après l'étude MTOPS, que penser du traitement médical de l'hypertrophie bénigne de la prostate? |
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Résumé: Jean-Pierre AUBERT |
Pour mieux connaître l'intérêt des antagonistes de la 5 alpha réducaset et des alpha-bloquants dans le traitement médical de l'hypertrophie bénigne de la prostate (HBP), les auteurs ont conduit un essai en double aveugle, incluant sur le long terme (4.5 ans de suivi en moyenne) 3047 hommes atteints d'HBP et répartis en quatre groupes:
La monothérapie a, par rapport au placebo réduit de de 39% (p<0.001) pour le doxazosine, de 34%(p<0.002) pour le finastéride le risque de progression clinique , définie comme une élévation de 4 points par rapport au résultat initial du score clinique de l'AUA, ou la survenue d'une complication (rétention urinaire aiguë, incontinence urinaire, insuffisance rénale, infections urinaires récidivantes.
Le traitement combiné s'est montré significativement plus efficace que chacune des monothérapies, avec une réduction du risque de progression clinique de 66% par rapport au placebo (p<0.001) .
Le risque de rétention aigue d'urines est significativement réduit par le finastéride et par le traitement combiné, mais non par la doxazosine. Il en est de même du risque de nécessité d'un geste chirurgical.
Les scores symptomatiques se sont réduits dans les trois groupes doxasozine, finastéride, et traitement combiné par rapport au placebo, avec un résultat significativement meilleur dans le groupe traitement combiné comparé aux deux monothérapies.
Les auteurs concluent que la bithérapie est sur le long terme un traitement sûr et plus efficace que chaque monothérapie, de l'HBP.
Commentaire:Cet essai est de bonne qualité et apporte des éléments décisionnels importants en médecine générale dans la prise en charge de l'HBP:
chacune des deux monothérapies est intéressante et MTOPS est, avant tout, un important essai confirmant que le traitement médical de l'HBP est légitime. La démonstration d'une efficacité sur la nécessité d'un geste chirurgical peut faire pencher le choix de monothérapie vers le finastéride plutôt que vers la doxazosine.
Pour qu'une stratégie de bithérapie d'emblée, s'impose en soins primaires, il faudrait encore étudier l'observance et la tolérance d'un tel suivi sur le long terme, dans les conditions réelles de notre exercice. Mais c'est une piste qui doit dorénavant être suivie.
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