Malaises et pertes de connaissance chez l'adulte
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SFTG PARIS-NORD: REVUE DE PRESSE



Malaises et pertes de connaissance chez l'adulte

  • Malaises et pertes de connaissance de l'adulte.P. Ryvlin, E. Hirsch La revue du praticien 31 décembre 2003 Tome 53 N° 20 P2277-2284

Résumé: Franck DEJONCKERE







A consulter sur le sujet:





I. MALAISES

Première étape : distinguer les épisodes comportant une PC plus ou moins complète

Malaises avec perte de connaissance (Cf. second chapitre)

Recouvrent le domaine des lipothymies et des syncopes, des crises d’épilepsies, et des troubles psychiatriques. L’interrogatoire du patient et de son entourage recherche la survenue de troubles de la conscience ou d’une chute. La clinique et certains paramètres biologiques peuvent être utiles (lésion traumatique, rhabdomyolyse)

Certains tableaux cliniques peuvent prêter à confusion
Syndrome de narcolepsie-cataplexie
Ictus amnésique
Hypoglycémie

Elle peut entraîner des troubles de la vigilance et des troubles neurovégétatifs transitoires. Cependant une PC associée à une hypoglycémie signe le plus souvent une crise d’épilepsie.

II. PERTE DE CONNAISSANCE

Episode de survenue brutale ou très rapidement progressive (quelques secondes), de durée brève (quelques secondes à quelques minutes), comportant une dissolution totale ou partielle de la conscience et pouvant entraîner la chute.

A. Première étape diagnostique

Reconnaître 1 des 3 grands cadres pathologiques suivants :

Les lipothymies et les syncopes
Les crises d’épilepsies
Généralisées :
Partielles :

Altérations de la conscience de sémiologie très variable avec parfois généralisation secondaire.

Les PC d’origine psychiatrique

Peuvent reproduire des tableaux lipothymiques et syncopaux ainsi que des manifestations d’allure convulsives. Ces crises non épileptiques psychogènes (ou pseudo crises) correspondent le plus souvent à des crises d’angoisse ou à des crises somatoformes (hystérie).

Schématiquement

Lipothymies et syncopes:

Caractérisées par la PC et la chute molle, les signes d’accompagnement tels que prodromes ou brèves secousses musculaires sont au second plan.

Les crises convulsives :

B. Interrogatoire et examen

Interrogatoire
Examen clinique
Examens complémentaires

Aucun n’est systématique hormis la réalisation d’un ECG et d’une glycémie veineuse.

C. Lipothymies et syncopes

1. Définitions
Syncope :
Lipothymie :
La syncope convulsivante :
2. Diagnostic étiologique
Les causes de syncopes et de lipothymies se répartissent en 2 grandes classes :

Le diagnostic étiologique d’une syncope peut être le plus souvent posé par les données de l’anamnèse, de l’examen clinique et de l’ECG.

3. Syncopes neuro-cardiogéniques
La syncope vasovagale
Les syncopes réflexes tussives et mictionnelles
L’hypersensibilité du sinus carotidien
4. Syncopes par hypotension orthostatique
5. Syncopes cardiaques

Plusieurs éléments orientent vers une origine cardiaque mais aucun n’est spécifique : ATCD cardio vasculaires, traitement anti arythmique, syncope à l’emporte pièce sans prodrome ou au contraire dyspnée, palpitions ou douleur thoracique, déclenchement à l’effort, anomalie à l’auscultation cardiaque ou à l’ECG.

Obstacles à l’éjection ventriculaire
Blocs auriculo-ventriculaires complets

Caractérisés par une syncope à l’empote pièce à début et fin extrêmement brutaux, de durée brève (quelques secondes), le sujet se relevant immédiatement après la chute.

Dysfonctions sinusales et maladies de l’oreillette

Identification plus difficile car sémiologie peu spécifique (lipothymie banale) et normalité fréquente de l’ECG nécessitant le recours à des explorations cardiologiques complémentaires.

Tachycardies paroxystiques ventriculaires
Syncope avec douleur thoracique

Evoquer un angor de Prinzmetal, un IDM ou une EP. La PC peut cependant répondre à un mécanisme vasovagal secondaire à la douleur.

D. Crises d’épilepsie

Définie comme une décharge excessive et hyper synchrone d’une population plus ou moins étendue de neurones de l’encéphale. Une origine corticale unilatérale signe une crise partielle susceptible de se généralisée dans un second temps. Une origine bilatérale de la décharge témoigne d’une crise généralisée d’emblée. On tente donc de distinguer dans un premier temps les crises ayant comporté une PC complète et prolongée accompagnée de convulsions des autres manifestations épileptiques de sémiologie plus variable.

