L’identification de cette pathologie est nécessaire car elle est souvent la conséquence d’une mauvaise prise en charge de la migraine
associée à une automédication incontrôlée transformant une migraine à expression épisodique en une migraine
à expression chronique.
Prévalence d’environ 3% dans la population générale.
Sa définition est purement descriptive : une céphalée présente tous les jours.
Eliminer les formes secondaires symptomatiques d’une pathologie neurologique (hématome sous-dural chronique ou
hypertension intracrânienne idiopathique) ou extraneurologique (maladie de Horton).
Dans les formes primitives, on distingue les céphalées dont la durée quotidienne est :
- inférieure ou égale à 4 heures : rares céphalées trigémino-autonomiques dont la principale est l’algie vasculaire
de la face à forme chronique
- supérieure à 4 heures : beaucoup plus fréquentes, il s’agit des céphalées de tension chronique et des migraines
chroniques (principale céphalée chronique en pratique courante).
Migraine chronique : la forme la plus fréquente
C’est le développement progressif, plus ou moins rapide, d’une céphalée chronique quotidienne à partir d’une
migraine à expression épisodique dont les crises deviennent de plus en plus fréquentes
Deux principaux profils évolutifs ont été définis :
- Les patients continuent de souffrir d’accès migraineux typiques mais développent, entre ces accès, des céphalées
intervallaires répondant aux critères diagnostiques de céphalées de tension (céphalées diffuses, peu pulsatiles et
ne s’associant pas à une symptomatologie digestive ou à une hyperesthésie sensorielle).
- Les patients ne se plaignent plus d’accès migraineux mais décrivent une céphalée continue se caractérisant
par la persistance de caractères sémiologiques typiquement migraineux comme la pulsatilité ou l’association d’hyperesthésie
sensorielle.
Comorbidité psychiatrique importante qui porte sur les troubles de l’humeur, l’anxiété et un profil
de personnalité de type «neurotonique ».
On ne sait pas si cette comorbidité est la cause ou la conséquence de la céphalée.
Sa prise en charge semble conditionner le succès du traitement de la migraine chronique.
Abus médicamenteux en cause.
Le rôle de l’abus médicamenteux dans la survenue et l’entretien de la migraine chronique ne fait aucun doute.
Il est directement corrélé à l’absence ou à la mauvaise prise en charge de la migraine qui expose le patient à une
automédication incontrôlée
avec des traitements non spécifiques mais aussi avec des traitements spécifiques.
Néanmoins, la migraine chronique semble différente selon le type de traitement responsable:
La migraine chronique associée à un abus de triptans pur se traduit le plus souvent par des crises migraineuses
restant typiques mais se répétant à grande fréquence, le sujet ne se plaignant d’aucune céphalée entre
deux prises de triptans et par une comorbidité psycho-comportemental moindre, expliquant peut-être la plus grande
facilité avec laquelle le sevrage thérapeutique est réalisé.
Traitement : sevrage médicamenteux
Un certain consensus propose de le faire sous couvert d’un traitement antidépresseur tricyclique,
associé éventuellement à une prise en charge spécifique psycho-comportementale.
Une surveillance est indispensable pour éviter une rechute dont le risque est particulièrement important dans les 6 mois
qui suivent le sevrage.
Vers une indispensable prévention
Elle nécessite une prise en charge adaptée de la migraine quand elle a encore une forme épisodique et repose sur quelques règles.
- privilégier l’utilisation d’antimigraineux spécifiques et notamment des triptans
- en n’acceptant toutefois que 2 prises médicamenteuses par semaine pour contrôler les crises
- Débuter le traitement de fond dés que 2 prises médicamenteuses par semaine sont effectuées et ce même si ces prises hebdomadaires sont efficaces et bien tolérées.
- Repérer un facteur biographique dont les conséquences psychologiques peuvent participer à la transformation d’une migraine à expression épisodique en une migraine chronique.
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