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- Madame, Monsieur
Vous êtes atteint(e) de maladie migraineuse.
Une autre fiche de cette
série vous a donné quelques explications sur
la nature de cette affection. Le présent document a pour
but de vous donner quelques informations sur le traitement de
la crise migraineuse. Il ne concerne que les adultes. Il ne peut
être exhaustif.
Contrairement au traitement de fond, qui ne
s'adresse qu'à certains patients (et fait l'objet d'une
autre fiche
de cette série), le traitement de la crise migraineuse
concerne tous les patients migraineux.
Des recettes de grand-mère...
Il ne faut tout d'abord pas oublier que des
moyens non médicamenteux, souvent découverts par
les patients eux-mêmes, peuvent être utilisés:
presser la tempe, appliquer des compresses (froides, ou au contraire
chaudes) du côté douloureux, porter des lunettes
de soleil, boire un café fort, manger un peu, parfois
dormir.
Les médicaments
non spécifiques
Les médicaments suivants sont des antalgiques,
il n'ont aucune spécificité de la crise migraineuse,
mais peuvent être efficaces:
- le paracétamol
- les anti-inflammatoires non stéroïdiens
- les opiacés mineurs et les associations
- la noramidopyrine
- Le paracétamol
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- Ce produit est un antalgique très
prescrit en auto médication. Tous les migraineux le connaissent
et l'ont essayé. Il peut suffire à calmer une crise
mineure ou débutante, et doit être logiquement utilisé
en première intention. Si ce produit est effectivement
peu toxique à faible dose, il faut toutefois savoir qu'à
forte dose (plus de 10 grammes par jour, ou à partir de
5 grammes par jour en usage répété), il
a une grave toxicité pour le foie. Il faut donc renoncer
à ce produit avant d'atteindre de telles posologies.
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- L'aspirine et les anti-inflammatoires
non stéroïdiens
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- L'aspirine a démontré son efficacité dans
le traitement de la crise migraineuse, à des doses de
650 à 1000 mg chez l'adulte.
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- Les anti-inflammatoires
non stéroïdiens ont bien
démontré leur efficacité (Naproxène,
ibuprofène, diclofénac, flurbiprofène...).
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- Ces deux catégories de produit peuvent
être responsables de troubles digestifs (gastriques en
particulier) et hémorragiques. Ils réduisent l'efficacité
du stérilet En cas d'échec
d'un produit de cette famille, il est légitime de tenter
un autre produit de la même famille à la crise suivante,
car on a parfois la surprise de le voir être efficace.
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- Les opiacés mineurs
et les associations.
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- Les principaux opiacés mineurs utilisés
en France sont la codéine, le dextropropoxyphène
et le tramadol. Ils sont souvent proposés en spécialités
qui les associent au paracétamol. Ils n'ont en fait pas
formellement démontré leur supériorité
par rapport au paracétamol seul dans la migraine. Ils
aggravent parfois les nausées des migraineux. Mais ils
sont efficaces chez certains patients.
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- La noramidopyrine
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- Elle est contenue dans de nombreuses spécialités
utilisées par les migraineux. Il existe avec ce produit
un risque (très rare mais très grave) d'agranulocytose
(chute brutale du taux de certains globules blancs). Cet effet
secondaire est imprévisible, et peut survenir pour une
dose faible. Il ne paraît donc pas raisonnable de prendre
un tel risque pour une affection bénigne comme la migraine
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- Les médicaments
spécifiques de la crise.
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- Ce sont les dérivés de l'ergot
de seigle et les triptans. Ils agissent en interagissant avec
des médiateurs cérébraux impliqués
dans le déclenchement de la crise migraineuse (récepteurs
"sérotoninergiques"). Ils entraînent une
constriction des artères cérébrales et ont
un effet anti-inflammatoire spécifique.
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- Les dérivés
de l'ergot de seigle
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- L'ergot de seigle est un champignon parasite
du seigle, dont les propriétés vasoconstrictrices,
connues depuis des siècles, ont permis d'isoler des produits
actifs, dits "dérivés de l'ergot de seigle".
Du fait qu'ils agissent en provoquant une constriction des
artères, ils sont contre-indiqués dans les maladies
artérielles telles que l'artérite des membres inférieurs,
les maladies coronariennes, le syndrôme de Raynaud, et
également en cas d'insuffisance hépatique ou rénale.
