Le Traitement Hormonal Substitutif de la ménopause ne prévient pas la démence. |
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Résumé: Jean-Pierre AUBERT |
L'étude WHI a fait grand bruit lorsqu'elle a démontré en 2002 que le traitement hormonal substitutif de la ménopause (au moins dans sa version américaine comprenant des oestrogènes conjugués et de l'acétat de médroxyprogestérone) avait une balance bénéfices/risques défavorables dans le cadre de la prévention primaire.
Rappelons que l'essai a inclus 16608 patientes âgées de 50 à 79 ans recevant, soit un comprimé combiné d’oestrogènes conjugués d’origine équine (0.625 mg par jour) et d’acétate de médroxyprogestérone (2.5 mg par jour), soit un placebo.
Deux études dérivées viennent d'être publiées par le JAMA, portant sur l'effet du THS sur les fonctions supérieures.
La première étude, (WHI Memory Study WHIMS) a inclus 4532 femmes de plus de 65 ans, ayant subi chaque année un test MMSE modifié (3MSE). Une démence probable a été diagnostiquée chez 40 femmes du groupe traitement actif, contre 21 du groupe placebo (RR, 2.05, IC 95% 1.21-3.48; p =0.01). La fréquence des déficits cognitifs mineurs était comparable dans les deux groupes. Dans cette étude donc, le THS tendait à augmenter le risque de démence.
Une seconde étude a cherché à mesurer l'évolution du score 3MSE au fil de l'essai WHIMS: dans le groupe traitement actif, 6.7% des patientes ont présenté une diminution de plus de 2 DS de leur score 3MSE, contre 4.8% dans le groupe placebo (p=0.008).
Comme le note l'éditorialiste de ce numéro du JAMA, le traitement hormonal substitutif ne se justifie donc pas dans l'idée de prévenir la maladie d'Alzheimer. Il est important de noter que ces données contredisent celles de l'expérimentation animale, où un effet préventif a été reconnu. Des travaux ultérieurs devraient donc creuser encore cette question.
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