PLAN
- Asthme
- embolie pulmonaire
- accident allergique aigu
- syndrome coronarien aigu
- infarctus du myocarde
- urgence hypertensive
- agitation
PRESENTATION
L’objet de cette réunion a pour but d’aborder certaines situations potentiellement urgentes que peut rencontrer le praticien en cabinet ou en consultation à domicile et de répondre aux questions suivantes :
- Dans quels cas faut-il adresser le patient à un service d’accueil des urgences ?
- Quelle doit être la conduite à tenir par le médecin généraliste et les premiers soins à apporter au patient dans l’attente du transfert ?
URGENCES RESPIRATOIRES :
- asthme
- embolie pulmonaire
- accident allergique aigu et choc anaphylactique
URGENCES CARDIOVASCULAIRES
:
- angor instable
- infarctus du myocarde
- poussée hypertensive
URGENCES PSYCHIATRIQUES :
- état d’agitation
état d’agitation
CRISE D’ASTHME
La prévention de la maladie asthmatique repose avant tout sur l’appréciation objective de la sévérité de la maladie au long cours et sur la reconnaissance précoce des exacerbations, définies comme des épisodes d’aggravation rapidement progressive d’un ou plusieurs symptômes de l’asthme (toux, oppression thoracique, sifflements, dyspnée), caractérisée par la baisse du débit expiratoire et quantifiable par la mesure du débit expiratoire de pointe (DEP) ou peak-flow.
Cependant l’intensité des symptômes précède habituellement la diminution des débits aériens.
La mortalité et la morbidité liées aux exacerbations sont souvent associées à un manque de reconnaissance de la sévérité de l’exacerbation, à une prise en charge initiale inadaptée ou à un traitement insuffisant.
L’augmentation de la consommation quotidienne de bêta–2–agonistes inhalés de courte durée d’action est le meilleur indice d’instabilité.
La mesure de la fonction respiratoire est impérative devant toute crise d’asthme inhabituelle, résistante au traitement usuel ou présentant de signes cliniques de gravité
Le débitmètre portable doit faire partie de la trousse d’urgence de tout médecin.
Gravité d’une exacerbation d’asthme
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légère |
modérée |
grave |
| dyspnée |
A la marche
Le patient peut s'allonger |
A la parole
Le patient préfère être assis |
Au repos
Le patient est penché en avant |
| discours |
Phrases possibles |
Expressions |
Mots |
| vigilance |
Agitation possible |
Agitation possible |
Agitation fréquente |
| FR |
augmentée |
augmentée |
> 30 / minute |
| FC |
< 100 / minute |
> 100 / minute |
> 120 / minute |
| sifflements
DEP après Tt bronchodilatateur |
Modérés |
Forts |
Forts |
| DEP après Tt bronchodilatateur |
> 80 % de la valeur théorique ou de la meilleure performance du patient |
60 - 80 % de la valeur théorique ou de la meilleure performance du patient |
< 60 % de la valeur théorique ou de la meilleure performance du patient |
| SaO2 en AA |
> 95 % |
91-95 % |
< 90 % |
| GDS en AA |
PaO2 normale et
PaCO2 < 45 mmHg |
PaO2 > 60 mmHg et
PaCO2 < 45 mmHg |
PaO2 < 60 mmHg et PaCO2 > 45 mmHg |
Tout patient présentant un DEP < 30 % de la valeur théorique ou de la meilleure performance optimale présente un asthme aigu grave menaçant son pronostic vital à court terme, imposant une hospitalisation en urgence le plus souvent après une prise en charge préhospitalière médicalisée.
Il convient de rappeler qu’une exacerbation sévère voire un asthme aigu grave peut survenir quel que soit le stade de sévérité de l’asthme.
Profil de l’asthmatique à risque d’asthme mortel :
- conditions socio-économiques défavorables, précarité
- difficulté d’accès aux soins
- intubation précédente pour un AAG
- hospitalisations ou consultations répétées aux urgences dans l’année précédente
- hospitalisation ou consultation répétée aux urgences dans le mois précédent
- pneumothorax ou pneumomédiastin au cours d’un AAG
- maladie cardiaque ou respiratoire sévère associée
- corticothérapie orale au long cours
- intolérance à l’aspirine ou aux AINS
- mauvaise perception de l’obstruction bronchique
- non compliance au traitement ou aux RDV en consultation
- déni de la maladie, poursuite du tabagisme, corticophobie
- maladie psychiatrique ou troubles psychologiques graves
Circonstances imposant un recours immédiat aux secours médicalisés pour transfert rapide à l’hôpital.
