L'hépatite B est une
affection fréquente en France. Ses modes de transmission
sont essentiellement:
- la contamination sexuelle
- la contamination d'origine
professionnelle (personnels exposés, essentiellement personnels
médicaux)
- la contamination de la mère
à l'enfant au cours de la vie intra utérine.
- la contamination par les
pratiques d'injection (toxicomanies intra-veineuses)
Parmi les personnes infectées
par ce virus, environt 20% ne vont jamais développer d'immunité
efficace, et en resteront porteurs toute leur vie. Outre que
ces personnes sont contaminantes, elles sont exposées
aux deux principales complications de cette maladie: la cirrhose
du foie et le cancer du foie.
Pour limiter ces risques,
il a été décidé dans les années
90 de proposer la vaccination contre cette maladie à l'ensemble
de la population. Cette mesure ne peut être efficace que
si l'on vaccine avant toute exposition au risque sexuel: c'est
pourquoi la vaccination a été intégrée
au programme de vaccination du nourrisson, ou proposée
à l'âge de 11 ans aux enfants qui n'auraient pas
été vaccinés antérieurement. La vaccination
n'est pas obligatoire.
En 1997, un risque lié
à cette vaccination a été évoqué:
quelques observations de poussées de sclérose en
plaques, survenues quelques jours après une vaccination
contre l'hépatite B, ont fait envisager une relation de
cause à effet.
La sclérose en plaques
est une maladie neurologique relativement fréquente, et
grave, évoluant par poussées imprévisibles.
Il est donc possible que les observations de poussées
après une vaccination soient parfaitement accidentelles,
et sans aucun lien de cause à effet. Pour le savoir, il
faut étudier la fréquence des poussées de
sclérose en plaque dans la population vaccinée,
par rapport à la population non vaccinée.
Trois études "cas-témoins"
de ce type ont été réalisées en 1997
et 1998, en France et en Angleterre. Elles n'ont pas permis de
montrer de relation causale entre la vaccination contre l'hépatite
B et la survenue de sclérose en plaques. D'aussi bonne
qualité que soient les études réalisées,
elles ne peuvent affirmer un risque nul: la réponse qu'elles
apportent est toujours du type "si un risque existe, il
est inférieur à telle valeur".
C'est pourquoi une analyse
des risques a été menée en détail,
reposant sur deux principes:
- supposer que le risque de
SEP existe, et qu'il est égal à la valeur maximale
admise par les études épidémiologiques,
- au contraire, considérer
les valeurs minimales de risques de complications liées
au virus de l'hépatite B
- Autrement dit, on a maximisé
le risque de complication de la vaccination, et minimisé
le risque de complications de l'hépatite B.
-
- Les résultats de cette
étude sont les suivants:
-
- Dans le pire des cas, en
vaccinant les 800 000 enfants d'une tranche d'âge de 11
ans, on risque 2 affections demyelinisantes centrales, par contre
si on ne les vaccine pas,on aura au moins 3 hépatites
fulminantes et 12 cancers du foie dans cette même population.
- Par ailleurs, il faut savoir
que parmi les cas déclarés de SEP proche d'une
vaccination, aucun ne concerne un nourrisson.
-
- Ces données plaident
en faveur du maintien de la vaccination systématique des
nourrissons et des enfants en France, et c'est l'attitude qui
est préconisée par les autorités sanitaires
françaises. La vaccination comprend deux injections sous-cutanées
à un mois d'intervalle, suivies d'un rappel six mois plus
tard. Aucun rappel ultérieur n'est nécessaire.
Sources: