Dépistage
de masse du cancer du sein par mammographie: des doutes sur l'efficacité
- Cochrane review
on screening for breast cancer with mammography.
Olsen O and Gøtzsche PC., Lancet 2001 Oct 20; 358:1340-1342.
Résumé
: J.P. Aubert
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- En 2000 les auteurs ont publié une
étude mettant en cause la relation entre dépistage
mammographique de masse du cancer du sein et réduction
de la mortalité (Gøtzsche
PC, Olsen O. Is screening for breast cancer with mammography
justifiable? Lancet 2000; 355: 129-34.) Une revue Cochrane
a maintenant confimé ces constatations. Elle montre que
la mesure de la mortalité par cancer du sein est un critère
de mesure trompeur.
-
- Les auteurs avaient évalué
les résultats des sept essais randomisés de dépistage
mammographique, et conclu que le dépistage de masse n'est
pas justifié, car il n'est pas prouvé qu'il réduise
la mortalité. nous avons réévalué
cette constatation dans une revue Cochrane (Olsen O, Gøtzsche
PC. Screening for breast cancer with mammography. In: Cochrane
Library, issue 4. Oxford: Update Software (in press). ), dans
laquelle la plus grande attention a été donnée
à l'analyse des qualités méthodologiques
des essais: méthode de randomisation, comparabilité
des groupes à l'entrée, exclusions arprès
randomisée, recueil non biaisé des critères
d'évaluation. De plus ils ont noté si l'introduction
d'un dépistage de masse avait eu lieu dans le groupe contrôle.
Sur la base de cette analyse, les auteurs ont proposé
de classifier les essais en quatre catégories de qualité:
haute, moyenne, faible et très faible.
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- Aucun essai n'atteignait
les critères d'un essai de haute qualité. Deux
essais étaient de qualité moyenne (Malmö et l'essai canadien), trois essais étaient
de faible qualité (Deux-comtés, Stockolm et Göteborg),
et deux de qualité très faible (New York et Edinburgh)
-
- L'analyse a montre que l'évaluation de la cause de la mort est biaisée
en faveur du dépistage. Dans
tous les essais, des morts de causes incertaine étaient
plus souvent rapportées au cancer du sein qu'à
d'autres causes dans les groupes contrôles. La crédibilité
de cette constatation est renforcée par une autre méta-analyse,
qui a montré que la radiothérapie réduit
la récidive locale des deux tiers (Early
Breast Cancer Trialists' Collaborative Group. Favourable and
unfavourable effects on long-term survival of radiotherapy for
early breast cancer: an overview of the randomised trials. Lancet
2000; 355: 1757-70. ) Le traitement des cancers précoces
par tumorectomie et radiothérapie pourrait augmenter la
probabilité que les morts dans le groupe dépistage
soient classées comme morts par autre causes (en particulier
autres cancers). Il est à noter que dans les deux essais
de meilleur qualité, l'effet du dépistage ne montre
pas de réduction de la mortalité par cancers de
toutes causes (incluant les cancers du sein): le risque relatif
est de 1.02 (IC 95%: 0.95-1.10). De plus l'utilisation plus fréquente
de la radiothérapie parmi les femmes dépistées
que dans les groupes contrôles doit normalement augmenter
la mortalité globale en raison d'effets secondaires cardio-vasculaires:
ces décès n'ont pas été comptés
comme morts secondaires au dépistage dans les essais étudiés.
-
- Le principal criètre de jugement dans
les essais était la mortalité par cancer du sein.
Ce choix paraît rationnel, puisque pour montrer un effet
sur la mortalité toutes causes, il faudrait des essais
de plus grande puissance. Toutefois les auteurs montrent que
cette assertion concernant la réduction de la mortalité
par cancer du sein et l'absence de visibilité sur la réduction
de la mortalité toutes causes repose sur des bases inexactes. Dès lors les seuls résultats pertinents
concernent la mortalité toutes causes. Or le risque relatif de mortalité
toutes causes est de 1 (0.96-1.05) dans les deux essais de meilleure
qualité méthodologique.
-
- Dans leur publication de 2000, les auteurs
avaient divisé les essais en deux groupes de qualité
méthodologique. Ils avaient montré que l'effet
du dépistage sur la mortalité par cancer du sein
dans les deux meilleurs essais était significativement
plus bas que dans les cinq moins bons essais. Cette constatation
incite à penser que quelque chose ne va pas. Ils ont repris
leurs travaux en excluant totalement de l'analyse les deux essais
de qualité très faible. Il persiste toujours une
différence dans l'effet mesuré du dépistage:
les deux meilleurs
essais ne montrent, au bout de treize ans, aucun effet significatif
du dépistage sur la mortalité par cancer du sein
(risque relatif 0.97 (0.82-1.14)),
alors que dans les trois essais de qualité faible,l'effet
du dépistage est sensible (0.68(0.58-0.78; p=0.001). En
raison de leur grande hétérogénéité,
il n'est pas sage de combiner les résultats d'essais de
qualité non homogène.
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- Les plus importants effets sur lamortalité
par cancer du sein étaient rapportés dans des essais
qui présentaient les plus longs intervalles entre les
dépistage, ou qui invitaient les femmes à seulement
deux ou trois dépistages, ou qui démarraient le
dépistage systématique dans le groupe contrôle
après 3 à 5 ans, ou enfin dont l'équipement
mammographique était faible. Cet état de choses suggère que les différences
notées en termes d'effets sur la mortalité sont
dues aux imperfections méthodologiques des essais, et
non à la qualité des mammographies, ou des programmes
de dépistage.
-
- Les auteurs ont également confirmé
leurs données antérieures montrant que le dépistage conduit à
des traitements plus agressifs, augmentant
le nombre de mastectomies de 20%, et le nombre de mastectomies+tumorectomies
de 30%. L'augmentation de la chirurgie n'est pas un phénomène
initial lié à la détection incidente de
tumeurs prévalentes, mais semble persister. Le taux de
mastectomies dans les essais pourrait être plus haut que
dans la pratique courante, puisqu'il y a une tendance générale
à la réduction du nombre de matesctomies. Cependant
le dépistage repère des tumeurs d'évolution
lente, qui ne se seraient pas développées au cours
du reste de la vie de la patiente, et aussi des modifications
cellulaires cancéroïdes, mais biologiquement bénignes.
De plus le carcinome in sit n'évolue pas toujours vers
le cancer invasif, mais du fait que ces lésions sont souvent
diffuses, les femmes sont parfois traitées par mastectomie
bilatérale. De plus l'augmentation du taux de chirurgie
pourrait aussi avoir été sous-estimé, puisque
les réinterventions, pas plus que les interventions sur
le sein controlatéral ne semblent avoir été
incluses.
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MeSH
Mass screening
Breast neoplasms
Mammography
- Pour en savoir plus:
- The
Lancet
-
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