- Patient à haut risque d’asthme mortel
- Exacerbation sévère : DEP < 60 % de la théorique ou de la meilleure valeur du patient après recours adéquat aux béta-2-agonistes de courte durée d’action
- Réponse aux broncho-dilatateurs non rapide ou pas assez durable (< à 3 heures)
- Absence d’amélioration dans les 2 à 6 heures suivant l’instauration d’une corticothérapie orale
- Aggravation ultérieure
CAT par le médecin face à un patient présentant une exacerbation modérée ou grave
Administration de béta-2-agonistes de courte durée d’action par voie sous-cutanée (salbutamol ou bricanyl : 0,5 mg dans une ampoule de 1 ml) ou inhalée via une chambre d’inhalation (salbutamol : bouffées à 100 µg ; bricanyl bouffées à 250 µg ; 2 à 4 bouffées répétées toutes les 5 à 10 minutes si besoin)
Administration de 60 mg de Cortancyl ou de 3 cp de Médrol 16
Appréciation de l’efficacité du traitement par la mesure répétée du DEP dans l’attente de l’arrivée des secours
Signes de gravité définissant l’asthme aigu grave
- patient assis, penché en avant
- difficulté à parler, à tousser
- tachypnée (FR > 30 cycles / minute)
- cyanose, sueurs
- silence auscultatoire
- contraction des sterno-cléido-mastoïdiens, respiration abdominale paradoxale
- FC > 120 / minutes
- Anxiété, agitation
- DEP < 30 % de la théorique
- PaCO2 > 40 mmHg
Signes d’alarme faisant craindre une mort imminente
- troubles de la conscience, somnolence, coma
- pauses ou arrêt respiratoire
- hypercapnie > 50 mmHg
CAT par le médecin face à un patient présentant un asthme aigu grave
L’hospitalisation est systématique devant tout asthme aigu grave au domicile, quelle que soit la réponse au traitement initial.
Le médecin surveille et évalue l’efficacité du traitement dans l’attente du transport médicalisé par une équipe spécialisée.
Administration de béta-2-agonistes de courte durée d’action par voie inhalée :
Le médecin administre 2 à 4 bouffées de salbutamol toutes les 5 à 10 minutes avec une chambre d’inhalation ou 2 à 4 bouffées de bricanyl sous forme de poudre à 15 minutes d’intervalle.
Pour obtenir une efficacité optimale, il convient de faire respirer le patient normalement dans la chambre d’inhalation et de délivrer 1 à 2 bouffées de bronchodilatateur à la fois, en répétant les prises toutes les 5 minutes.
La voie sous-cutanée (salbutamol ou bricanyl : 0,5 mg dans une ampoule de 1 ml) peut également être utilisée, avec possibilité de renouveler l’injection après 20 minutes en cas de besoin
En urgence, il n’existe aucune limitation à l’utilisation de béta-2-agonistes pour traiter un AAG tant que persistent les difficultés respiratoires.
Administration de corticoïdes systémiques : Administration de 60 mg de Cortancyl ou de Solumédrol 120 mg IV
L’utilisation des corticoïdes potentialise l’effet bronchodilatateur des béta-2-agonistes dans les heures qui suivent et diminue le risque de dégradation secondaire.
La corticothérapie ne constitue pas le traitement d’urgence de la crise d’asthme et ne doit pas être conduite isolément en raison de son délai d’action.
Toute prescription à visée sédative est formellement proscrite.
Le transport vers la structure hospitalière la plus proche doit être médicalisé via le SAMU.
STRATEGIE DIAGNOSTIQUE AU CABINET MEDICAL DEVANT LA SUSPICION D’UNE EMBOLIE PULMONAIRE
L’embolie pulmonaire reste un diagnostic difficile à établir. En effet, il faut rappeler que la radiographie pulmonaire est souvent normale, que les signes ECG se résument le plus souvent à une tachycardie sinusale, voire même à la normalité de l’ECG. Les signes classiquement décrits de S1Q3 sont rares et non spécifiques. Enfin, 25 % des patients atteints d’une embolie pulmonaire ont des gaz du sang normaux.
