Votre médecin vient de vous prescrire
un contraceptif oral minidosé. Il comprend une association
de deux produits d'action hormonale, l'un dérivé
des oestrogènes, l'autre de la progestérone. Afin
de réduire les risques cardio vasculaires liés
aux dérivés des oestrogènes, la dose qui
vous en est délivrée est réduite, d'où
le terme de contraceptif
" minidosé ". Les
spécialités de cette catégorie comprennent
des produits dosés entre 0.15 et 0.35 microgramme d'éthynil
estradiol.
La première fois
que vous prenez ce médicament,
commencez-le au premier jour des règles. Suivez ensuite
régulièrement le traitement à raison d'un
comprimé par jour pendant 21 jours, en respectant l'ordre
des comprimés sur la plaquette. A la fin de chaque plaquette,
vous ferez une interruption de traitement de sept jours exactement
: vos règles surviendront au cours de cette interruption,
à une date variable d'une femme à l'autre. La plaquette
suivante doit être débutée après sept
jours exactement d'interruption, même si les règles
ne sont pas terminées. Comme il y a 21 jours de traitement,
puis sept jours d'arrêt, chaque plaquette est toujours
débutée le même jour de la semaine
Si vous avez commencé ce traitement
dès le premier jour des règles, alors vous êtes protégée
d'une grossesse dès le premier cycle.
Il n'y a pas
de risque de grossesse pendant la semaine d'interruption
entre deux plaquettes: vous pouvez
avoir des rapports dans cette période.
Si vous oubliez un comprimé, reprenez-le dans les douze heures qui suivent. Si
l'écart est supérieur à 12 heures, vous
n'êtes plus protégée : finissez la plaquette
comme prévu, mais utilisez jusqu'à la fin de la
plaquette une contraception locale en plus (ovules spermicides
ou préservatifs).
Les traitements contraceptifs minidosés
exposent à certains
risques :
1. une légère augmentation du
risque de thrombose
veineuse (phlébite
et embolie pulmonaire). Ce risque est
majoré en cas d'antécédent personnel de
thrombose, qui constitue une contre-indication. Si un cas de
thrombose veineuse existe dans votre famille, signalez-le à
votre médecin. L'immobilisation prolongée, une
intervention chirurgicale, et un accouchement récent favorisent
les thromboses veineuses, et la contraception (oestro-progestative)
doit être interrompue dans ces situations.
2. une légère augmentation du
risque de thrombose
artérielle et de maladie coronarienne. Ce risque augmente avec l'âge et le tabagisme.
C'est pourquoi une femme de plus de 35 ans sous contraceptif
oral doit impérativement arrêter de fumer.
3. une légère augmentation (discutée)
du risque de cancer
du sein. Cet impression est peut-être
simplement due au meilleur dépistage dont bénéficient
les utilisatrices de contraception orale (examinées deux
fois par an). Quoiqu'il en soit, un antécédent
personnel de cancer du sein contre-indique la contraception orale.
Un antécédent familial de cancer du sein ne la
contre-indique pas. (en revanche, la contraception orale diminue
le risque de cancer de l'ovaire et de l'utérus).
Les principales contre-indications découlent
de ces risques : pathologies artérielles, coronariennes,
thromboses veineuses, diabète, cancer du sein, tabagisme
après 35 ans. L'obésité, les pathologies
mammaires bénignes, les troubles du métabolisme
lipidique (hypercholestérolémie, hypertriglycéridémie)
sont des contre-indications " relatives " : vous devez
en discuter avec votre médecin.
Ce médicament n'est évidemment
pas indiqué pendant la grossesse. Toutefois la
découverte d'une grossesse ayant débuté
sous contraception n'impose pas l'interruption de grossesse.
Ce médicament est contre-indiqué pendant l'allaitement.
D'autres contre-indications existent (voir
dictionnaire VIDAL ou notice d'utilisation du produit).
Certains effets
secondaires peuvent apparaître,
et faire discuter une adaptation du traitement (changement de
produit contraceptif) : nausées, maux de tête, jambes
lourdes, prise de poids, tension mammaire, saignements en cours
de plaquette, acné, pigmentation cutanée.
Certains médicaments
interfèrent avec ce type de
contraceptifs, et peuvent en diminuer l'efficacité. C'est
le cas en particulier de certains traitements anti-épileptiques
et de certains antituberculeux. Signalez soigneusement à
votre médecin tout traitement que vous prenez par ailleurs.
Venez consulter en cas
de problème, et en particulier
en cas de saignement en cours de plaquette, en l'absence de règles
entre deux plaquettes, en cas de douleur mammaire ou de douleur,
rougeur ou gonflement d'un mollet.
Ce traitement impose deux fois par an un examen gynécologique et mammaire, une surveillance de la pression artérielle.
Certains paramètres biologiques (glycémie, lipides
sanguins) doivent être contrôlés à
intervalles réguliers. Un frottis vaginal doit par ailleurs
être pratiqué régulièrement chez toutes
les femmes (qu'elles prennent ou non une contraception orale).
Une dernière chose: la contraception
orale ne protège que de la grossesse, et nullement des maladies sexuellement
transmissibles. Elle ne dispense donc
pas du port du préservatif tant que vous n'êtes
pas sûr(e) de votre partenaire, ni de vous-même sur
ce plan...
- Sources : dictionnaire VIDAL, Banque de données
informatisée sur les médicaments (BIAM)
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