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SFTG PARIS-NORD

Questions de deux généralistes (S. Bouquet et JP Aubert)
sur la conférence de consensus:
"Prise en charge et prévention
du paludisme d'importation à P. falciparum", SPILF, 14/4/99

Voir aussi le document SFTG Paris-Nord:
07.99 Paludisme d'importation de l'adulte à Plasmodium falciparum:
diagnostic et traitement (d'après conf. de consensus SPILF 04.99)

 

Le palu d'importation est une affection relativement rare pour le médecin généraliste, suffisamment pour que d'une cure à l'autre il en oublie les modalités précises. Cette affection est toutefois une urgence thérapeutique, qui ne supporte pas de délai. Une conférence de consensus sur le sujet doit donc proposer au généraliste une conduite à tenir extrêmement précise, immédiatement utilisable face à un patient suspect de paludisme d'importation: le MG doit pouvoir dans ce cas sortir le texte de la conférence, et y trouver tout, tout de suite, sous une forme immédiatement utilisable. Ce n'est pas le cas.

En effet:

1/ il est précisé que doivent être pris en charge par le MG les paludismes non compliqués. Il faut donc que les signes de complications soient listés. C'est le cas, mais la liste est triviale. Les complications citées sont évidentes: coma, anémie profonde (hémoglobine < 5 g/dl), insuffisance rénale, syndrome de détresse respiratoire aiguë, hypoglycémie, choc,
saignement et/ou coagulation intravasculaire disséminée, convulsions généralisées ou répétées, acidose métabolique, hémoglobinurie macroscopique. Il n'y a pas besoin d'être un grand docteur pour hospitaliser un patient sur
un seul de ces signes. Ce qui aurait été utile pour le généraliste, c'est:

. une liste des complications à dépister, dans leurs formes mineures, afin de poser à temps le diagnostic de complication.

. une liste des examens à pratiquer pour dépister ces complications: par ex. le dépistage d'une anémie impose une NFS, celui d'une insuffisance rénale une créatinine, celui d'une hypoglycémie une glycémie,etc... Plutôt que de
laisser le médecin réfléchir en regardant cette liste de complications, il aurait fallu lui fournir un paragraphe simple, commençant par: "outre le frottis et l'éventuelle goutte épaisse, le bilan biologique de dépistage des complications doit comprendre: (etc)....."

2/ les choix médicamenteux doivent être parfaitement explicites, avec une hiérarchie précise: "le traitement de référence est..... En cas de contre indication (à lister), on utilisera dans un second temps:....". Le texte de la conférence, même s'il met sur un premier plan la quinine et la méfloquine, ne se prononce pas de façon aussi explicite.

3/ il s'agit d'une prescription urgente, le généraliste n'a pas le temps de chercher dans le VIDAL les noms des spécialités à utiliser. C'est d'autant plus important que, sous la référence "quinine", il existe sur le site de la BIAM 18 spécialités différentes, dont la plupart n'ont pas le paludisme pour indication, et dont un bon nombre correspondent à des produits en arrêt de commercialisation. La seule mention du mot "quinine" dans le texte de la conférence conduit donc le médecin généraliste à s'engager dans la confusion la plus totale. Les noms de spécialités à utiliser doivent être explicitement cités.

4/ il est très justement noté dans la conférence qu'une des conditions d'utilisation d'un produit est sa disponibilité immédiate pour le patient.
Or un coup de téléphone à quelques pharmaciens de notre quartier montrent que tous disposent dans leur officine de LARIAM et d'HALFAN, mais que la plupart n'ont pas de quinine utilisable dans l'indication de l'accès palustre. Cela
remet en cause la recommandation de ce produit en première intention, ou alors la recommandation doit être associée à une action envers les pharmaciens d'officine, pour qu'ils aient une quinine adaptée à disposition.

5/ de même les posologies doivent être exprimées clairement: d'abord en posologie rapportée au poids (c'est le cas dans le texte), puis pour éviter toute erreur de calcul de la part du MG, en posologie standard pour un adulte de 60 kgs. La formule de la conférence: "méfloquine: 25 mg/kg répartis en deux ou trois prises avec six à 12 heures d'intervalle entre chaque prise" n'est pas assez précise. Il aurait fallu écrire: "méfloquine (LARIAM): trois prises espacées de 6 heures. 8 mg par kilog et par prise,
soit pour un adulte de 60 kilogs environ: LARIAM 250: trois prises de deux comprimés, à six heures d'intervalle. Un autre schéma posologique est possible: deux prises de 12.5 mg/kg, espacées de 12 heures, soit pour un adulte de 60 kgs environ: LARIAM 250: deux prises de trois comprimés, à six heures d'intervalle."


6/ l'exclusion de l'halofantrine du traitement de première intention
nous amène à poser aux experts un certain nombre de questions: L'halfan est-il vraiment défavorable sur le plan bénéfices/risques
par rapport aux aux autres thérapeuthiques antipaludeénnes. A notre connaissance aucun médicament vraiment efficcace n'est dénué d'effets secondaires. En prenant comme référence le vidal, on remarque :

- QUININE : * RISQUE aux doses usuelles : Hypoglycémie, cinchonisme (acouphènes, nausées,vertiges,cephalées, tble de la vision, diminution de l'acuité auditive); convulsions (diminution du seuil epileptogene),
anémie hemolytique, thrombopénie, purpura thrombopénique, allongement du QTc sans tetentissement clinique
* SURDOSAGE : Convulsions, troubles de la conduction, arret cardiaque, allongement du QTc avec torsade de pointe.

- LARIAM : * RISQUE aux doses usuelles : Bradycardie, troubles du rythme cardiaque, BAV, ESV, arret cardiaques, convulsion, troubles de l'equilibre, vertiges pouvant apparaitre jusqu'a trois semaines après l'arret du traitement.
* SURDOSAGE : Effet identiques avec risque majoré avec la dose ingerée

- HALFAN : * RISQUE aux doses usuelles : Allongement du QTc avec risque de torsade de pointe.
* SURDOSAGE : Pas d'effet connu lié au surdosage.


Donc en respectant les contre indications, les risque de ces trois
antipaludéens nous paraissent relativement equivalents. Par contre en manière de maniabilité, l'Halfan présente l'avantage d'avoir une posologie simple, sans risque d'erreur dans le calcul de la pososlogie,avec en plus une presentation en boite de 6 cp, correspondant exactement à la posologie de l'adulte pour chaque cure. Ceci limitant considerablement les risques d'erreur et d'intoxivation volontaire. Le traitement étant simple, et court, il permet probablement une meilleure observance, pour une pathologie où la prise en charge précoce et adéquate permet de sauver des vies humaines. Il est evident qu'un controle par ECG est nécessaire et fait d'ailleur partie des recommandations. Nous ne comprenons pas, en usage de ville, pour un palu sans criteres de gravité vos restriction pour l'Halfan.

JP Aubert , S. Bouquet, médecins généralistes

 

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Consulter l'article original?

http://www.cybercable.tm.fr/~biblioa/consensus_paludisme.html

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