Facteurs de risque +++
- Chirurgie < 3 mois, traumatisme, immobilisation
- ATCD thromboemboliques veineux
- Cancer
- Déficit moteur
Facteurs de risque ++
- Varices
- Insuffisance cardiaque
- Grossesse, contraception oestroprogestative, traitement hormono-substitutif
- Obésité
- Voyage prolongé > 6 heures
Facteurs de risque +++ mais rares :
- Syndrome nephrotique, Maladie de Behcet, Lupus,
- Anomalies connues de la coagulation
CLINIQUE :
- La douleur thoracique peut être de type pleurale (parfois rétrosternale ou projetée à l’épaule ou à l’HCD), de type pseudo angineuses, de l’HCD ou de l’HCG. La reproductibilité à la palpation n’élimine pas l’EP ; une douleur thoracique inexpliquée évoque l’EP
- La dyspnée peut être brutale mais parfois progressive : dans le doute, évoquer l’EP
- La polypnée, et la tachycardie sont fortement évocatrices
- L’hémoptysie est inconstante, de même que les signes de TVP
- La clinique peut être trompeuse : notion d’une fièvre, de frissons, de lipothymies, d’une syncope
- L’auscultation est souvent normale, on note parfois un foyer de crépitants. L’examen clinique peut être normal : c’est la discordance entre les symptômes respiratoires et un examen clinique normal qui font évoquer le diagnostic
Le tableau pseudo-pneumonique marqué par l’association d’une douleur thoracique, d’une fièvre, de frissons, d’un foyer clinique ou radiologique. L’embolie pulmonaire est à évoquer en l’absence d’évolution favorable sous traitement antibiotique, dans un contexte favorable à la survenue d’une EP (hémoptysie, signes cliniques de TVP, signes radiologiques …)
Les gaz du sang : Si l’effet shunt (hypoxémie, hypocapnie) est souvent associé à l’embolie pulmonaire, 25 % des gazométries sont normales. L’hypercapnie est exceptionnelle sauf chez les patients BPCO ou présentant une douleur pleurale intense. IL N’Y A AUCUNE SPECIFICITE DES GDS.
L’ECG : La tachycardie sinusale est le signe le plus fréquent ; néanmoins, l’ECG est souvent normal. Les signes de S1Q3, de BBD, de T<0 en précordial droit sont des signes de prépondérance du VD : ILS NE SONT NI SENSIBLES, NI SPECIFIQUES
La radiographie pulmonaire : Elle élimine d’autres diagnostics, elle est parfois normale. Les signes radiologiques les plus fréquents sont la surélévation diaphragmatique, l’atélectasie en bande, l’émoussement du CDS pleural, la présence d’une opacité périphérique à base pleurale (infarctus de Laennec).
La discordance radio-clinique ou radio-gazométriques est fortement évocatrice d’une EP.
D DIMERES : Le taux normal < 500 µg / l. Le taux augmente avec l’âge, le cancer, l’IDM, l’AVC, le post-opératoire, les infections graves, la grossesse, le polytraumatisme.
La stratégie diagnostique devant la suspicion d’une embolie pulmonaire dépend donc en premier lieu de la probabilité clinique chez le patient d’avoir une EP. 2 scores permettent d’établir le degré de probabilité clinique de l’EP.
SCORE DE WICKI ou de GENEVE:
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ATCD de Thrombose veineuse profonde ou d’embolie pulmonaire
|
+2 |
|
Pouls > 100
|
+1
|
|
Chirurgie récente
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+3
|
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Age : 60-79 ans
|
+1
|
|
Age >=80 ans
|
+2
|
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PaCO2 < 4.8 kPa
|
+2
|
|
PaCO2 : 4.8 - 5.19 kPa
|
+1
|
|
PaO2 : < 6.5 kPa
|
+4
|
|
PaO2 : 6.5 - 7.99 kPa
|
+3
|
|
PaO2 : 8-9.49 kPa
|
+2
|
|
PaO2 : 9.5 - 10.99 kPa
|
+1
|
|
Atélectasie
|
+1
|
|
Surélévation d’une coupole diaphragmatique
|
+1
|
Interprétation: Probabilité clinique
- Faible : 0 - 4
- Moyenne : 5 - 8
- Forte : >= 9
SCORE DE WELLS :
|
Atcd de TVP ou EP
|
+1.5 |
|
Pouls > 100
|
+1.5
|
|
Chirurgie / immobilisation récente
|
+1.5
|
|
Signes de TVP
|
+3
|
|
Hémoptysie
|
+1
|
|
Cancer
|
+1
|
|
Diagnostic alternatif moins probable que l’EP
|
+3
|
Interprétation: Probabilité clinique
- Faible : 0 - 1
- Moyenne : 2 – 6
- Forte : >= 7
SUSPICION D'EP : DEMARCHE DIAGNOSTIQUE
- La suspicion clinique est faible:
- effectuer un dosage des D Dimères par méthode ELISA
- Les D dimères sont <500 mcg par litre
- le diagnostic d'embolie pulmonaire est exclu
- Les D dimères sont >500 mcg par litre
- Transfert en milieu hospitalier
- réalisation d'un écho doppler des MI
- Existence d'une phlébite:
- Pas de phlébite:
- réaliser un angio scan ou une scinti pulmonaire
-
La suspicion clinique est forte:
- Transfert en milieu hospitalier
- réalisation d'un écho doppler des MI
- Existence d'une phlébite:
- Pas de phlébite:
- réaliser un angio scan ou une scinti pulmonaire
Echographie veineuse de compression : L’absence de thrombose veineuse proximale n’élimine pas l’EP. La réalisation de l’écho-doppler veineux des membres inférieurs ne doit pas retarder la réalisation des autres examens d’investigations visant à éliminer de façon formelle une embolie pulmonaire.
PAS DE D DIMERES SI LA PROBABILITE CLINIQUE EST FORTE OU S’IL N’Y A PAS D’ARGUMENTS POUR UN DIAGNOSTIC ALTERNATIF: transfert au SAU pour une imagerie
ACCIDENT ALLERGIQUE AIGU
Il peut aller de la simple urticaire géante à l’œdème de Quincke (œdème du visage)
Notion d’un bronchospasme dans 40 % des cas surtout en cas d’hyperréactivité bronchique
Signes cliniques de gravité :
- Œdème de Quincke avec œdème de la luette, de la langue et des tissus sous cutanés, modification de la voix signant un œdème laryngé,
- dyspnée inspiratoire, sibilants à l’auscultation pulmonaire
- hypotension, choc anaphylactique
LA SURVEILLANCE DE LA TA EST PRIMORDIALE EN CAS D’ACCIDENT ALLERGIQUE AIGU +++
CONDUITE A TENIR AU CABINET
- ARRET DE L’ADMINISTRATION DU PRODUIT RESPONSABLE DANS TOUT LES CAS
- En cas d’urticaire géante :
- POLARAMINE 1 AMPOULE IV si possible ou administration per os d’un antihistaminique type ZYRTEC
- SOLUMEDROL 1 mg/kg (ampoule de 120 mg) si possible ou administration per os de CORTANCYL 60 à 100 mg
Toute situation allergique avec œdème des muqueuses et des tissus sous-cutanés impose une surveillance de quelques heures en milieu hospitalier, même en situation de régression des signes cliniques.
- APPEL SAMU :
- Si signes respiratoires (dyspnée inspiratoire, sibilants à l’auscultation), œdème de la luette, de la langue…
- Si hypotension
- En association aux mesures décrites ci-dessus :
- Ne pas allonger le patient
- Bricanyl 1 ampoule en sous –cutané ou B2 adrénergiques inhalées dans une chambre d’inhalation
- Remplissage par sérum physiologique 500 cc en 30 minutes si hypotension
- ADRENALINE si échec du remplissage :
- 1 ampoule de 1 mg diluée dans 10 cc de sérum physiologique, soit 0.1 mg / cc : 0,1 mg par 0,1 mg toutes les 1 à 2 minutes en IV ou 0,25 à 0,30 mg en sous-cutané, à renouveler selon la réponse clinique toutes les 5 minutes. Surveillance ECG et de la pression artérielle
- A distance de l’épisode :
- Information du malade
- Prescription d’un kit d’Anahelp*
CONDUITE À TENIR DEVANT UN SYNDROME CORONARIEN AIGU
DEFINITION :
II s'agit d'une entité clinique regroupant plusieurs situations exposant à court terme au risque d'IDM ou de mort subite :
- Angor de novo, d’effort ou de repos
- Angor crescendo,
- Angor de repos, dont l'angor de Printzmetal,
- Angor précoce post IDM,
- Ischémie indolore (anomalies électriques de type ischémique sans symptôme)
Les syndromes coronariens aigus comprennent:
- les angors instables proprement dits, sans élévation des enzymes cardiaques.
