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SFTG PARIS-NORD

MAI 1995

LES GENERALISTES FACE A LA TUBERCULOSE

Dr. Henri PARTOUCHE, médecin généraliste

 

 

Bactériologie du BK

Les mycobacteries ont pour principale caractéristique d’être Acido-Alcoolo-résistantes (BAAR) grâce à leurs lipides de surface : après une difficile coloration en rouge par la fuchsine à chaud, elles restent colorées malgré l’action de l’acide ou de l’alcool ( méthode de Ziehl et Neelsen). D’autres colorations plus simples et plus rapides mais moins belles( auramine-rhodamine fluorescente) sont le plus souvent utilisées pour un diagnostic direct à l’examen microscopique des frottis de produits pathologiques.

Parmi les BAAR ou mycobactéries, ont un pouvoir pathogène naturel:

  • Mycobacterium tuberculosis principal agent de la tuberculose humaine, mais aussi très rarement M. bovis responsable d’une forme digestive ou ganglionnaire et dûe à l’ingestion de lait cru et M africanum répendu en Afrique centrale intermédiaire entre les deux.
  • Le BCG, qui est une forme atténuée du M bovis.
  • M leprae, responsable de la lèpre humaine.

Les autres BAAR sont les Mycobactéries atypiques habituellement saprophytes mais pouvant être responsables d’infections opportunistes. Parmi les 22 espèces isolées en bactériologie clinique, les 12 espèces principales pathogènes eventuelles sont : M kansasii, M xénopi, M avium, M avium intracellulare, M scrofulaceum, M ulcerans , M marinum, M szulgaï, M malmoënse, M chelonei, M simiae, M fortuitum.

Le BK est un bâtonnet immobile, incurvé, de2 à5 µ de long, aérobie stricte qui se développe lentement ( temps de génération =20H ) sur milieux enrichis (milieu solide de Loewenstein-Jensen à l’oeuf par exemple) Les colonies apparaissent en 2 à 6 semaines et ont un aspect classique en chou fleur.

M tuberculosis survit à l’intérieur des macrophages grâce à ses lipides de surface qui inhibent la fusion phagosome-lysosome.

Immunologie et histologie

Le phénomène de Koch est spécifique du BK : Chez l’hôte infecté, le BK induit une allergie avec hypersensibilité retardée à médiation cellulaire ( en 24 à 48H) utilisée pour l’IDR. Les antigènes responsables de cette allergie sont les antigènes protéiques du bacille qui , reconnus et présentés par les macrophages, activent les lymphocytes T (et leur expansion clonale) gardiens d’une immunité durable lymphocyte-T dépendante.Les lymphocytes immuno réactifs activent à leur tour des macrophages effecteurs de l’allergie.

Le BK détermine la formation,dans les tissus infectés,de lésions granulomateuses (expression de l’allergie tuberculinique), spécifiques de la maladie lorsqu’elles s’associent à la nécrose caséeuse

Histoire naturelle de la maladie

La contamination entraîne deux situations:

  • immunité cellulaire----> pas de maladie (90%)
    • (allergie tuberculinique)
    • (->extension régionale lymphatique(adénopathies)
  • maladie (10%)
    • foyer alvéolaire minime (extension locale)
    • extension systémique hématogène: miliaire meningite,localisations extra pulmonaires

Transmission aérienne par goutelettes infectées émises lors d’une toux ou d’une expectoration.

La contagiosité est fonction du nombre de BK émis , de la fréquence de la toux et de l’importance et du type de l’atteinte pulmonaire ( une caverne peut renfermer plusieurs millions de BK alors qu’une lesion caséeuse non liquéfiée (anaérobie) est pauci bacillaire). Le Bacille dessèché après évaporation des goutelettes peu rester dans l’air pendant de longues périodes. Mais il ne résiste pas aux UV et donc à l’air libre

. En pratique la contagiosité d’un malade est estimée par la recherche de BAAR au" direct" en sachant qu’il faut 5000 BK/ ml de produit pathologique pour qu’elle soit positive:

-maximale si 2 recherches successives positives

-nulle si 3 recherches successives négatives avec culture négative.

 

Tuberculose infection ( ou primo infection latente) définie par la réactivité cutanée .Asymptomatique le plus souvent . Chez l’enfant des images radiologiques de type lésion pulmonaire( chancre d’inoculation) + adénopathies hilaires sont habituelles.

 

Tuberculose maladie : fait suite dans 10% des cas à l’infection tuberculeuse.

