Madame, Monsieur,
Vous êtes atteint
(e) dun zona.
Cette affection est liée au virus de
la varicelle.
Quel est son mécanisme
?
Il y a de nombreuses années, probablement
au cours de votre enfance, vous avez contracté la varicelle.
Comme tout le monde, vous en avez guéri sans séquelle.
Mais quelques virus sont à ce moment partis se cacher
dans certaines cellules de votre système nerveux central,
où ils se sont trouvés à labri de
votre système immunitaire. Ils y sont restés quiescents
depuis cette époque.
Progressivement, votre immunité contre
la varicelle a, très normalement, diminué. Aujourdhui
elle est si faible que le virus a pu se " réveiller
", et reprendre une multiplication importante : les virus
sont descendus le long de la racine nerveuse dans laquelle ils
étaient quiescents, et léruption dessine
aujourdhui le territoire sensitif de cette racine.
Cette éruption stimule votre système
immunitaire, qui va à nouveau se défendre contre
le virus, et vous serez protégé(e) en principe
pendant plusieurs années contre la récidive de
cette affection.
Comment se présente
un zona ? Comment évolue-t-il ?
Léruption est très typique
: elle débute par une sensation de brûlure dun
territoire cutané, et quelques heures ou quelques jours
plus tard, apparaissent dans cette zone une rougeur, bientôt
parsemée dinnombrables vésicules contenant
un liquide clair, exactement semblables aux vésicules
de varicelle. Léruption peut toucher nimporte
quelle partie du corps. Elle est toujours strictement unilatérale.
Elle saccompagne de douleurs, variables en intensité
(les zonas ophtalmiques sont souvent très douloureux).
Sans traitement, la maladie évolue
vers la guérison en deux à trois semaines (il peut
y avoir plusieurs poussées successives). Les douleurs
peuvent persister plus longtemps (parfois jusquà
trois mois).
Le traitement écourte la durée
de la maladie, et limite le risque de douleur résiduelle.
Le zona est-il contagieux
?
Oui, certainement : les vésicules sont
bourrées de virus de la varicelle, et vous pouvez donc
le transmettre à une personne qui nest pas protégée
contre cette affection (surtout un enfant, une personne âgée,
ou une personne immunodéprimée). Pendant la durée
de léruption et jusquà la disparition
des dernières croûtes, il vaut donc mieux éviter
de fréquenter les enfants, les personnes âgées,
les personnes séropositives pour le VIH, et les malades
cancéreux.
Des examens complémentaires
sont-ils nécessaires ?
Aucun examen nest nécessaire
pour affirmer le diagnostic, si léruption est typique.
Chez le sujet âgé, aucun bilan immunitaire ne simpose,
car laffection ne fait que traduire la diminution physiologique
de limmunité anti-varicelle. Si léruption
survient chez un sujet jeune, ou dans la force de lâge,
un bilan complémentaire doit être pratiqué
à la recherche dune cause de diminution de limmunité.
Il devra également être pratiqué en cas de
zona récidivant.
Les zonas survenant dans la région
supérieure du visage imposent un examen ophtalmologique,
pour dépister et traiter de façon adéquate
une éventuelle lésion de la cornée.
Comment se traite le zona
?
Le traitement repose sur quelques principes
:
1/ éviter la surinfection des lésions,
par un traitement antiseptique local régulier.
2/ traiter la douleur : votre médecin
vous conseillera des antalgiques de niveau variable, en fonction
de votre douleur, afin de la faire totalement disparaître.
3/ lutter contre la multiplication virale
: nous disposons de plusieurs médicaments anti viraux
spécifiques de cette infection. Ils sont dautant
plus efficaces quils sont débutés précocément.
Votre médecin en fera le choix pour vous, et vous en expliquera
les modes de prises.
4/ le zona ophtalmique impose une prise en
charge spécialisée par un ophtalmologiste.
Sources :
- Maladies Infectieuses, E. Pilly, 15ème
édition, Octobre 1996,2M2
- 11e Conference de Consensus en Thérapeutique
Anti-infectieuse. Prise en charge des infections à VZV
Lyon - 25 mars 1998. Première partie. Med Mal Infect1998;28:684-816
- 11e Conference de Consensus en Thérapeutique
Anti-infectieuse. Prise en charge des infections à VZV
Lyon - 25 mars 1998. Deuxième partie. Med Mal Infect1998;28
(s):821-927