- L'IDM sans onde Q pour lesquels il existe une élévation (même minime) de la troponine voire des CPK.
Les signes ECG: Sont très évocateurs:
- un sous décalage du segment ST > 1 mm, dans deux dérivations contiguës
- une inversion symétrique marquée des ondes T dans plusieurs dérivations précordiales.
- un sus-décalage transitoire de ST,
- une anomalie de repolarisation des ondes T, une repositivation d’ondes T initialement négatives sur l’ECG de référence.
Se méfier toujours: un ECG normal, surtout hors douleur, n'écarte pas le diagnostic.
C’est souvent la conjonction des éléments de l’interrogatoire, de la présence de facteurs de risque, des ATCD personnels et familiaux du patient, et des caractéristiques de la douleur (topographie, intensité, mode de déclenchement…) qui permettront d’évoquer le diagnostic.
Il n’y pas d’indication de demander en ville un dosage des CPK et de la troponine car la normalité du bilan n’élimine pas le diagnostic, et le retard de la prise en charge thérapeutique peut être potentiellement délétère.
LE PATIENT EST CONSIDERE COMME AYANT UNE PROBABILITE FAIBLE D'ANGOR INSTABLE : ( douleur atypique, pas de modification électrique à l’ECG de repos…)
- Transfert en ambulance dans un service d’accueil des urgences pour surveillance clinique, ECG répétés, cycle enzymatique +/- hospitalisation en cardiologie pour surveillance
- Pas de traitement au cabinet dans l'immédiat
- En hospitalisation, surveillance clinique, électrique et enzymatique rapprochées et réalisation éventuelle d’une épreuve d'effort +/- scintigraphie myocardique dans les 24-48 heures.
LE PATIENT EST CONSIDERE COMME AYANT UNE SUSPICION CLINIQUE FORTE D'ANGOR INSTABLE (douleurs typiques, TNT sensibles, facteurs de risque cardio-vasculaires ++, insuffisance coronarienne connue, épisodes répétés au repos, modifications électriques par rapport à l’ECG de référence…)
- INDICATION A UN TRANSFERT EN USIC VIA LE SAMU
- AUCUN EXAMEN COMPLEMENTAIRE NE DOIT RETARDER LA PRISE EN CHARGE.
- TRAITEMENT AU CABINET :
- Aspirine : 250 à 500 mg en IVD ou per os
- HBPM : Lovenox 100 UI/kg soit 0.10 ml/10 kg, en SC
- Plavix : 4 cp de charge (étude CURE)
- Béta-bloquant : per os, par exemple: ½ cp de Ténormine 50 mg ou de Sectral 200 mg en l’absence de contre-indications , si fréquence cardiaque > 60 / minute.
- Patch de TNT 10 mg
CONDUITE À TENIR DEVANT UN INFARCTUS DU MYOCARDE
CRITERES DE DIAGNOSTIC PRECOCE :
- douleur thoracique de type angineuse, intense, prolongée > 20 minutes ;
- résistante à la TNT,
- avec des signes ECG persistants : sus-décalage du segment ST (> 1 mm dans les dérivations standards et > 2 mm dans les dérivations précordiales), dans au moins 2 dérivations contiguës (dans un même territoire), avec image en miroir dans le territoire opposé.
Ces signes doivent être tous présents afin de ne pas négliger une éventuelle péricardite ou une dissection thoracique, dont l’utilisation d’antiagrégants plaquettaires et d’anticoagulants sera extrêmement préjudiciable pour le patient.
- INDICATION A UN TRANSFERT EN USIC EN URGENCE VIA LE SAMU
- AUCUN EXAMEN COMPLEMENTAIRE NE DOIT RETARDER LA PRISE EN CHARGE
- PAS D’INJECTION PAR VOIE INTRAMUSCULAIRE
- TRAITEMENT AU CABINET EN PRESENCE D’UN IDM ANTERIEUR DANS L’ATTENTE DU SAMU:
- Aspirine : 250 à 500 mg en IVD ou per os
- HBPM : Lovenox 100 UI/kg soit 0,1 ml/10 kg, en SC
- Plavix : 4 cp de charge
- Analgésiques majeurs, en cas de douleur importante : morphine en IV ou Sevredol per os
- La TNT (spray ou patch) n’a pas d’intérêt dans le traitement de l’IDM.