  • soit immédiatement (5%)
  • soit après un délai variable (5%) risque plus grand dans les deux ans qui suivent l’infection

par réactivation endogènes ou après une surinfection exogène chez les malades ayant un terrain immunitaire et /ou nutritionnel favorisant. En l’absence de traitement elle évolue soit vers la mort ( 50% des cas), soit vers la guérison (25%), soit vers la chronicité (25%). Elle est à l’origine de la diffusion de la maladie.

 

Epidémiologie

En France c’est la DO, déclaration obligatoire sur papier ou par télématique ( logiciel BK) qui permet les études à la DGS.

Les critères d’inclusion sont les maladies ayant conduit à la mise en route d’une triple chimiothérapie, excluant les primo- infections sans localisation patente et les mycobactéries atypiques.

On utilise 3 indicateurs

  • 1) l’incidence de mortalité et de morbidité par tuberculose (nombre de nouveaux cas annuels pour 100 000 habitants)
  • 2)La prévalence de l’infection tuberculeuse dans la population générale. Elle eprésente le nombre de personnes ayant une cuti positive à un moment donné .C’est le meilleur indicateur du risque d’infection, mais il est inutilisable en France à cause du BCG.
  • 3)Le nombre de cas annuels de méningites tuberculeuses est l’indicateur utilisé en France pour décider du maintien ou non de la vaccination obligatoire par le BCG (en 1993 il y a eu 137 cas )

 

RESULTATS:

Il existe une augmentation confirmée du nombre de cas déclarés en 1992 et 1993 après une décroissance de plusieurs decennies et une stabilisation en 90 et 91:

  • 8646 cas en 1991( incidence=14,9 / 100 000) ;
  • 9220 cas en 1992 (+ 6,6%) (incidence=15,9 / 100 000);
  • 9987 cas en 1993 (+8,3%) (incidence=17,2 / 100 000).

En 1967 l’incidence des tuberculoses dans la population générale était de 81/ 100 000 avec un taux de mortalité de 11/ 100 000.

Les taux de mortalité liés à la tuberculose baissent globalement mais on observe cependant une hausse de décès chez les hommes jeunes.En 1993 le taux de mortalité était de 1,47/100 000

En France il existe de fortes disparités géographiques: les régions les plus touchées par la hausse sont la Guyane puis Paris et l’Ile deFrance ( 42% des cas délarés ) et la région PACA.

La tuberculose touche plus les hommes que les femmes ( 19,6 cas/100000 contre 12,1 cas/100000)

Chez les plus de 65 ans l’augmentation de l’incidence est forte (28,1/100000)

L’incidence reste faible chez les moins de 15 ans avec stabilité à 7/100000 chez les moins de5 ans et en hausse (3,5 /100000) chez les 5-14 ans. Les cas pédiatriques représentent à peu près 5 à 6% des cas de tuberculose.

Au niveau mondial la tuberculose va de pair avec pauvreté, certains pays ayant un incidence de 400 / 100 000. La moitié de la population mondiale serait infectée. 6% de décès à l’échelle mondiale sont dûs à la tuberculose.

Comment en finir avec la tuberculose?

Le rôle du medecin généraliste dans la lutte contre la diffusion de l’infection est essentiel : il doit (Objectifs de l’EPU)

 

  • Connaitre les goupes de population à risque
  • Diagnostiquer le plus précocement possible les tuberculoses maladies
  • Connaitre la conduite à tenir autour d’un cas de primo-infection ou de tuberculose maladie
  • Savoir dépister les tuberculoses-infections par l’IDR surtout chez les cas- contacts
  • Favoriser l’observance des traitement par une bonne connaisance des antituberculeux
  • Connaitre les moyens d’éviter la transmission aerienne (prévention à l’hôpital surtout)

1-Penser à la tuberculose chez les patients appartenant à une population à " risque élevé "

  • Personnes infectées par le VIH et immunodéprimés
  • Personnes nées dans un pays à haute incidence de tuberculose
  • SDF, enprisonnés, toxicomanes(les utilisateurs de crack toussent en lieux fermés), et toute personne en situation de précarité
  • Plus de 65 ans , hommes surtout.
  • Adultes jeunes masculins
  • Tous ces groupes en zône urbaine.

2-Rechercher les tuberculoses primaires latentes par la pratique de l’IDR :

2 1 -La primo infection tuberculeuse( PIT) est définie par une IDR positive en l’absence de BCG et très positive (virage) chez les vaccinés.

