1.- QUELS SONT LES ELEMENTS DU DIAGNOSTIC
?
Dans ce domaine important de la pathologie thyroidienne il
faut prendre en compte:
.Le terrain : les femmes sont plus fréquemment touchées.
.Les antécédents familiaux de dysthyroidie ou
de maladie autoimmune.
.La clinique : existence d'un goitre et son aspect, signes
d'hyperthyroidie, d'hypothyroidie, signes généraux
, examen général à la recherche d'autres
pathologies , etc..
.La biologie dominée par les dosages de la TSH et les
Ac antithyroidiens détaillés
.L'échographie
.La scintigraphie
.La ponction à l'aiguille fine
1. 2. COMMENT INTERPRETER LA BIOLOGIE?
1.2.1. La TSH :
Dosage Immuno enzymométrique ou fluorimétrique
ou par chimiluminescence et grâce à l'utilisation
d'anticorps monoclonaux dirigés contre la sous unité
B de la TSH (trousse de 3°génération).
La sous unité A de la TSH est commune à la LH
, FSH , HCG. Intervalle de confiance entre O,15 et 5 mUI/L
1.2.1.1. Les hyperthyroidies ne se discutent
pas pour une TSH en dessous de 0,03 mUI/L
Il faut connaitre les autres causes de TSH basse :
1-Patients ayant une TSH normale basse (gauche de la courbe
de Gauss)
2- Pathologie intercurrente sévère.
3- Maladie psychiatrique aigüe.( schizophrénies
et PMD).
4- Acromégalie et cushing.
5- Médicaments: Corticoides, L dopa, amiodarone et
iode.
6- Grossesse.
7- Insuffisance hypophysaire avec T4L normale.
8- Hyperthyroidie frustre au cours
- d' un adénome toxique surtout si goitre hétéronodulaire
- d'une thyroidite du post partum au début
- d'une thyroite subaigue silencieuse au début
1.2.1.2. Les hypothyroidies ne se discutent
pas pour une TSH au dessus de 10 mUI/L.
Il faut connaitre les autres causes de TSH élevées
isolées:
1- Effort physique intense
2- Prise de lithium, amiodarone, iode ( faire une iodémie)
3- Sujet normal haut (personnes âgées surtout
)
Le Test au TRH avec sa réponse exagérée
confirme l'hypo thyroidie
1.2.2. Les anticorps anti thyroidiens.
1.2.2.1. Anti TPO : Ac anti peroxydase
La peroxydase est une enzyme qui catalyse l'oxydation de l'iode
et l'iodation des substrats aminés permettant la synthèse
des hormones thyroidiennes. Les Ac anti peroxydase inhibent l'activité
de la TPO et seraient cytotoxiques
1.2.2.2. Anti TG : Ac anti thyroglobuline
La thyroglobuline est une proteine iodée de la substance
colloidale des vésicules thyroidiennes servant au stockage
et précurseur des hormones thyroidiennes.
Les anti thyroglobulines perpétueraient les lésions
de thyroidite et rendent impossible la surveillance des cancer
médullaires par le dosage de la TG.
1.2.2.3. TRAK ou rTSH : Anticorps anti
récepteurs à la TSH
Inutliles dans le cadre des thyroidites, mais précieux
pour le diagnostic de Basedow
1.3. L'échographie :
permet une exploration morphologique de la glande de plus
en plus fine, notamment en cas de goitre nodulaire ou multinodulaire
.
1.4. La scintigraphie au Tc 99 :
(moins cher, plus rapide et moins irradiant que l'iode 131)
A faire en dehors de surcharge iodée, de traitement
par hormones thyroidiennes, de grossesse et d'allaitement. Elle
sert aujourd'hui à l'étude fonctionnelle de la
glande et au diagnostic des adénomes toxiques. Blanche
dans la thyroidite de De Quervain et " en damier" dans
le Hashimoto , elle sert au diagnostic.
1.5. La cytoponction à l'aiguille
fine :
apporte la confirmation histologique , est indiquée
surtout en cas de nodule ou de doute sur un cancer.
2- LE TERME DE THYROIDITE REGROUPE DES
AFFECTIONS BIEN DIFFERENTES
2.1. THYROIDITE SUBAIGUE DE DE QUERVAIN:
Chez la femme de 40-50 ans dans 80% des cas . HLA BW35 dans
1/3 des cas.
Origine virale probable à cause des recrudescences
saisonnières
Thyroidite histologiquement composée de granulomes
intra et péri folliculaires avec nécrose des thyréocytes.
Tableau :
2-6 semaines après un syndrôme pseudo grippal
ou une virose ORL apparaissent une thyroidite fébrile
(38-38,5°) et un syndrôme inflammatoire biologique
, en même temps qu'une hyperthyroidie frustre inconstante
( 25%) par relargage des thyréocytes détruits .
Il existe un goitre douloureux à la palpation, une dysphagie
et une douleur cervicale .