- L’utilisation de Béta-bloquant doit être extrêmement prudente. Elle ne peut être recommandée en cabinet médical en présence d’un IDM antérieur.
- TRAITEMENT AU CABINET EN PRESENCE D’UN IDM INFERIEUR DANS L’ATTENTE DU SAMU:
- Il s’avère nécessaire d’éliminer une éventuelle extension de l’IDM inférieur au ventricule droit, par la recherche de signes droits (turgescence jugulaire notamment) et confirmée par la mise en évidence d’un sus-décalage de ST dans les dérivations V3R, V4R, ce qui contre-indique formellement l’utilisation de TNT et de B-bloquants.
- Dans le doute, la prise en charge thérapeutique au cabinet sera limitée strictement à la suivante :
- Aspirine : 250 à 500 mg en IVD ou per os
- HBPM : Lovenox 100 UI/kg soit 0,1 ml/10 kg, en SC
- Plavix : 4 cp de charge
- Analgésiques majeurs, en cas de douleur importante : morphine en IV ou Sevredol per os
- Pas de B Bloquants
- Pas de TNT
CONDUITE A TENIR DEVANT UNE URGENCE HYPERTENSIVE
Face à une élévation brutale de la PA, il faut distinguer :
- Les élévations tensionnelles aiguës ou crises hypertensives
- Les urgences hypertensives
Les élévations tensionnelles aiguës
...ou crises hypertensives, elles sont définies par une pression artérielle systolique > 180 mmHg et/ou une PAD > 110 mmHg, et l’absence de retentissement viscéral. Elles peuvent s’accompagner d’épistaxis ou de céphalées sans trouble neurologique.
Aucune hospitalisation n’est nécessaire.
CAT :
- Faire un ECG et vérifier l’absence d’anomalies électriques en faveur d’une ischémie
- Administration de Loxen 20 : 1 cp, au cabinet avec surveillance de la décroissance des chiffres tensionnels
- Instauration d’un traitement antihypertenseur au long cours
- Bilan étiologique et du retentissement de l’HTA (échographie cardiaque, ionogramme sanguin…) à distance.
Les urgences hypertensives
...dont fait partie l’hypertension artérielle maligne
:
- Définie comme les rares situations qui requièrent une réduction immédiate de la PA ( pas nécessairement à un niveau normal) pour prévenir ou limiter un dommage viscéral
- La PAD est en général > 120 mmHg et il existe un retentissement viscéral grave oculaire, cardiaque, cérébral et/ou rénal.
Les complications viscérales sont diverses : infarctus cérébral, insuffisance cardiaque gauche ou globale, IDM, angor instable, encéphalopathie hypertensive, hémorragie cérébro-méningée, éclampsie, dissection aortique, insuffisance rénale
L’HTA maligne associe un FO stade IV, une polyurie, une protéinurie, un amaigrissement, une soif, des troubles digestifs, des céphalées, un flou visuel
CAT en cabinet devant une urgence hypertensive :
- L’hospitalisation est obligatoire dans un service adapté au traitement et à la surveillance de ces patients
- Transfert en milieu hospitalier via le SAMU
- Administration de 1 cp de Loxen 20
- Réalisation d’un ECG pour éliminer une poussée ischémique
PRISE EN CHARGE D’UN ETAT D’AGITATION EN CONSULTATION
Elle se définit comme une perturbation du comportement moteur, psychique et relationnel. Elle suscite une réaction d’intolérance de l’entourage et du milieu.
Les étiologies, parfois intriquées, sont :
- psychiatriques : 62 % :
- accès maniaque, bouffée délirante aiguë, schizophrénie, délires paranoïaques chroniques, personnalités anti-sociales et border-line, avec intolérance à la frustration
- chez les sujets âgés : syndrome confusionnel, états délirants, syndromes démentiels, situations de catastrophes et anxiogènes
- organiques : 25 % :
- hypoxie, hypercapnie, hypoglycémie, troubles hydroélectrolytiques,
- épilepsie, méningites, AVC…..
- globe vésical, fécalome, douleur….