  • PIT latente : pas de symptôme dans 80-95% des cas après un an et 40 à 50% des cas avant un an.
  • PIT patente : signes cliniques et radiologiques présents

2 2-Pratique et interprétation de l’IDR:

La mesure de l’allergie tuberculinique se fait par l’injection intra dermique (peau d’orange au point d’injection) de 0,1ml tuberculine Merieux à 10 UI (actuellement seul disponnible depuis 1993 et correspondant à 2 UI de tuberculine OMS (RT23): on mesure le diamètre de la zone d’induration palpée 48 à 72h après l’injection.

L’interprétation est fonction des antecédents d’IDR, de BCG,et de la clinique;

On évoque une PIT dans les situations suivantes:

  • Patient asymptomatique non vacciné ayant eu une IDR dans les 2 ans:
    • IDR passant de 0 à >5mm
    • IDR passant de < à > 10mm et +10 mm de différence= virage
    • Patient asymptomatique vacciné ayant eu une IDR dans les 2 ans:
      • IDR augmentée de +10mm
    • Patient asymptomatique non vacciné n’ayant pas eu une IDR dans les 2 ans:
      • si IDR >10mm PIT probable

.

  • Faux positifs:
    • Les mycobactéries atypiques entrainent une IDR plate< 10mm. Cette reaction non spécifique est peu fréquente en Europe et fréquente dans les pays au climat chaud et humide.
    • Le BCG peut donner des IDR > 10mm mais souvent plates ( épaisseur non visible)

 

  • IDR négative?
    • Erreur technique: injection sous cutanée ou produit périmé
    • anergie
      • Chez 15% des patients ayant une tuberculose pulmonaire récente.
      • Chez 50% des patients ayant une milaire
      • Chez 30% des patient ayant une pleurésie tuberculeuse récente
      • Au cours d’une affection anergisante : VIH, Hodgkin. rougeole, coqueluche
      • Phase ante allergique de la PIT ( 3- 6 semaines)
      • Enfant de moins de 6 mois

Autres tests ?

  • Le monotest --> + si induration >2mm : trop peu spécifique.
  • Timbre--> + si 3 à 5 papules : erreurs par excès

 

2 .3-Quand proposer une IDR ?

  • 6 mois au moins après le BCG
  • Régulièrement chez l’enfant surtout entre 11 et 13 ans (perte de l’allergie vaccinale)
  • Chez les sujets à risque très régulièrement Fréquence?
  • Chez les sujets contacts d’une PIT ou d’une tuberculose
  • Lorsqu’on recherche une PIT ou une tuberculose sur des arguments radio-cliniques

 

3-Penser à la tuberculose primaire patente et demander des clichés pulmonaires:

Signes cliniques : plus fréquents chez l’enfant mais l’âge de survenue recule ( BCG, amélioration de l’habitat)

  • manifestations banales le plus souvent: fébricule, asthénie, anorexie , fléchissement de courbe de poids ---->IDR
  • typho-bacillose parfois:fièvre élevée à début brusque, splénomégalie puis fébricule
  • signes respiratoires: toux, dyspnée corticosensible , foyer pseudo pneumonique ( rare , chez les adolescents)
  • signes extra respiratoires: erythème noueux ,kératoconjonctivite phlycténulaire, tubercules choroidiens
  • adénopathie sous angulo maxillaire, ecrouelle

Toute suspition de PIT (IDR et/ou clinique) impose une RX PULMONAIRE F+P haute pénétration:

  • Le complexe ganglio- pulmonaire réalise l’image typique: énormes adénopathies latéro trachéales+ opacité du lobe moyen.
  • Mais toutes les adénopathies hilaires sont possibles.Elles laminent la trachée, la refoule.Chez l’enfant, elles représentent un risque mortel lorsqu’il y a brutale fistulisation dans la trachée.
  • Absence de paraléllisme radio clinique
  • en cas de doute ( opacités vasculaires) s’aider du scanner thoracique

 

4- Penser à la tuberculose maladie:

4 1-Dans sa forme commune pulmonaire.

