Qu'est-ce que l'herpès? |
Document mis à jour en: Juillet 2004 |
L’herpès est une maladie de la peau ou des muqueuses, due à un virus appelé Herpes Simplex Virus (HSV). Elle se manifeste par une éruption, en général à proximité de la bouche (c’est le classique « bouton de fièvre », ou « feu sauvage » des québecois), ou sur les organes génitaux. Elle évolue par poussées : l’éruption guérit spontanément sans traitement, mais récidive. En effet l’organisme n’arrive pas à se débarrasser totalement du virus, qui persiste dans les cellules entre deux poussées.
Si l’herpès peut apparaître en théorie n’importe où, les deux sites de très loin les plus fréquents sont la bouche et les organes génitaux. Chacun de ces deux types d’herpès est dû majoritairement à une variété particulière de virus : HSV1 pour l’herpès buccal, HSV2 pour l’herpès génital. Il est exceptionnel qu’un même individu souffre des deux localisations : en principe, l’herpès génital met à l’abri de l’herpès buccal et réciproquement.
Les localisations oculaires de l’herpès ont une gravité particulière, nous n'en parlerons pas ici.
L’herpès se transmet par contact direct entre une personne porteuse et une personne indemne. Les baisers, les rapports sexuels, le cunnilingus et la fellation peuvent transmettre le virus. L’affection se transmet le plus souvent lorsque l’éruption est présente (mais on sait qu’un sujet porteur du virus de l’herpès peut transmettre la maladie même en l’absence d’éruption visible)
Buccal ou génital, l’herpès a une histoire caractéristique :
Il débute en général brutalement, par une première éruption (dite de primo-infection), en général très douloureuse et plus étendue que les suivantes : dans les heures précédant l’éruption, on ressent dans la zone concernée une sensation de brûlure, parfois accompagnée de fièvre. Puis apparaît l’éruption, caractéristique, faite d’un groupe plus ou moins étendu de petites vésicules contenant un liquide clair, douloureuses. Des démangeaisons peuvent s’observer. Lorsque ces vésicules se rompent, l’aspect devient celui d’une ulcération un peu semblable à une brûlure (notamment au niveau génital), et pouvant être très douloureuse. La fièvre dure un ou deux jours. L’éruption dure quelques jours, puis les vésicules sèchent et guérissent sans séquelle.
…mais le sujet n’est en général pas pour autant guéri : quelques semaines, ou quelques mois plus tard, l’éruption réapparaît : ce sont les récurrences. Celles-ci sont en général moins douloureuses et moins longues que la primo-infection. Elles surviennent en général dans le même territoire. La poussée peut être déclenchée par un épisode de fatigue, les règles, l’exposition au soleil, une autre infection virale, le stress…. Là aussi, l’éruption guérit en quelques jours, même sans traitement.
La principale complication de l’herpès est la contamination d’un bébé par sa maman au moment de l’accouchement. Le risque est particulièrement élevé si la maman a fait une primo-infection dans les semaines précédent l’accouchement, mais il existe aussi lorsque la maman fait une récurrence d’herpès (surtout génital) dans les dix jours qui précèdent l’accouchement.
L’herpès du nouveau-né est beaucoup plus grave que celui de l’adulte, et peut entraîner des complications, notamment oculaires et neurologiques chez l'enfant. Tout doit donc être fait pour éviter la contamination du bébé. Une primo infection, ou une récurrence d’herpès en fin de grossesse doit impérativement être traitée par des médicaments anti-herpétiques. Lorsqu’une future maman souffre de récurrences d’herpès, il est indispensable qu’elle soit examinée le jour de l’accouchement. La présence d’une éruption peut conduire à pratiquer une césarienne.
Le diagnostic d’herpès ne nécessite en principe aucun examen complémentaire : l’éruption est suffisamment typique pour que le médecin puisse affirmer le diagnostic.
Il peut arriver que le médecin ait un doute et doive s’assurer du diagnostic par un prélèvement au niveau des lésions. L’examen au microscope des cellules permet de confirmer le diagnostic (c’est le cytodiagnostic de Tzanck). Le résultat d’un dosage d’anticorps dans le sang est rarement intéressant : la maladie est si fréquente qu’une majorité de la population est, de toutes façons, porteuse d’anticorps. D’autres techniques spécialisées (PCR…) sont utilisables, mais coûteuses et réservées à de très rares cas difficiles.
Le traitement de la poussée d’herpès buccal ou génital repose sur l’aciclovir par voie orale, prescrit chez l’adulte à la dose d’un comprimé à 200 mg, cinq fois par jour. La durée du traitement est de cinq jours (dix jours en cas de primo-infection). Débuté précocément, ce traitement a prouvé qu’il réduisait l’intensité et la durée des symptômes. Le valaciclovir, un médicament de la même famille, permet de réduire à deux le nombre de prises quotidiennes. Il n’est recommandé qu’en cas d’herpès génital.
Les traitements locaux (notamment les crèmes contenant de l’aciclovir) n’ont pas vraiment démontré leur efficacité.
Un traitement préventif des récurrences peut parfois être proposé (aciclovir 400 mg deux fois par jour), mais il n’est efficace que tant qu’il est pris. Il ne doit être utilisé qu’en cas de crises vraiment fréquentes.
Imaginons que vous faites des poussées d’herpès buccal ou génital.
Pendant la poussée d’herpès buccal ou génital, le plus simple est d’éviter tout contact intime ou sexuel (y compris les baisers en cas d’herpès buccal).
En dehors des poussées, le risque de transmission n’est pas nul, mais il est raisonnablement faible. Si votre partenaire a lui-même déjà fait des poussées d’herpès buccal ou génital, c’est qu’il est porteur d’anticorps, et vous pouvez avoir des rapports non protégés sans risque de le contaminer à nouveau. Si votre partenaire n’a jamais fait de poussée d’herpès buccal ou génital, il peut être utile de faire chez lui un sérodiagnostic de l’herpès. Si celui-ci est positif (ce qui est très fréquent, même quand le sujet n’a pas le souvenir d’une éruption), vous pouvez de même avoir des rapports non protégés en dehors des poussées.
Si votre partenaire a un sérodiagnostic négatif, il est susceptible d’être contaminé et donc de faire une primo-infection herpétique. De deux choses l’une, soit vous choisissez par prudence les rapports protégés, même en dehors des poussées, pour réduire au maximum les risques de transmission, soit vous considérez que le risque de transmission faible vous permet d’assumer ce risque, et vous choisissez des rapports non protégés… A vous de juger et d’assumer.
Dans tous les cas il ne faut pas oublier que d’autres infections sexuellement transmissibles sont possibles, autrement plus graves (VIH, hépatite B, syphilis, blennorragie…) et qu’un rapport non protégé n’est possible qu’après avoir fait le point chez les deux partenaires quand à ces infections.