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- Le tartrate d'ergotamine, par voie orale ou rectale, a montré son efficacité
dans le traitement de la crise à des posologies par voie
orale de l'ordre de 1 à 2 mg. La posologie maximale ne
doit pas dépasser 6 mg par jour ni 10 mg par semaine.
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- Les effets secondaires fréquents sont
: nausées, palpitations, somnolence, fourmis dans les
membres, crampes. L'ergotisme (forme grave d'artérite
des membres) est un effet secondaire rare mais grave qui a été
observé, surtout lorsque le tartrate d'ergotamine est
associé à certains antibiotiques du groupe des
macrolides (dont la co-prescription est formellement contre-indiquée).
Attention, certains traitements de fond de la migraine peuvent
également augmenter le risque d'ergotisme lorsque du tartrate
d'ergotamine leur est associé: les bêta-bloquants,
le méthysergide.
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- La dihydroergotamine ne peut être administrée par voie orale
et doit être utilisé par d'autre voies: sous cutanée,
intra musculaire, intraveineuse, ou plus simplement en spray
nasal. Les doses sont de l'ordre de 1 à 2 mg par jour
au maximum. L'ergotisme semble extrêmement rare en cas
d'utilisation de dihydroergotamine.
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- Les triptans
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- Ces produits plus récents sont très
spécifiques des récepteurs vasculaires impliqués
dans la crise migraineuse. Le plus ancien d'entre eux, le sumatriptan,
n'est disponible que sous forme injectable. D'autres produits
plus récents (zolmitriptan, naratriptan, rizatriptan,életriptan,
almotriptan) sont utilisables par voie orale. Ils soulagent en
deux heures 50 à 70% des crises migraineuses. Les posologies
diffèrent d'un produit à l'autre. Ils doivent être
utilisés au début de la phase douloureuse de la
crise, et non au cours de l'aura (si elle existe).
- Les effets secondaires des triptans sont:
sensations de chaleur, fourmis dans les membres, oppressions
thoraciques (la plupart du temps sans cause coronarienne vraie).
Du fait qu'ils agissent en provoquant une constriction des
artères, ils sont contre-indiqués dans les maladies
artérielles telles que l'artérite des membres inférieurs,
les maladies coronariennes, le syndrôme de Raynaud, et
également en cas d'insuffisance hépatique ou rénale.
- Interactions médicamenteuses: les
triptans ne doivent pas être associés aux dérivés
de l'ergot de seigle ni au méthysergide. D'autres interactions
médicamenteuses existent, propres à chaque triptan:
votre médecin et votre pharmacien doivent vous les signaler.
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- Les médicaments
adujvants
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- La caféine a une efficacité antimigraineuse modeste,
mais démontrée. En outre, elle améliore
l'absorption digestive du tartrate d'ergotamine. Elle est souvent
proposée en association dans certaines spécialités
pharmaceutiques anti-migraineuses
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- Les tranquilisants peuvent être utiles
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- Les antiémétiques (qui préviennent et calment les nausées
et vomissements), comme le métoclopramide, le dompéridone
et le métopimazine, peuvent être des produits d'accompagnement
utiles pour certains migraineux. Certaines spécialités
pharmaceutiques en contiennent en association.
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- L'abus de traitements
de la crise.
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- Attention, la prise répétée
de traitements de la crise (même les plus bénins,
comme le paracétamol) expose à une accoutumance
obligeant le patient à augmenter et à répéter
les prises: c'est un véritable cercle vicieux qui entretient
la douleur. Il faut savoir associer un traitement de fond pour
éviter la consommation répétée de
traitements de la crise.
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- La femme enceinte ou allaitante:
que faire?
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- Au cours de la grossesse,
la plupart des médicaments de la crise ne peuvent être
utilisés, soit qu'ils aient démontré une
toxicité, soit qu'ils n'aient pas fait l'objet d'études
suffisantes. Seul le paracétamol, à doses modérées,
semble utilisable sans risque. Par bonheur, la migraine s'améliore
souvent au cours de la grossesse...
- Les médicaments de
la crise contre-indiqués en cas d'allaitement sont également
nombreux: demandez conseil à votre médecin ou à
votre pharmacien.
Sources:
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