Signes évocateurs:

  • Fébricule vespéral sueurs nocturnes
  • Toux persistante > 2 semaines
  • Hémoptysie , crachats hémoptoïques
  • Syndrome pleural

Y penser aussi devant :

  • Fièvre élevée d’allure isolée et prolongée
  • Amaigrissement, anorexie
  • Modification des symptômes chez un bronchitique chronique++
  • Episodes pseudo grippaux répétés
  • Pneumopathie avec atteinte préférentielle des segments apicaux postérieurs des lobes supérieurs et les segments supérieurs des lobes inférieurs ( posture et concentration alvéolaire supérieur en oxygène)
  • Toute pneumopathie qui résiste à un traitement antibiotique bien conduit++++

 

4 2- Formes extra pulmonaires de la tuberculose ( 35% des cas en 1993)

- adénites cervicales: écrouelles

surtout sous maxillaires, élastiques,indolores++

chez l’enfant M scrofulaceum et M avium intracellulare sont également responsables d’écrouelles

-pleurésie avec épenchement unilatéral, exsudatif, proteines> 3g/dl

rechercher des granulomes à la biopsie

-tuberculose uro génitale

pyurie hématurie microscopique et uroculture stérile

penser à la recherche du BK à l’uroculture

-pericardite

diagnostic difficile nécessitant parfois une thoracotomie pour biopsie .Fréquent diagnostic tardif au stade de péricardite chronique constrictive

- péritonite avec épenchement exsudatif

- laryngite et bronchite souvent avec tuberculose pulmonaire très avancée très contagieux

-la miliaire tuberculeuse résulte d’une diffusion hématogène diffuse :

  • fièvre inexpliquée; anémie ; splénomégalie; peu d’AEG
  • évolution fulminante chez l’enfant et chez les patients préalablement malade.
  • signes radiographiques tardifs ( 4 à 6 semaines)+++
  • biopsie trans bronchique ou hépatique
  • anergie fréquente (médiée par des monocytes à fonction suppressive) ; allergie restaurée après amélioration sous traitement

- tuberculose osseuse

  • mal de Pott : surtout colonne dorsale
  • érosion antérieure des corps vertébraux - >gibbosité et possibilité de compression médullaire associée aux abcès froids paravèrtébraux
  • tuberculose méningée
  • signes méningés + atteinte des paires craniennes( distribution basilaire de l’infection) LCR= lymphocytose, glucose bas, protéinorachie .
  • associée dans 50% des cas à des signes radiologiques pulmonaires

- tuberculose oculaire

Kératite phlycténulaire+ (allergie); Choriorétinite(diag difficile)

- tuberculose et peau

  • lupus tuberculeux (biopsie)
  • érytème noueux non spécifique

 

-tuberculose et VIH

  • survient chez 50% des patients préalablement infectés (réactivation endogène)
  • précède les autres affections opportunistes de 3 mois contrairement au M. avium intracellulare qui survient en fin d’évolution du SIDA.
  • plus les CD4 sont bas plus la tuberculose est atypique
  • 60% ont un maladie extra pulmonaire et pulmonaire
  • l’anergie indique un haut risque de faire une tuberculose
  • évaluation de la chimioprophylaxies en cours

 

5-Reconnaitre la tuberculose sur une radiographie des poumons

  • Clichés en lordose pour mettre en évidence les apex
  • complexe ganglio-pulmonaire de la PIT
  • infiltration multinodulaire des lobes supérieurs et des segments supérieur des lobes inférieurs
  • Présence d’excavations, de cavernes
  • Epenchement pleural
  • lésion nodulaire satellite _ cancer--> scanner
  • Calcifications séquellaires de tuberculoses anciennes( os de seiche)

 

6 - Confirmer le diagnostic par les examens bactériologiques:

  • Diagnostic direct par la recherche de BAAR sur 3 echantillons successifs de frottis de produits pathologiques( crachats ou tubage gastrique le matin à jeûn, voire lavage broncho alvéolaire) à l’examen microscopique. Une étude prolongée des lames est nécessaire+++. faible rentabilité en cas de tuberculose pulmonaire minime (30%). La découverte d’un BAAR au direct ne peut permettre d’affirmer le diagnostic de tuberculose
  •  
  • Culture: Elle permet en différenciant le BK des mycobactéries atypiques de confirmer le diagnostic et de faire un antibiogramme. L’amélioration des milieux devrait racourcir les délais. L’utilisation de techniques radiométriques( C14 sur substrat et lecture de CO2 dégagé par les Bk) racourcit la détection de croissance de BK à 2 semaines.(BACTEC)
  •  
  • Sérologie ELISA : n’existe pas en routine.Pas assez spécifique à cause des M.atypiques. Intérêt chez l’enfant et en cas de tuberculose extra pulmonaire.
  •  
  • PCR: resultats en 24h mais moins sensibles que la culture. Cette technique doit être améliorée mais elle peut être utile si BAAR au direct chez un patient VIH+ pour différencier BK de M atypique.