1. Crise généralisée tonico-clonique

La deuxième phase de la crise est clonique caractérisée par des clonies des 4 membres qui vont progressivement s’espacer pour s’interrompre après 30 à 60 secondes.

On observe ensuite une reprise de la respiration qui du fait de l’encombrement est bruyante (respiration stertoreuse), associée à une hyper salivation. La reprise d’une conscience normale est lente et progressive.

En l’absence de témoin, la durée de l’amnésie post-critique est un élément évocateur d’une crise d’épilepsie. Une morsure de langue peut être observée mais elle n’a de valeur que si elle est latérale. L’urination est aussi un élément d’orientation mais elle n’est ni constante ni spécifique. Par la suite la patient se plait de courbatures. La stricte normalité des enzymes musculaire est en défaveur d’une crise convulsive. La crise généralisée tonico-clonique peut être précédée par divers symptômes de quelques secondes à quelques minutes (aura, simple perte de contact, activités motrices ou verbales automatiques) orientant alors vers une crise partielle secondairement généralisée.

2. Crise d’épilepsie partielle sans généralisation secondaire

Elles s’accompagnent souvent d’une altération plus ou moins profonde la conscience. Elles entraînent rarement une chute et jamais un tableau de PC complète.

Le diagnostic est évoqué devant :

Durée de la crise partielle très variable de quelques dizaines de secondes à 2 ou 3 minutes. La confusion post-critique est inconstante allant d’une à plusieurs minutes.

Le diagnostic d’épilepsie impose la recherche d’éléments favorisants :

ATCD familiaux d’épilepsie, ATCD personnels de crises hyperthermiques dans l’enfance, de traumatisme crânien, de méningite ou d’encéphalite, prise excessive d’alcool, de toxique ou de médicaments abaissant le seuil épileptogène,sevrage éthylique ou en benzodiazépines, privation de sommeil.

L’EEG

Le diagnostic de crise d’épilepsie est clinique, l’EEG étant le plus souvent inutile. Il est cependant indispensable pour préciser le type d’épilepsie en particulier la nature idiopathique ou partielle car le traitement est différent.

Imagerie en urgence

Elle est justifiée en cas de crise(s) inaugurale(s) répondant à au moins l’un des critères suivants : crise partielle, fièvre, céphalées, confusion ou signe de focalisation neurologique persistant, sérologie VIH positive, contexte néoplasique, TC récent, traitement anticoagulant, sujet de plus de 40 ans. Le TDM sans injection est alors l’examen de choix, sa normalité devant cependant devra faire pratiquer une IRM à distance. Les épilepsies généralisées idiopathiques en revanche ne nécessitent aucun bilan d’imagerie.

E. Malaises d’origine psychiatrique

Ils sont fréquents, polymorphes et susceptibles de mimer des épisodes lipothymiques, une syncope ou une crise convulsive. Ils représentent 20% des causes de malaises. Le diagnostic repose sur la conjonction :

Prudence car la présence de troubles psychiatriques représente aussi un facteur de risque du développement d’une comitialité notamment par le biais de certains psychotropes (tricycliques).

1. La crise d’angoisse

Elle associe de façon variable des symptômes :

Elle peut évoluer vers une PC d’allure syncopale. Le diagnostic est évoqué sur le mode d’installation progressif secondaire à un facteur déclenchant connu (effort physique, foule, conduite automobile, voyage en avion, hyperpnée, abus de caféine…) avec développement de comportement d’évitement phobique.

2. Les crises somatoformes (symptôme de conversion)

Surviennent chez les patients souffrant d’ATCD psychologiques traumatisants (abus sexuel en particulier). Le tableau reproduit souvent certains aspects de la crise généralisée tonico-clonique. Certains éléments sont cependant évocateurs de leur nature non épileptique : survenue en présence de témoins, chute lente et molle rarement traumatisante, PC longue de plusieurs minutes, mouvements anarchiques des membres de grande amplitude généralement les bras tendus, mouvement du bassin a connotation sexuelle, résistance des paupières à l’ouverture des yeux, phase de « coma » calme et aréactif post-critique prolongé.




Pour en savoir plus:
La Revue du Praticien
   
MeSH:
Syncope
Unconsciousness




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