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SFTG PARIS-NORD

evaluation de la severite de l'asthme en soins primaires

 
Validité des symptômes et de la clinique
pour l’évaluation de la sévérité de l’asthme
chez des adultes asthmatiques vus en soins primaires.
Tze Pin NG. Validity of symptom and clinical measures of asthma severity for primary outpatient assessment of adult asthma. BJGP 2000;50:7-12
 

Résumé et commentaires : D. Huas

NB: ce texte a été publié dans: Médecine générale 2001 : Bibliographie commentée,
sous la direction de Max Budowski, Michel Doumenc, Bernard Gay, Dominique Huas, Denis Pouchain,
coordonné par Jean-Loup Rouy, CNGE, Editions scientifiques LC, 224 pages, 2001

à consulter également sur le sujet:

L’auteur, un généraliste universitaire de Singapour, s’est interrogé sur la pertinence des symptômes cliniques (fréquence, intensité, durée des crises et des symptômes nocturnes) et des explorations fonctionnelles respiratoires comme marqueurs prédictifs de la survenue d’exacerbations. Par ailleurs, jugeant peu efficients les stades de sévérité de la maladie tels qu’ils sont définis dans les recommandations, il a testé un nouvel outil définissant des stades de sévérité utiles à la pratique.

Objectif : vérifier s’il existe une relation entre les symptômes cliniques et le volume expiratoire maximum par seconde (VEMS) et la survenue d’exacerbation de l’asthme aboutissant à une consultation aux urgences, une hospitalisation ou un arrêt de travail.

Méthode : 361 adultes asthmatiques suivis en ambulatoire ont été inclus. A l’inclusion, étaient recueillis la fréquence des symptômes et des exacerbations nocturnes, le VEMS. Un score de sévérité était établi à partir de ces données. Trois ans après, les consultations liées à une aggravation des symptômes, les hospitalisations, les arrêts de travail étaient relevés, de même qu’une auto évaluation de la modification de la fréquence des symptômes et de la sévérité.

Résultats : l’aggravation des symptômes cliniques et du VEMS étaient très étroitement liés aux risques de consultation en urgence, à une hospitalisation et aux arrêts de travail. Un score de sévérité supérieur à 3 (asthme modéré à sévère) et l’auto évaluation par le patient d’un changement de la sévérité de son asthme était très liés à un risque accru de tous les items. Les symptômes cliniques et le VEMS seuls n’ont pas montré une bonne sensibilité, mais l’association avec le score de sévérité renforçait la validité. L’appréciation par le patient d’une modification dans la gravité de son asthme est le critère qui a la meilleure validité.

Conclusion : la prise en compte de la fréquence des symptômes liés à l’asthme et du VEMS est un bon facteur prédictif du risque de survenue d’exacerbations aboutissant à des consultations en urgence, des hospitalisations ou des arrêts de travail. De plus, un score simple, établi à partir des symptômes clinique, du VEMS et de l’appréciation par le patient d’une modification de la sévérité de son asthme, est un bon outil pratique pour définir la sévérité d’un asthme.

Commentaire

La recherche de facteurs prédictifs permettant, dans la pratique, de prévoir une aggravation éventuelle d’un asthme est une idée séduisante. Néanmoins l’étude réalisée à Singapour pose certaines questions :

En quoi ces résultats issus d’une pratique de type anglo-saxonne de la médecine générale (avec infirmières réalisant l’étude, suivant les patients, donnant les conseils) sont-ils pertinents en France, où la pratique de la médecine générale est très différente ?

Les patients inclus étaient représentatifs de l’ensemble des asthmatiques inscrits sur la liste des centres de soins concernés. Il n’y a donc pas de biais dans le recrutement. Trois ans après l’inclusion, une infirmière a téléphoné aux patients. Il n’est pas mentionné que les patients étaient informés de l’objet de l’étude et s’ils devaient noter les événements au fur et à mesure de leur survenue. On imagine aisément l’importance des biais de mémorisation quand le patient doit se rappeler du nombre de jours d’arrêt de travail liés à l’asthme, de crises ou de consultations en urgence dans l’année précédente. Ce biais tempère grandement la validité des résultats.

L’étude est basée sur la mesure du VEMS réalisé au centre de soins. Il est précisé que la mesure du débit mètre de pointe (DMP) n’est pas de réalisation courante à Singapour. En France, le coût de l’appareil et le souhait des pneumologues de conserver l’exclusivité de la réalisation des EFR, rendent cette mesure difficile en routine. La même recherche réalisée avec le DMP nous serait plus utile.

Des études avaient jusqu’alors montré que l’autoévaluation de son asthme par le patient n’étaient ni un bon critère d’évaluation immédiate de l’état de la maladie, ni un bon critère de suivi. Cette étude nous propose une autre approche : elle rend pertinente l’autoévaluation par le patient du niveau de sévérité de sa maladie. Avant d’en prendre acte, cette hypothèse devra être vérifiée.

Enfin, on peut se poser la question de la finalité d’une telle évaluation prédictive. En quoi améliore-t-elle la prise en charge d’un asthmatique ? Est ce pour permettre une mise en garde documentée du patient sur les risques d’aggravation de sa maladie dans les années qui viennent ? Est ce pour favoriser la diminution des facteurs de risque tels que le tabac ou les allergènes ? Est ce pour renforcer le traitement préventif, en dehors de la pression des crises? Il est regrettable que l’auteur n’ait pas évoqué cet aspect qui est le premier souci d’un médecin praticien.

 

 

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