Les situations les plus fréquentes où le ionogramme est utile:
Surveillance ou bilan au cours de:
- HTA
- insuffisance rénale chronique
- Cardiopathie ischémiques et/ ou rythmiques
Bilan diagnostique au cours de:
- Déshyratation
- Dénutrition
- Symptomatologie neurologique (confusion)
- Symtomatologie atypique chez une personne âgée (tb digestifs, asthénie, soif, polyurie etc…)
Le iono urinaire est utile, il faut retenir les valeurs seuils
kaliurèse conservée > 15 mEq/l
natriurèse conservée > 10 mEq/l
suivi de régime hyposodé au cours du traitement pour HTA: Na urinaire/ 17= apports en NaCL en g/Jour ( 5 g /j recommandés)
L'Osmolarité plasmatique
- Est représentée par la concentration du sodium extra cellulaire qui est l'électrolyte qui exerce la plus forte activité osmotique:
- Osmolarité plasmatique = 2 x natrémie ( 272 à 288mOsm/l)
Sodium:
Hyponatrémie:
- < 136 mEq/l: modérée
- < 130 mEq/l: associée à des manifestations cliniques digestives (nausées vomissements) et neurologiques (céphalées, confusion, coma)
Circonstances des hyponatrémies:
- Déshydratation extra cellulaire (perte de poids, pli cutané sous claviculaire ou face interne des cuisses, hypotension, tachycardie orthostatique, soif perte de poids): diurétiques , perte digestives du sujet âgé
- Hyperhydratation intracellulaire ( dégoût de l'eau, nausées, vomissements, troubles neurologiques, crampes): insuffisance cardiaque, I rénale avancée, I hépatique (cirrhose avec décompensation œdémato- ascitique); les œdèmes déclives associés témoignent d'une hyperhydratation extra cellulaire associée)
Hyperhydratation intracellulaire ( dégoût de l'eau, nausées, vomissements, troubles neurologiques, crampes): insuffisance cardiaque, I rénale avancée, I hépatique (cirrhose avec décompensation œdémato- ascitique); les œdèmes déclives associés témoignent d'une hyperhydratation extra cellulaire associée)
Hypernatrémie (plus rarement observé en ville)
circonstances principales des hypernatrémies:
chez les patients n'ayant plus ou pas de régulation de l'eau par la soif:
- coup de chaleur du nourrisson (pertes cutanées en eau)
- personnes très âgées ayant des pertes digestives en eau non compensées ou une hyperglycémie non contrôlée (diurèse osmotique) etc…
- plus rarement: déshydratation cellulaire (soif, sécheresse muqueuse, fièvre, troubles neuro psychiques) au cours du diabète insipide par déficit ou insensibilité en ADH (pertes rénales en eau)
plus rarement: déshydratation cellulaire (soif, sécheresse muqueuse, fièvre, troubles neuro psychiques) au cours du diabète insipide par déficit ou insensibilité en ADH (pertes rénales en eau)
Intérêt de demander une natriurèse
- en cas de surcharge sodée :
- hypervolémie efficace physiologique ( bonne perfusion rénale en l'absence d'anomalie cardiaque ou hépatique): natriurèse appropriée > 10 mEq/l (urines de 24 H si possible)
- hypervolémie inefficace (cirrhose, I Cardiaque): natriurèse effondrée < 10 mEq/l, apparition d'œdèmes
- devant une hyponatrémie
- en cas de déshydratation extracellulaire :
- la natriurèse doit être effondrée < 10 mEq/l : la secrétion d'ADH est appropriée (volémie conservée devant une carence en sel)
- si signes de déshydratation extracellulaire avec natriurèse > 10 mEq/l: suspecter une prise cachée de diurétiques, une insuffisance surrénalienne ( rapport Na/K urinaire >1), une néphropathie tubulaire
- en cas d'hyperhydratation extracellulaire (prise de poids, œdèmes, HTA) une natriurèse > 10 mEq/l signe une volémie inefficace (IC, cirrhose)
- devant une hyponatrémie, en l'absence de signes de deshydratation ou hyperhydratation extracellulaire avec natriurèse > 10 mEq/l (volémie efficace): suspecter une secrétion inappropriée d'ADH
- Schwartz-bartter (paranéoplasique)
- AVC, tumeur, autre cause neurologique centrale
- Infection pulmonaire
- médicaments:
- butyrophenone (haldol®)
- phénothiazines (phenergan®, théralène®, largactil® etc..)
