VOTRE ENFANT A LA DIARRHEE
La gastro-entérite
est une des maladies les plus fréquentes de l'enfant.
Dans l'immense majorité
des cas elle est bénigne, mais il faut la prendre en charge
précocément afin d'en éviter les complications,
en particulier la déshydratation. Elle repose sur la réhydratation
orale (donc sur vous) et non sur les médicaments. Il est
important de reconnaître les signes de gravité afin
d'accélérer la prise en charge d'urgence.
LES IDEES FAUSSES
La couleur et l'odeur des
selles de votre enfant n'ont pas d'importance et ne présentent
aucun signe de gravité. Par contre, en cas
de présence de sang rouge dans les selles, il faut en
informer votre médecin (diarrhée bactérienne possible nécessitant
de faire un examen des selles au laboratoire).
La plupart du temps, il
n'est pas nécessaire de faire un régime particulier, si possible :
- il faut continuer l'allaitement
; en cas d'alimentation mixte, favoriser l'allaitement.
- il faut poursuivre l'alimentation
lactée (son lait habituel).
- il faut poursuivre l'alimentation
normale.
Ces mesures maintiennent l'état
nutritionnel de l'enfant (très important) et n'ont pas
prouvé qu'ils aggravaient la diarrhée. Eventuellement,
on peut éviter le aliments gras et très sucrés,
préférer les féculents, viandes maigres
et les yaourts. Les fruits et les légumes n'ont pas démontré
d'effet néfaste.
Ne pas donner de boissons
très sucrées qui accentuent la diarrhée.
Le coca cola, contrairement aux idées reçues est
un mauvais liquide de réhydratation.
On peut donner de l'eau pure
si l'enfant continue à recevoir du sel (par l'alimentation).
Si l'enfant ne veut pas manger, il faut remplacer
l'eau par un liquide de réhydratation (cf plus loin).
Jamais d'eau pure sans
autre alimentation chez un enfant qui a la diarrhée !
(donner une solution de réhydratation dans ce cas)
La diarrhée de votre
enfant étant très probablement d'origine virale
elle disparaîtra spontannément en quelques jours.
Le traitement principal consiste à éviter qu'il
se déshydrate et donc de lui donner à boire et
à manger. Les médicaments n'ont quasiment aucun
intérêt ici, sauf dans certains cas très
rares de diarrhées bactériennes.
QUAND DONNER DES LIQUIDES
DE RÉHYDRATATION ?
- Quand votre enfant refuse
l'alimentation habituelle, vous pouvez la remplacer par des liquides de réhydratation
vendus en pharmacie
qui ont tous des propriétés voisines. (Adiaril°,
Alhydrate°, Blédilait RO°, GES 45°, Hydrigoz°,
Lyrten°, Picolite°), un sachet dans 200 ml d'eau.
- Ces liquides ne font que
remplacer l'apport en eau et en sels minéraux dont l'enfant
ne peut se passer longtemps, mais n'ont pas les valeurs nutritionnelles
nécessaires à sa croissance.
La solution de réhydratation
doit être proposée fréquemment, sans forcer.
La solution de réhydratation
peut donner de façon transitoire une accentuation modérée
et sans gravité de la diarrhée.
Les solutions de réhydratation
sont aujourd'hui remboursées par la Sécurité
Sociale.
On peut proposer à la place de la bouillie de
riz (plutôt que l'eau de riz) :
- Bouillie de riz:
- 50 à 60 grammes de
riz sec à faire cuire dans une eau de cuisson non salée,
mixer le riz cuit dans 1 litre d'eau, ajouter 1/4 de cuillère
à café de sel et un peu de jus de citon.
QUE FAIRE EN CAS DE VOMISSEMENT
?
Les médicaments contre
les vomissements ne sont pas forcément nécessaires,
il suffit en général de fractionner les repas et
donc de
donner de petites quantités.
Par exemple, on peut donner
une cuillère à café de liquide par minute,
ce qui permet de faire absorber environ 150 à 300 ml en
1 heure.
Si l'enfant ne présente
pas de signe d'alarme, et s'il refuse l'alimentation, il ne faut
pas le forcer, un enfant déshydraté refuse rarement
les potions, même si elles n'ont pas bon goût, par
contre il faut les lui proposer régulièrement
LES SIGNES D'ALARME
- température élevée
- soif importante
- selles très abondantes
- vomissements
- pas d'urine dans la couche
Il faut reconnaître
les signes précoces qui font craindre un risque de déshydratation,
d'autant plus que votre enfant est petit.
Ces signes ne doivent pas
vous paniquer, mais simplement vous conduire à proposer
tout de suite une solution de réhydratation, avant même
la consultation du médecin
Source : La Revue Precrire,
juin 2000