SRAS: quelques données cliniques et virologiques |
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Une série d'articles vient d'être publiée par le Lancet, donnant quelques informations sur l'état des lieux des connaissances sur le Syndrôme Respiratoire Aigu Sévère. Une description clinique en a été donnée, et les traits épidémiologiques principaux formulés.
A Hong Kong, 1425 cas ont été recensés, avec 122 décès. L'évolution de l'affection est rapide: après une incubation d'une durée moyenne de 6,4 jours, les patients développent des symptômes respiratoires, qui conduisent à l'hospitalisation en trois jours en moyenne (sans qu'une hospitalisation précoce n'ait eu d'influence sur le pronostic).
L'épidémie est apparue au début de Mars, assez lentement. Puis le nombre de cas a cru extrêmement vite fin Mars, avant que l'épidémie ne se calme en Avril.
L'évolution clinique a été suivie en détail chez 75 adultes. Tous les patients présentaient un syndrôme grippal nettement fébrile, et ont reçu différents traitements (amoxicilline/acide clavulanique, macrolides, quinolnes, ribavirine IV) L'évolution est en trois phases:
L'identification virale a permis la mise au point d'une détection par PCR, et la charge virale a pu être mesurée: elle est majeure au 10ème jour.
Les facteurs de gravité identifiés, associés au développement d'un syndrôme de détresse respiratoire sont l'âge (la mortalité est trois fois plus importante chez les sujets de plus de 60 ans, que chez les sujets jeunes) et un portage du virus de l'hépatite B.
L'affection semble bénigne chez l'enfant, réduite à une rhinopharyngite avec toux, sans hypoxie, ni risque de détresse respiratoire, mais le nombre de cas est faible.
Les données d'analyse du génome montrent que la variabilité est faible. 5 souches ont été comparées, montrant que de petites modifications pouvaient servir de signature moléculaire pour retrouver l'origine géographique de la transmission, mais aucune modification majeure n'a été observée. Il est donc probable qu'un vaccin soit envisageable. Toutefois il apparaît, à la lecture de ces articles, que l'aggravation clinique est contemporaine, non de l'infection, mais du développement de l'immunité anti SARS-CoV. Il faudra donc vérifier que'un vaccin assurant une bonne réponse immunitaire... n'induise pas la maladie!!
Au terme de cette présentation, il faut signaler que l'OMS a défini les critères permettant d'évaluer la probabilité d'un SRAS:
Cas présumé
1. A compter du 1er novembre 2002,1 toute personne présentant les signes suivants :Cas probable
1. Cas présumé qui présente à la radiographie thoracique des infiltrations compatibles avec une pneumonie ou un syndrome de détresse respiratoire.Critères d’exclusion
Le diagnostic sera exclu si un autre diagnostic permet d’expliquer entièrement la maladie.Reclassification des cas
Le SRAS étant actuellement un diagnostic différentiel porté par exclusion, la classification d’un cas déclaré peut évoluer. La prise en charge clinique d’un malade doit toujours être appropriée, quelle que soit la classification du cas
1 La période de surveillance commence le 1er novembre 2002 pour inclure les cas de pneumonie atypique maintenant reconnus comme des cas de SRAS survenus en Chine. La transmission internationale du SRAS a été signalée pour la première fois en mars 2003 concernant des cas dont les symptômes étaient apparus en février 2003.
2 Contact rapproché: le fait d’avoir donné des soins à un cas présumé ou probable de SRAS, cohabité avec cette personne ou eu des contacts directs avec ses sécrétions respiratoires ou ses liquides biologiques.
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