7- connaitre les thérapeutiques actuelles

7- 1- Le BCG :

  • Souche atténuée de M Bovis utilisées dès 1921 .Obigatoire (depuis 1948) avant l’âge de 6 ans ou plus tôt si entrée en collectivité ou si environnement à risque.
  • Monovax ou ID 0,1ml chez l’adulte et l’enfant de plus d’un an et 0,05ml en desous de un an ( diluer).
  • Ne faire que deux vaccins maxi si tests de contrôle négatifs
  • Vaccin vivant donc contre indiqué chez les immunodéprimés Chez les enfants de mères VIH+ : avant un an pas de BCG
  • après un an BCG sauf si SIDA avéré
  • Sûr mais dont l’efficacité est controversée , évaluée à 80% sur toutes les formes chez les non immunodéprimés. Elimine plus de 80% des formes disséminées mortelles.La recherche actuelle porte sur des vaccins non vivants et plus immunogènes.
  • Durée de protection de 15 ans environ
  • Penser à revacciner les pré adolescents IDR (-)

 

 

7 2-Chimiothérapie et chimioprophylaxie

7- 2- 1-les principaux médicaments actifs sur le BK

Nom et présentation

effet

posologie

risques et toxicité

isoniazide

RIMIFON

cp à 50 et 100 mg non sécables

bactéricie

300 mg par jour

(5-7 mg par kg et jour)

hépatite

neuropathie périph

fièvre médicamenteuse

rifampicine

RIFADINE

RIMACTAN

gélules 300 mg

sirop 100mg/5ml

Bactéricide 600 mg par jour (10 à15 mg par kg et jour)

hépatites

syndrome pseudo grippal

thrombopénie

inducteur enzymatique

pyrazinamide

PYRILENE

cp sécable 500 mg

Bactéricide 20 à 30 mg par kg et jour

hépatites

hyperuricémie

streptomycine

Injectable

Ampoules 1 g

Bactéricide 0.75à 1 g/j (15 mg par kg et jour)

surdité

vertiges

insuffisance rénale

ethambuthol

MYAMBUTHOL

cp sécables 400 mg

Bactériostatique 15 à 20 mg par kg et jour NORB

autres médicaments actifs et utilisables

PAS acide para amino salycilique :diarrhées, hépatites, allergies

Ethionamide: hépatites

Cyclosérine: convulsions, tb psychiatriques

Thiocétazone( bon marché): hépatites dermatites

 

Autres aminosides : kanamycine, capréomycine, Viomycine. oto et néphrotoxiques

En cours d’essai

Fluoro quinolones, Rifabutine, Clofazimine,Pénèmes

 

7 2 2-Les protocoles:

règles essentielles

  • 1-Les associations sont obligatoires pour éviter les résistances et atteindre les trois types de population bacillaire: intracellulaire, intracaséeuse et extracellulaire( la plus nombreuse)
  • 2-tout doit être fait pour retrouver un BAAR avant traitement
  • 3- prise unique quotidienne et traitement long( division lente du BK).Il existe des associations fixes : Rifater (120mg de rifampicine,50mg d’INH,150mg depyrazinamide) et Rinifah (300mg de rifampicine et 150mg d’INH).

 

Principaux protocoles de chiomithérapie anti tuberculeuse

OMS 1988

  • INH+Rifampicine+ pyrazinamide : 2mois
  • INH+Rifampicine: 6 mois au total

DGS 1987(recommandé en FRANCE)

  • INH+Rifampicine+ pyrazinamide+éthambutol : 2mois
  • INH+Rifampicine: 6 mois au total

Société de pneumologie française 1984

  • INH+Rifampicine+éthambutol : 2mois
  • INH+Rifampicine: 9 mois au total

Principaux protocoles de chimioprophylaxie

  • INH 9 mois
  • INH+ rifampycine 6 mois (OMS)
  • Rifampycine+ pirazinamide 2 mois (en cours d’évaluation)

8- Surveillance+bonne observance= succès thérapeutique

8 1-Bien informer le patient de

  • l’intérêt de la longueur et de la prise unique
  • l’intérêt d’une surveillance clinique régulière
  • des principaux effets secondaires à signaler tout de suite: ictère; troubles visuels ; goutte; rash cutané

8 2 -Tenir compte des interactions médicamenteuses

La rifampicine est un inducteur enzymatique-->! attention ! oestro progestatifs AVK, stéroides, BB- ,digitaliques Théophylline etc...