- antidepresseurs tricycliques
- certains antidepresseurs serotoninergiques
- chlorpropamide (diabinèse®)
- clofibrate (lipanthyl®)
- nicotine
- morphine
- carbamazepine (tegretol®)
- AINS,
- Vincristine
- Cyclophosphamide
Potassium
Normale: 3,5- 4,5 mEq/L
risque cardiaque si < 2,5 ou > 5,5 d'autant que la modification est rapide
circonstances où le dosage est utile:
- Surveillance d'une traitement (diurétiques, IEC)
- Troubles du transit (vomissements, diarrhées)
- Diabétique
- Insuffisant rénal
- Dénutrition
- Cardiopathie ischémique ou rythmique
- HTA:
- Causes des HTA et HYPOKALIÉMIE:
- néphropathies tubulaires avec fuite urinaire de K
- diurétiques
- glycérizine
- de Conn(hyperaldostéronisme primaire)
- Cushing
- HTA monogéniques( très rares )
- Causes des HTA et HYPERKALIÉMIE
- IEC
- Ara II
- diurétiques épargneurs de K
- Insuffisance rénale
- HTA réno-vasculaire
- HTA monogéniques
Intérêt du dosage de la kaliurie
Devant une hypokaliémie < 3,5 mEq/L
- kaliurie basse < 15 mEq/L: observée au cours des pertes digestives, prise de laxatifs, dénutrition avancée
- si kaliurie conservée > 15 mEq/L: suspecter principalement des pertes rénales (diurétiques ou hyperaldostéronisme)
si kaliurie conservée > 15 mEq/L: suspecter principalement des pertes rénales (diurétiques ou hyperaldostéronisme)
Chlore: quel intérêt?
Pas de signes cliniques
L' hyperchlorémie> 106 mEq/l
- accompagne l'hypernatrémie
- sinon au cours d'une acidose métabolique par perte digestives de bicarbonates
- ou au cours d'une acidose tubulaire..
L' hypochlorémie < 95 mEq/l
- accompagne l'hyponatrémie
- sinon au cours d'une alcalose métabolique par vomissements répétés ou diurétiques de l'anse: hypochlorémie, hypokaliémie et signes de deshydratation extracellulaire ( la chlorurie est alors basse < 10mEq/l )
- au cours d'une acidose respiratoire compensée par une réabsorption rénale de bicarbonates
au cours d'une acidose respiratoire compensée par une réabsorption rénale de bicarbonates
Les bicarbonates: quel intérêt en dehors des gaz du sang?
Bicarbonatémie: 95% du C02 dissous, normale: 27mEq/L
Trou anionique simplifié (sans le K):
Na - (Cl+ HCO3) = 12 + 4 mEq/L
Permet de suspecter un excès ou une carence d'anions ou de cations non dosés, rentrant en compte dans le maintien de l'équilibre acido-basique
- trou anionique < 8 mEq/L
- baisse des anions non dosés
- au cours des hypoalbuminémies sévères
- augmentation des cations non dosés
- hypercalcémie, hypermagnésémie
- intoxication au lithium
- myélome à IgG
- trou anionique > 16 mEq/L
- baisse des cations non dosés
- hypocalcémie, hypogammaglobulinémie
- augmentation des anions non dosés
- phosphates, lactates, pyruvates, cetoacides
- acido cétose diabétique
- urémie
Deshydratation extracellulaire (DEC):
signes biologiques :
- Hte > 50%
- Protidémie > 75 g/l
- Alcalose métabolique : ( Ph > 7,42 et HCO3- > 26 mmoles/l )
- ARP et aldostérone élevé ( mécanisme physiologique)
- Oligurie
- Natriurèse < 10 mmol/ l ( mécanisme physiologique)
- Si natriurèse conservée > 30 mmol/ l : évoquer une cause rénale à la DEC: diurétiques, insuff surrénalienne, néphropathie..
- Si Na/K urinaire > 1 hypoaldostéronisme ou pas de réponse rénale à l'aldo
- Créatinine plamatique élevé ( FG diminuée)
signes cliniques :
- pli cutané, hypotonie des globes oculaires
- HypoTA + tachycardie orthostatique
- Soif
- Perte de poids
Hyperhydratation extracellulaire (HEC):
signes biologiques :
- Na nle. ne pas se fier à Ht et Protidémie peu fiables dans ce contexte
signes cliniques :
- prise de poids
- HTA
- Oedèmes blancs, mous, prenant le godet
Causes
- I cardiaque
- Cirrhose ascitique
- Néphropathie avec rétention rénale de Na
- Hyper aldostéronisme primaire et secondaire
- HTA avec rétention rénale de Na
- Trop de sel chez un insuffisant rénal
Deshydratation cellulaire (HC):
signes biologiques :
- hypernatrémie
- ou autre facteur osmotique plasmatique ( si natrémie nle) : hyperglycémie importante, hyperazotémie
signes cliniques :
- soif
- sécheresse muqueuse
- fièvre, polypnée
- chute du poids
- symptômes neuro psy: torpeur, coma, réflexes vifs, convulsions
Hyperhydratation cellulaire (HC):
signes biologiques :
signes cliniques :
- troubles digestifs, dégout de l'eau , nausées vomissements
- symptômes neuro psy: crampes, soubresauts musculaires, confusion
SOURCES:
- Pr Simon - FMC Le quotidien du Médecin N°6973 septembre 2001
- Richet, Ardaillou; Amiel, Paillard Kanfer:Equilibre hydro-électrolytique normal et pathologique Baillière 1979