anti X a obtenue, en particulier pour les personnes âgées ou les insuffisants rénaux.

Le relais héparine-AVK se fait de façon classique, sans dose de charge, avec un chevauchement héparine-AVK de 4 à 5 jours.

Les AVK peuvent être débutés le jour même du début des HBPM, limitant par là la durée du traitement HBPM à cinq jours.

Les nécroses cutanées à l'introduction des AVK ne sont observées que chez les patients porteurs d'un déficit sévère en protéine C.

3.3. LA DUREE DU TRAITEMENT

Il n'y a pas de consensus sur la question des durées de traitement. Pour juger de l'importance d'un traitement, il faut savoir que les thrombophilies héréditaires n'ont pas toutes le même risque thrombo embolique:

risque élevé: déficit en antithrombine

risque moyen: déficit en protéine C, déficit en protéine S

risque faible: résistance à la protéine C activée hétérozygote, mutation du gène de la prothrombine

RECOMMANDATIONS actuelles (Hirsch, Ann. Int. Med. 97, 157, 2174-77)

Pour un premier épisode de thrombose veineuse profonde (TVP), en présence d'un facteur de risque réversible:
quatre à huit semaines de traitement
TVP surrale: quatre à six semaines
TVP proximale: 12 semaines
2 à 4 % de récidive dans les deux premières années après la fin du traitement.
 
Pour un premier épisode de TVP, sans facteur de risque réversible:
6 mois de traitement minimum
6 à 12 % de récidive dans les deux premières années après la fin du traitement, dont 0,3 à 0,6 % d'embolie pulmonaire fatale.
 
En cas d'accident thrombo embolique chez un porteur de thrombophilie héréditaire type déficit en protéine C, déficit en protéine S, déficit en antithrombine, ou d'anticoagulant circulant, ou en cas d'accident thromboembolique récidivant sans thrombophilie identifiée:
Traitement de durée inconnue: un an, deux ans ou plus? Il faut peser les éléments au cas par cas, en tenant compte du risque associé à l'anomalie ou aux anomalies dépistées, et au terrain. Ne pas parler de traitement à vie, mais de traitement prolongé, car les opinions peuvent évoluer dans les années à venir.
 
En cas d'accident thromboembolique chez un porteur d'une résistance à la protéine C activée
Le risque de récidive d'accident thromboembolique n'est pas connu. On conseille 6 mois de traitement après un premier accident.
 
En cas de dépistage d'une anomalie chez un patient asymptômatique (enquête familiale-): Pas de traitement systématique, faire un certificat, contre indiquer la contraception orale, utiliser les mesures de prévention (bas de contention, pas d'immobilisation).

 

 

 

Bibliographie:

1."Thrombophilie familiale", MC Horellou, J. Conard, M. Samama, Encyclopédie Médico chirurgicale, 19-2080, Angéiologie, 1997

2."Maladie veineuse thrombo-embolique" La Revue du Praticien, monographie, 15/5/96, n° 10, T. 46

3."Thromboses veineuses" Fiessinger J.N., la Revue du Praticien Médecine Générale, 1997, 11, 371, 27, dossier

4."Quels examens faut-il faire en cas de maladie thrombo-embolique veineuse, et chez quels patients? P. de Moerloose, I. Quéré, Fr. Boehlen t J.F. Schved, Médecine et Hygiène 1997, 55, 112-7

5."The duration of oral anticoagulant therapy after a second episode of veinous thromboembolism", Schulman et al, New England Journal of Medecine, 336,6, 6/2/97

6."Hypercoagulability in veinous and arterial thrombosis" Duncan P. Thomas, Harold R Roberts, 15/4/97, Annals of internal medecine, vol 126, n° 8

7.Dahlbäck B. Physiological anticoagulation. Resistance to activated protein C and veinous thromboembolism. J. Clin. Invest. 1994, 94, 923-7

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