accueil quoi de neuf? classement par spécialités cpte-rendus et doc de synthèse revue de presse outils pour la consultation sites utiles liste diffusion
rechercher sur le site programme adhérer participer à la revue de presse forum sftg paris-nord sftg nous écrire


 

SFTG PARIS NORD-EPID 92 

DOULEUR ET SUBSTITUTION: évaluation.

Avril 1999

Jean-Pierre AUBERT

 

 

1. Monsieur H est substitué par 70 mg de méthadone, et vient vous voir car sa vieille sciatique vient de se réveiller. L'examen confirme le diagnostic, il s'agit d'une sciatique L5 gauche, sans trouble neurologique associé. Le patient a pris du doliprane, au moins une quinzaine de comprimés aujourd'hui, et vient vous demander de l'aide.

Que lui proposez vous?

consulter la réponse proposée par les auteurs

2. Madame V; 30 ans, reçoit 20 mg par jour de buprénorphine, et vient vous consulter pour une violente douleur d'abcès dentaire. Elle a vu son dentiste, qui lui a dit ne pouvoir l'opérer que dans une semaine, lorsque les antibiotiques qu'il a prescrits (RODOGYL 500 Quatre comprimés par jour) auront agi. Le dentiste a conseillé du DI ANTALVIC pour soulager la douleur, mais ne l'a pas prescrit, conseillant à la patiente de vous demander un avis.

Que lui proposez-vous?

Consulter la réponse proposée par les auteurs

3. Monsieur F., substitué par 60 mg de méthadone, s'est fracturé trois côtes dans une rixe. Il ne peut plus dormir depuis trois jours, tant la douleur est vive. Le cliché pulmonaire ne montre pas de volet, pas d'épanchement pleural, pas de pneumothorax. Il n'y a pas d'autre lésion. Que lui proposez-vous pour le calmer?

Consulter la réponse proposée par les auteurs

Proposition de réponse au cas 1.

Une douleur sciatique conjoint deux mécanismes: un phénomène inflammatoire, un phénomène de traumatisme d'une racine nerveuse. La logique est donc de proposer à ce patient un anti inflammatoire à dose pleine, et si la douleur persiste au bout de 48 heures, il n'est pas illégitime d'associer une petite dose d'anticonvulsivant (TEGRETOL ou RIVOTRIL), ou bien un anti dépresseur. Dans ce cas précis, il faut aussi signaler au patient la toxicité du DOLIPRANE, car les doses qu'il a prises sont susceptibles de déclencher une hépatite toxique (parfois gravissime).

Consulter l'article de référence pour plus d'informations

Suite du cas clinique

Proposition de réponse au cas n°2

Une douleur d'abcès dentaire peut impliquer un phénomène inflammatoire, un excès de nociception, parfois un phénomène de désafferentation. La prescription de di antalvic est probablement un erreur, car le dextropropoxyphène peut antagoniser le subutex. Il faut tenter un anti inflammatoire à dose efficace, associé à des antalgiques de niveau 1. En cas d'échec deux attitudes sont légitimes:

1.considérer l'hypothèse de la désafferentation, et proposer un anticonvulsivant ou un anti dépresseur. Cette hypothèse sera privilégiée si l'analyse sémiologique révèle une douleur à type de brûlure, ou de courant électrique, ou de névralgie.

2.considérer l'hypothèse de l'excès de nociception. L'augmentation des doses de subutex n'est pas possible: 20 mg, c'est déjà beaucoup, et l'on risque de voir apparaître des effets antagonistes morphiniques. Il est plus intéressant de proposer un morphinque agoniste pur, en arrêtant le subutex: le plus simple est d'utiliser le sulfate de morphine (MOSCONTIN, SKENAN). La dose est très difficile à prévoir: proposer 30 mg de dose de charge, et demander au patient de reprendre 10 mg toutes les quatre heures en fonction de la douleur, sans dépasser 50 mg par jour le premier jour. Attention: le sulfate de morphine est un opiacé agoniste pur qui expose (contrairement à la buprénorphine), au risque de dépression respiratoire. Le risque est grand, dans le contexte de ce cas, d'une sur-consommation impotante: la prescription doit être faite pour une journée maximum,le pharmacien doit délivrer le nombre exact de comprimés, la patiente ne doit pas être seule chez elle, elle doit vous recontacter dans la journée par téléphone, et revenir vous voir le lendemain.

Consulter l'article de référence pour plus d'informations

Suite du cas clinique

Proposition de réponse au cas 3

Voilà le type même de la douleur par excès de nociception. Deux solutions:

1/ les antalgiques de niveau 1, si le patient ne les a pas encore tentés. Il est logique de privilégier le paracétamol ou l'ibuprofène par rapport au doliprane (étant donné l'effet anti agrégant de l'aspirine,peu indiqué dans ce contexte traumatique). Il est très important de préciser au patient que le paracétamol est toxique au dessus de 3 à 4 grammes par jour, et qu'il est inutile et dangereux de dépasser les doses en cas d'inefficacité. De même une prise de plus de 1200 mg par jour d'ibuprofène est dangereuse (toxicité digestive, hépatique et rénale)

2/ augmenter les doses de méthadone pendant quelques jours. On peut proposer 80 mg le premier jour, puis monter par paliers de 5 à 10 mg par jour, sans dépasser 100 mg par jour.

Consulter l'article de référence pour plus d'informations

Retour au cas clinique

 

 

J.P. Aubert, d'après un entretien avec des médecins du centre de la douleur de l'Hôpital Bichat Claude Bernard, Paris

accueil quoi de neuf? classement par spécialités cpte-rendus et doc de synthèse revue de presse outils pour la consultation sites utiles liste diffusion
rechercher sur le site programme adhérer participer à la revue de presse forum sftg paris-nord sftg nous écrire

Nous adhérons aux principes de la charte HONcode de HON Nous adhérons aux principes de la charte HONcode. Vérifiez ici.