- - toxiques ; 25 %
- Importance des syndromes de sevrage, iatrogénie, utilisation de stupéfiants ….
Situations d’agitation :
L’agitation incontrôlable avec violences : le contact, l’entretien, l’examen clinique ne sont pas réalisables: indication d’une sédation par voie IM
L’agitation avec signes de passage à l’acte violent imminent : le retard à la prise en charge majore le risque de violence: indication d’une sédation par voie IM ou PO
Les formes d’agitation contrôlable : elles permettent un entretien, le recueil de l’anamnèse et un examen somatique utilisation préférentielle de la voie per os pour obtenir une éventuelle sédation
La prise en charge relationnelle est une obligation médicale puisqu’elle désamorce dans un nombre important de cas l’agressivité
La contention chimique se justifie après échec de la prise en charge relationnelle.
La survenue d’un état d’agitation nécessite une hospitalisation pour bilan étiologique de cette agitation et traitement d’une cause organique éventuelle et prise en charge psychiatrique.
QUEL CHOIX THERAPEUTIQUE INITIAL LORSQUE L’AGITATION EMPECHE TOUTE APPROCHE DIAGNOSTIQUE LORS D’UNE CONSULTATION ?
PSYCHOTROPES EN URGENCE :
La sédation médicamenteuse par NLP (Lozapine, Loxapac*) +/- associée à une BZD est le traitement le plus sur et le mieux évalué. Le Loxapac est le NLP de référence
- LOXAPAC : Cp de 25, 50 et 100 mg ; Solution buvable 1 goutte = 1 mg ; Solution injectable : 50 mg
- Doses individuelles : 300 mg / jour
- En urgence : 2 à 5 ampoules IM chez l'adulte
L’association aux BZD permet de potentialiser les effets sédatifs et d’éviter les effets secondaires extra-pyramidaux :
le Rivotril a l’action la plus rapide et la plus courte
- RIVOTRIL : Cp de 2 mg ; Solution buvable 1 goutte = 0.1 mg ; Solution injectable : 1 mg
- Doses pour la SEDATION : 10 à 20 gouttes ou ½ à 1 cp ou 1 à 2 ampoules IM
NE JAMAIS UTILISER DE CARBAMATES (Equanil*)
Réintroduire les médicaments possiblement responsables d’un syndrome de sevrage (ex : IRS type Deroxat)
Pas d’Haldol en raison de ses effets secondaires immédiats et de ses effets anxiogènes et dépressogènes, notamment chez les personnes âgées
De façon transitoire en cure courte de 10 jours maximum, en raison de ses effets secondaires, chez les sujets âgés, l’utilisation du Risperdal 1 mg maximum ou du Tiapridal est possible.
AUTRES SITUATIONS D’URGENCE PSYCHIATRIQUE
- ATTAQUE DE PANIQUE
- Alprazolam (Xanax) : Cp de 0.25 et 0.5 mg ; 0.25 mg si enfant supérieur à 8 ans ou sujet âgé ; 0.5 mg pour l’adulte
- ou Propanolol (Avlocardyl 40 mg) mais réalisation d’un ECG
- AKATHISIE
- le patient bouge tout le temps ;
- apparition à J10 après introduction du traitement par NLP :
- diminution des doses de NLP
- et/ou propanolol 40 mg : ½ cp X 2 par jour
- CRISE D’ANGOISSE
- Chez les psychotiques :
- Tercian 50 à 100 mg (TERCIAN : Cp de 25 et 100 mg ; Solution buvable 1 goutte = 1 mg ; Solution injectable : 50 mg.
- Doses individuelles : 75 à 300 mg / jour
- Indication dans l’ANXIOLYSE chez le psychotique),
- ou Nozinan 25 – 50 mg pendant 48 heures puis redirigé vers le psychiatre traitant
- Chez les névrotiques (angoisse circonstancielle) : BZD d’action rapide type Xanax
- DYSTONIE AIGUE par contracture des muscles para-vertébraux ;
- DYSKINESIES BUCCO-LINGUALES : diminution de la posologie des NLP et/ou Lepticur IM/IV
- IVRESSE EXCITOMOTRICE association Loxapac + Rivotril (NLP en IM : Loxapac 150 mg (3 ampoules) ou Tiapridal chez le sujet âgé + BZD en IM : Rivotril, Valium)