8 3-Bilan et surveillance:

  • Rythme:consultation 2 fois le premier mois puis tous les mois ensuite
    • une amélioration des symptômes est obtenue en 2 semaines
  • BK crachats+ culture 2° 4° et 9°mois
    • la contagiosité devient nulle en deux semaines ( BK cultures (-) des BAAR morts au direct)
  • RX 1° 3° 6° et 9°mois
    • le nettoyage des infiltrats radiologiques se fait entre le 2° et le 4° mois
  • Biologie:2 fois le premier mois puis tous les 2 mois ensuite
    • transaminases. modification si >6N.La toxicité hepathique de l’izoniazide est réversible dès l’arrêt du traitement
    • Créatinine plasmatique avant traitement .poso diminuée si IR
    • uricémie.Pas d’arrêt du pirazinamide si goutte
    • NFS plaquettes 8° jour puis tous les 2 mois.Rechercher un purpura
    • Proposer une sérologie HIV
  • Bilan ophtalmologique : avant traitement par éthambutol puis le 2° mois puis une fois par mois
    • vision des couleurs, acuité et champ visuel , potentiels évoqués si doute.
    • nevrite optique rare avant deux mois de traitement ( 0,5-1,8% après)
  • Bilan ORL si sreptomycine
  • Neuropathie périphérique
    • aggravation d’une carence préexistente en B6 par l’izoniazide: insuffisants hépatiques , malnutris , personnes âgées, femmes enceintes----->Pyridoxine
    • En l’absence de neuropathie 10mg/ j ( mais 1cp de Bécilan°=250mg)
    • En présence de neuropathie 100-200mg/ j mais attention à l’effet neurotoxique de la B6
  • Femmes enceintes: isoniazide sans danger en assocition avec l’éthambutol qui est le moins toxique. Le protocole classique peut être utilisé associé à la vitamine B6 à petite doses(4-10 mg / j) et la VitK (20mg / j) le dernier mois ainsi qu’au nouveau né.
  • Enfants
    • ne pas prescrire l’éthambutol avant 5 ans (incapacité de rapporter les troubles visuels)
    • eviter la sreptomycine
  • Patients infectés par le VIH
    • Le protocole doit être prolongé. Fréquence des rash cutanés

9-Prévenir de la transmission du BK en lieux de soins

  • isolement aérien par chambre individuelle à pression négative / environnement
  • Evacuation de l’air vers l’extérieur
  • Pas plus de 6 échange d’air par heure
  • Lampes à ultraviolets et filtres à air
  • utilisation de masques à forte adhésion sur le visage
  • Surveillance du personnel par IDR
  • Permet de lutter contre la transmission des BK multirésistants primaires

 

10-Dépistage des sujets contacts :investigations autour d’un cas de tuberculose

Evaluer la contagiosité du contaminateur

  • ( maxi si 2 BK crachats succeccifs +)
  • 50% des enfants de 0 à 14 ans vivant au foyer d’un contaminateur BK crachats (+) sont contaminés. 5% si BKcrachats (-) et culture (+).

 

analyser l’environnement du contaminateur

  • procéder en cercles concentriques depuis les contacts étroits puis réguliers jusqu’aux contacts occasionnels
  • Tenir compte des facteurs de risque :
    • âge: moins de 5 ans, adolescents
    • pathologies: diabète alcoolisme malnutrition immunosuppresseurs
    • infection à VIH
  • Tenir compte des facteurs protecteurs:
    • BCG
    • tuberculose ancienne

Chez les enfants de moins de 5 ans et chez les immunodéprimés

----> RX systématique( IDR peu rentable)

 

IDR systématique chez tous les contacts et bilan radio-clinique

  • si signes clinico-radiologiques :isolement respiratoire- recherche de BAAR et traitement
  • pas de signes clinico-radiologiques:
    • IDR> 20mm ou phlycténulaire------>chimioprophylaxie surtout chez les jeunes
    • IDR> 10mm sans références antérieures ni vaccins----->chimioprophylaxie à discuter
    • Dans les autres cas sans références antérieures (IDR<10 OU < 20 si vaccin) refaire une IDR DEUX MOIS plus tard en recherchant un virage sans attendre pour traiter chez l’enfant ou l’immunodéprimé
  • Si références antérieurs dans les deux ans ,chimioprophylaxie si:
    • virage de cuti : (0-->5mm ou augmentation de +10mm)
    • IDR> 10mm ou co morbidité ou nourrisson ou risque ++
    • IDR> 5mm si VIH+
    • IDR=O si VIH+ et CD4< 500 et multitest (-)

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