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SFTG PARIS-NORD: DOCUMENT DE SYNTHESE



Thrombophilies

Janvier 2003


Roselyne COLINE, stagiaire de troisième cycle de médecine générale




A consulter sur le sujet:




THROMBOPHILIES

1-DEFINITIONS :

Il s’agit de l’ensemble des anomalies constitutionnelles ou acquises de l’hémostase prédisposant aux thromboses.

1.1. ANOMALIES CONSTITUTIONNELLES DE L’HEMOSTASE

1.1.1.Résistance à la Protéine C activée (par mutation R506Q du Facteur V Leiden)
1.1.2.Déficit en Protéine S
1.1.3. Déficit en Protéine C
1.1.4.Déficit en Antithrombine III
1.1.5 Mutation G20210A du Facteur II (gène de la prothrombine)
1.1.6.Groupe sanguin non O
Le groupe sanguin « O » serait un facteur protecteur de la survenue de thrombose.

GLOBALEMENT UNE ANOMALIE FAMILIALE EST RETROUVEE DANS UN TIERS DES CAS DE THROMBOSE VEINEUSE.

1.2.ANOMALIES ACQUISES DE L’HEMOSTASE.

1.3.ANOMALIES MIXTES

1.3.1.L’hyperhomocystéinémie
1.3.2. D’autres anomalies telles que les dysfibrinogénémies, l’augmentation des facteurs VIII, IX et XI , sont associés à un risque de maladie thromboembolique.

2-LE BILAN BIOLOGIQUE

Devant un événement thrombo-embolique documenté et suspect il faut s’assurer de l’absence d’affections thrombogènes (cancer, sd myéloprolifératif,…). Les circonstances d’apparition ainsi que l’amnanèse familiale ou non de la thrombose pourraient orienter la recherche vers une anomalie acquise( sd des antiphospholipides) ou héréditaire(cf Anomalies constitutionnelles). En fait le bilan se doit d’être exhaustif en raison de l’existence de cas hybrides.

2.1.QUELS EXAMENS ?

Dans un second temps : Dosage de l’Homocystéine (NR), Folates et Vitamine B12.

Il est préférable de réaliser le bilan biologique en dehors de tout traitement anticoagulant, oestroprogestatif, ou de grossesse ; le biologiste doit être prévenu le cas échéant afin que l’interprétation n’en soit pas faussée.

NB :Si le bilan est réalisé en milieu hospitalier il bénéficiera d’une prise en charge globale, alors qu’en ville de nombreux examens ne seront pas remboursés.

2.2.QUELS PATIENTS ?

3-CONSEQUENCES CLINIQUES , STRATEGIES THERAPEUTIQUES

Dans une population thrombophilique européenne, la prévalence d’un événement thrombotique est multiplié :

3.1.PROPHYLAXIE PRIMAIRE

Concerne les sujets encore asymptomatiques (découverte de l’anomalie par enquête familiale le plus souvent). Le traitement s’impose lors de situations à risque élevé de thrombose : immobilisation, alitement, chirurgie, chimiothérapie, grossesse, Il doit être évalué et décidé par un spécialiste. Il consiste en général en l’administration d’HBPM pendant toute la période à risque pour toutes les anomalies, et doit être prolongée de 2 à 4 semaines pour les déficits en AT III, PC, PS.

La grossesse requiert une prophylaxie par HBPM pendant toute sa durée pour les déficits en ATIII (+/- PC) et le sd des aPL (+aspirine ?) ; pour tous les autres, une anticoagulation par voie orale en post partum d’une durée de 4 à 6 semaines est recommandée. Cas particulier de l’hyperhomocystéinémie qui ne nécessiterait qu’une surveillance clinique avec supplémentation en vitamines B12 et B6.

Les oestrogènes (THS, contraceptif oral,…) sont à éviter. Le risque de premier épisode de thrombose étant multiplié par 4 pour la mutation hétérozygote du F.V Leiden , par 8 pour le déficit en ATIII ; La survenue de thrombose cérébrale fait évoquer une mutation du facteur II.

Les bas de contention sont une bonne mesure préventive.

3.2.PROPHYLAXIE SECONDAIRE

Le risque annuel de récidive est estimé à 0.3% pour les mutations hétérozygotes des facteurs II ou V, et de 1 à 3% pour les déficits hétérozygotes ATIII, PC et PS. Il est très élevé si le premier épisode de thrombose survient sans cause évidente.

Le traitement anticoagulant oral a prouvé son efficacité en terme de réduction du risque de récidive mais aussi sa nocivité quant à la survenue d’un événement hémorragique grave. Le risque de saignement annuel majeur sous anticoagulant oral est de 2 à 3%.

En fonction du patient (âge, mal observance, 1er mois de traitement,…), le risque de décès par saignement majeur est jusqu’à 4 fois plus grand que celui d’épisodes thromboemboliques récidivants. Ce risque d’hémorragie grave peut être réduit par un objectif INR entre 1.5 et 2.

Aussi, en fonction de chaque type de coagulopathie et de patient, c’est le spécialiste qui devra décider de la thérapeutique à adopter et de sa durée ; pour cette dernière il n’existe pas actuellement de consensus : 3, 6 à 12 mois, voire « à vie » ( Ne pas parler de traitement à vie mais de « traitement prolongé » car les méthodes peuvent évoluer dans les années à venir).

Bibliographie :



   
MeSH:
thrombophilia




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