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document patient. Traiter la ménopause: éléments de décision

SFTG PARIS-NORD

DOCUMENTS D'INFORMATION A L'USAGE DES PATIENTS.
 
Traiter la ménopause: éléments de décision

mise à jour: Mai 2003

 

 

 

Madame,

Vous envisagez, ou votre médecin vous a proposé, de traiter votre ménopause. Vous souhaitez peser les éléments de la discussion. La fiche présente a pour objet de vous donner quelques points de repère. Elle suppose que vous n'avez pas de contre-indication à ce type de traitement (voir avec votre médecin).

La ménopause se caractérise par l'arrêt définitif de la sécrétion hormonale ovarienne. Elle survient chez la femme aux alentours de la cinquantaine, quelques mois après la disparition des règles.

La ménopause s'accompagne d'un certain nombre de symptômes, dont les principaux sont des "bouffées de chaleur" (rapportées par 67% des femmes ménopausées), un état dépressif (38.5% des femmes), une transpiration excessive (31%), des troubles du sommeil (26%), une sécheresse vaginale (20%). D'autres manifestations sont moins fréquentes: maux de tête, prise de poids, altération de la peau et des cheveux, troubles urinaires, baisse de la libido.

A plus long terme, la femme ménopausée est exposée à deux groupes de risques: l'ostéoporose, le risque cardio-vasculaire:

  • L'ostéoporose est la perte de calcium par le tissu osseux, source de tassements vertébraux et de fractures (en particulier du col du fémur), très fréquents chez la femme âgée. Il a été démontré que ce phénomène est lié à la carence en oestrogènes.
  • Avant la ménopause, les femmes ont un risque de maladie cardio vasculaire très faible par rapport aux hommes du même âge (infarctus du myocarde, accidents vasculaires cérébraux). Ce risque croît après la ménopause pour rejoindre progressivement celui des hommes. Il est donc probable que les hormones féminines jouent un rôle dans la protection des femmes jeunes contre ce type de maladie.

Le traitement hormonal substitutif de la ménopause (THS) consiste à compenser le déficit hormonal lié à la défaillance des ovaires, par l'administration des deux principales substances qu'ils sécrètent: un oestrogène, et un progestatif. La nature précise des produits administrés et le mode de prise du traitement, sont variables. L'objet de cette fiche est de discuter le principe du traitement, non ses modalités.

Le choix de traiter ou non la ménopause (en dehors des contre-indications du traitement) repose sur une connaissance précise de ses avantages et de ses inconvénients. C'est un choix qui doit être discuté entre votre médecin et vous. Aucun traitement efficace n'est dénué d'effets secondaires. Traiter la ménopause, c'est faire le point en connaissance de cause. Au bout du compte, c'est vous qui devez choisir.

Les avantages du traitement

Le THS supprime les symptômes de la ménopause, en particulier les bouffées de chaleur, et il améliore les signes psychologiques associés (syndrôme dépressif, troubles du sommeil etc...). Il semble également efficace sur les troubles de la libido et la sécheresse vaginale, sur les troubles urinaires, et peut-être sur le vieillissement de la peau.

Le THS prévient de façon certaine et argumentée l'ostéoporose: réduisant les pertes osseuses de calcium, il assure le maitien d'un os de bonne qualité, et prévient les tassements vertébraux et les fractures du col du fémur.

Si les oestrogènes seuls augmentent le risque de cancer de l'endomètre utérin, il est démontré que l'association d'oestrogènes et de progestatifs, telle qu'elle est préconisée dans le THS, réduit en revanche ce risque.

Plusieurs études ont montré une réduction du risque de maladie d'Alzheimer chez les femmes sous THS. Ces résultats doivent être confirmés.

Les inconvénients du traitement.

Lorsque le traitement est administré de façon séquentielle, les règles peuvent réapparaître. Si vous ne tolérez pas cette manifestation, vous pouvez demander à votre médecin une administration continue du traitement. Si le traitement est surdosé, il peut être responsable de tension mammaire, d'rritabilité. S'il est sous dosé en revanche, des bouffées de chaleur peuvent persister, de même qu'une tendance dépressive. Tous ces effets secondaires peuvent être contrôlés par l'adaptation du traitement. Le THS ne fait pas prendre de poids, mais n'en fait pas perdre non plus.

Le THS augmente le risque de cancer du sein. Le risque est multiplié par 1.02 par rapport aux femmes non traitées, pour chaque année de traitement. Une partie de cette augmentation apparente de risque peut être due à la meilleure surveillance des femmes traitées. Par suite leurs cancers seraient dépistés plus tôt et donc de meilleur pronostic (ce n'est pas pour l'instant prouvé). L'augmentation du risque est d'autant plus importante que le traitement est poursuivi plus longtemps. Elle disparaît en cinq ans après l'arrêt du traitement.

Le THS augmente le risque d'accident cardio-vasculaire et notamment d'affection coronarienne et d'accident vasculaire cérébral. Ce risque a toutefois été observé dans des études américaines réalisées avec des médicaments d'origine équine, qui ne sont pas habituellement utilisés en France. On peut espérer que le risque cardio-vasculaire liés aux oestrogènes naturels est plus faible, mais ce n'est pas démontré

Le THS augmente le risque d'accident de la famille des thromboses veineuses (phlébites et embolies pulmonaires). Par rapport à une femme non traitée, une femme traitée a 2 à 3.5 fois plus de chances de faire un accident de ce type. Mais le risque de base est très faible.

Comment décider en pratique?

Le traitement hormonal substitutif de la ménopause a des avantages certains, et des risques tout aussi certains. La mise sous traitement doit se faire après une discussion approfondie entre la patiente et son médecine, après une évaluation précise et surtout individualisée des avantages et des risques. Chaque individu n'est pas exposé de la même façon au risque de cancer du sein, d'accident vasculaire cérébral, etc... La mesure de ces risques individuels peut être pesée par le médecin, pour affiner les éléments de la décision.

Un traitement hormonal substitutif de la ménopause ne se décide jamais dans l'urgence, mais après discussion approfondie entre le médecin et son patient.

La durée du traitement hormonal substitutif doit être limitée dans le temps, de l'ordre de dix ans

Sources:

 

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