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SFTG PARIS-NORD

DOCUMENTS D'INFORMATION A L'USAGE DES PATIENTS.
 
L'alimentation du sujet âgé

mise à jour: Décembre 2000

 

 

 
Madame, Monsieur
 

Vous avez plus de 75 ans, et vous souhaitez avoir quelques conseils généraux en matière d'alimentation. Il est assez difficile de répondre à cette question, car l'état nutritionnel varie énormément en France d'une personne à l'autre. Néanmoins, les nutritionnistes observent que, globalement, les sujets âgés ont une alimentation inadaptée.

Quels sont vos besoins?

Les besoins caloriques sont compris entre 1800 et 2000 calories, un peu inférieurs à ceux d'une personne plus jeune, mais varient en fait beaucoup en fonction de l'activité physique

Les besoins en protéines (viandes, poissons, oeufs) sont comparables à ceux d'un adulte jeune, soit un gramme de protéines par kilog et par jour. La plupart des sujets âgés sont carencés en protéines.

30% de la ration calorique doit être représentée par des lipides (corps gras). Un régime pauvre en graisses n'est plus justifié après 75 ans, même en présence d'une hypercholestérolémie.

55% de la ration calorique doit être apportée par des glucides (sucres, mais surtout féculents).

Les besoins en calcium sont augmentés par rapport à l'adulte jeune, car le calcium est moins bien absorbé, et plus rapidement éliminé.

Les apports en certaines vitamines sont souvent insuffisants: vitamine C, vitamines du groupe B, vitamine A, vitamine D (indispensable à la fixation du calcium sur l'os).

Les besoins en fer ne sont pas augmentés. La constatation d'une carence en fer doit faire rechercher un saignement chronique inapparent (souvent digestif)

Les besoins en eau ne sont pas augmentés, mais la sensation de soif s'émousse avec l'âge, aboutissant à une déshydratation relative dont on n'a pas toujours conscience.

Comment assurer ces apports indispensables?

Mangez des laitages en quantité: ils apportent de l'eau, du calcium, de la vitamine A, des protéines, des lipides et des glucides!... et en plus, ils ne nécessitent pas de bonnes dents.

La viande, le poisson, les oeufs, sont indispensables aux besoins en protéines animales. Ils contiennent en outre du fer (surtout le foie et le jaune d'oeuf). Le foie, le poisson, les oeufs apportent des vitamines A D et B.

Les fruits et les légumes sont la source majeure de certaines vitamines (en particulier la vitamine C), mais surtout ils apportent des fibres alimentaires indispensables au transit intestinal. Les légumes surgelés ne perdent aucune de leurs qualités. Une certaine proportion de légumes et de fruits doivent être consommés crus.

Les céréales, le pain, les légumineuses assurent un apport de glucides, mais aussi de vitamines du groupe B.

Les matières grasses apportent les lipides nécessaires. Il est utile d'associer matières grasses animales (beurre, fromages) et végétales (huiles, margarines).

Quels sont les conditions pour une alimentation de qualité?

Manger coûte cher, c'est certain: une alimentation variée impose des revenus suffisants. Si vous pensez que vos revenus sont trop faibles, vous pouvez bénéficier d'un certain nombre d'aides sociales, et en particulier des repas à domicile fournis par la plupart des centes d'action sociale.

Une alimentation variée, en particulier carnée, impose un bon état dentaire: consultez donc votre dentiste, et étudiez avec lui les meilleures solutions pour vous assurer un bon pouvoir masticatoire.

Manger est un acte social. Un bon repas mérite d'être partagé. Dans la mesure du possible, essayez de temps à autres de n'être pas seul(e) aux repas, sollicitez vos proches pour qu'ils partagent ce moment important.

respectez ou faites respecter par votre entourage le rituel du repas: un repas se prend assis, devant un vrai couvert, et il est composé d'une entrée, d'un plat, d'un dessert. Faites la cuisine ou faites-la faire.

Prenez le temps de mâcher, et de profiter du plaisir de manger.

Les aliments sont fades. C'est vrai, avec l'âge, la sensibilité gustative s'émousse un peu, et tout paraît fade: il faut relever les saveurs, utiliser les épices, les contrastes de goût. C'est une condition essentielle pour conserver de l'appétit.

De nombreux médicaments perturbent l'appétit. Certains médicaments sont indispensables, d'autres le sont moins: réévaluez régulièrement avec votre médecin le contenu de votre ordonnance médicamenteuse: tous les produits restent-ils justifiés? Ne peut-on en réduire certains?

Mangez assez fréquemment: trois repas est un minimum, il n'est pas interdit de faire un goûter, ou de petites collations, si votre poids n'est pas excessif.

Prenez un vrai petit déjeuner. L'habitude française de ne pas manger le matin est néfaste.

Sources:

  • S. Legrain, Y. Kagan, guide pratique de gériatrie, MMI éditions, Paris, 1998, collection MEDIGUIDES
  • C. Thoulon-Page, Pratique diététique courante, Masson, Paris, deuxième édition, 1997
  • A.-F. Creff, Manuel de diététique en pratique médicale courante, Masson, Paris, 4ème édition, 2000
 
 

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