- NFS de virose avec leucocytose normale
- Scintigraphie blanche . Echographie inutile.
- Anticorps négatifs souvent mais les Anti TG peuvent
être élevés transitoirement. Les perturbations
dysimmunitaires ne sont pas durables.
- Evolution vers la guérison en 6 semaines après
une hypothyroidie transitoire, régression des douleurs
en 15 jours .
- Formes atypiques: nodulaire, unilobaire à bascule,
syndrôme inflammatoire général dominant
- Diagnostics différentiels:
- Traitement:
AINS voire corticoides (0,5 à 1mg/ Kg) 2 à 4
semaines puis à doses dégressive ensuite pendant
12 semaines.
Si hyperthyroidie : ß bloquants . ATS sans intérêt.
2. 2-THYROIDITE SUBAIGUE SILENCIEUSE
DU POST PARTUM:
Incidence: 1 à 2% patient HLA DR3-DR4 surtout
Dite du post partum car rare en dehors de du post partum et
considérée par certain auteurs comme une forme
silencieuse de la thyroidite de De Quervain. Mais histologiquement
c'est une thyroidite lymphocytaire sans rupture folliculaire.
Tableau :
1-3 mois après l'accouchement petit goitre ferme et
indolore thyrotoxique non précédé de virose
bruyante .
Pendant 2-8 semaines thyrotoxicose biologiquement confirmée
sans syndrôme infammatoires. La scintigraphie est blanche.
Echographie inutile.
- 40% des patients traités par amiodarone ont des anticorps
anti thyroidiens.
- L'interféron alpha recombinant peut ëtre responsable
de dysthyroidies autoimmunes
- ( 12% des hépatites C traitées) avec hypothyroidie
dès de 2° mois de traitement dont l' aspect transitoire
n'est pas constant, une hyperthroidie transitoire voire une thyroidite
biphasique..
- Les Ac anti thyroidiens sont fréquemment élevés
sous traitement mais aussi avant traitement chez les patients
porteurs d'hépatite C .
- L'association interféron - interleukine( Proleukin)
augmente le risque de dysthroidie.
- Doser TSH et Ac TPO avant traitement .
2.5. THYROIDITE AIGUE:
- 0,5% de la pathologie thyroidienne donc rare.
- Infection surtout à cocci gram + (strepto, staphylocoques
dorés, pneumocoque), mais aussi à E coli, anaérobies
,salmonelles, rarement à mycobactérie T, mycotique
( abcès focaux), virale, ou parasitaire ( pneumocystis
carinii, échinoccocus au cours du SIDA) chez l'adulte
jeune immunodéprimé. Favorisé par une cause
locale (cancer ORL, Kyste ).
- Goitre inflammatoire bruyant avec dysphagie et douleur, aspect
d'abcès fébrile.
- Échographie : zone hypoéchogène d'abcès.
Impose un bilan à la recherche de métastases
septiques ( hémocultures, Rx P, ECBU) et une antibiothérapie
précoce.
2.6. THYROIDITE RADIQUE
Après utilisation d'iode radioactif à la dose
totale de 50 Grays , il existe une throidite radique dans 20%
des cas
Tableau :
Douleur cervicale antérieure et thyrothoxicose puis
risque d'hypothyroidie.
Après 10 Gy ( 1000 rads)d'irradiation externe:
Risque de carcinome thyroidien et d'hypothyroidie.
2.7. THYROIDITE DE RIEDEL
Rarissime fibrose thyroidienne pierreuse et extensive pouvant
évoquer un cancer anaplasique, de mauvais pronostic et
dont l'exérèse chirurgicale n'est que décompressive
Docteur Henri PARTOUCHE Janvier 1998, SFTG PARIS NORD
BIBLIOGRAPHIE sommaire :
1- M JOLY et JM KHUN ( CHU ROUEN ): "Thyroidites"
Rev du PRAT 11/ 96 T10 n°360 p 29-34
2- JL Schlienger " valeur d'une TSH perturbée "
Rev du PRAT n°334 mars 96 p 37- 43
3- Isabelle Breton " utilisation de la lévothyroxine"Prescrire
n° 155 octobre 1995 p 690-693 d'après Mandel SJ et
Coll " Levothyroxine thérapy in patients with Thyroide
disease" Ann Inter Med 1993 ; 119: 492-502
4- Thomopoulos Thyroidites "traité de Médecine"
3° édition p 1775
5- JL Schlienger Ac anti thyroidiens Rev du PRAT n°254
avril 94
6- H. Allanic . conduite à tenir devant un nodule thyroidien
Revue du Prat.1/12/96 Tome 46 p2309-2313
7- LRP "Remission de l'hypothyroidie au cours du Hashimoto
"Prescrire n° 167 nov 1996 p 800
8- G WERYHA "avancée en endocrinologie en 97"
Thérapeutique JANVIER
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