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CRITERES DIAGNOSTIQUES DU DIABETE DE TYPE 2
A. GRIMALDI
A. HEURTIER
La revue du Praticien, 1999,49,1,16-20

 

 

Le diabète est dorénavant défini par:


la constatation d'une glycémie à jeun, supérieure deux reprises à 7 mmol par litre (1,26 g/l), ou d'une glycémie 2 heures après charge glucosée, supérieure à 11 mmol /l, ce dernier dosage étant considéré comme inutile.

 

    • 1/4 des sujets diabétique de type 2 sont méconnus, faute d'un dépistage de masse
    • des progrès importants on été faits dans la détermination des gènes responsables des diabètes familiaux monogéniques, et dans l'identification du diqbète auto immun.

La classification de la maladie a changé: elle comprend désormais trois groupes


Le diabète de type 1, secondaire à une destruction plus ou moins rapide des cellules bêta, et divisé en deux sous types:

    • les diabètes auto immuns
    • les diabètes insulinoprives cétosiques sans marqueurs d'auto immunité

les diabètes de type 2, associant insulinodéficience et insulino résistance, avec deux sous types (insulinodéficience prépondérante, insulinorésistance prépondérante)

les diabètes secondaires à une cause définie (pancréatique endocrinienne, monogénique, ou associés à un syndrôme polygénique)

1. Quels sont les critère diagnostiques du diabète de type 2?

il ne s'agit pas d'un diabète d'autre type (type 1 ou diabète secondaire)
il se manifeste par une hyperglycémie chronique pathologique

Il ne s'agit pas d'un diabète d'autre type:

    • ce n'est pas un diabète cétosique (sauf situation de stress majeur type infection sévère)
    • ce n'est pas un diabète auto immun: pas d'anticorps auto immuns (dans l'étude UKPDS, sur 3612 sujets atteints de diabète non insulino dépendants, 16% étaient en fait des diabètes de type 1, auto immuns, d'évolution lente)
    • ce n'est pas un diabète secondaire:
      • diabète MODY (transmission autosomale dominante, survenant avant 25 ans,
      • diabète mitochondrial (transmission maternielle, association à une surdité, une myopathie, une encéphalopathie..)
      • atteinte pancréatite (pancréatite chronique, hémochromatose, mucoviscidose, cancer pancréatique...
      • atteinte endocrinienne (phéochromocytomen, Cushing, hyperaldostéronisme...)

La recherche de ces causes, qui ne doit pas être systématique, est carrément inutile lorsque l'hyperglycémie survient chez une personne de plus de 40 ans, ayant des antécédents de diabète de type 2, ou un phénotype d'insulinorésistance (obésité androïde, HTA, dylipidémie)

Il existe une hyperglycémie constante

Tout le problème est de distinguer le normal du pathologique pour les chiffres limites. Il faut savoir que les chiffres retenus dans la nouvelle définition sont basés sur des études prospectives (cf infra)

 

2. Existe-t-il un seuil à risque ou observe-t-on un continuum à partir des valeurs supérieures de la normale statistique?

Plusieurs études prospectives ont montré l'existence d'un seuil à risque de rétinopathie d'une valeur de 11 mmol /l (2 g/l) à la deuxième heure de l'HGPO.

La valeur de 1,26 g/l (7 mmol/l) à jeun est celle qui a été calculée comme étant la mieux corrélée à une valeur de 11mmol/l à la deuxième heure de l'HGPO.

Cette nouvelle définition devrait permettre de réduire le retard au diagnostic de diabète, et donc d'éviter de découvrir des diabètes dont l'évolution a déjà entraîné une rétinopathie.

3. Cette nouvelle définition va-t-elle augmenter le nombre de patients diabétiques?

Elle ne va faire que les dépister mieux, mais concrètement elle va entraîner en France le dépistage de 200000 à 400000 diabétiques supplémentaires.

4. Le seuil glycémique à risque de rétinopahtie est-il le même pour les autres conplications du diabète?

C'est probable pour la glomérulopathie diabétique et la neuropathie.

C'est faux pour le diabète gestationnel: le risque de macrosomie foetale xsite pour une glycémie à jeun supérieure à 1 g/l (5,5 mmol/l) et post prandiale sup à 1,4 g/l (7,7 mmol/l).

C'est incertain pour la macro angipathie, en particulier la maladie coronarienne.

5.Quelle signification attribuer à des chiffres compris entre la limite sup de la norme statistique (1,1 g/l) et la valeur seuil définissant le diabète (1,26 g/l)

ces valeurs, dénommées "hyperglycémie à jeun non diabétiques, si elle n'exposent pas à la rétinopathie, sont corrélées avec un risque accru de diabète et un risque cardio vasculaire.

6. L'abaissement du seuil glycémique de définition doit-il s'accompager d'un abaissement des seuils d'intervention thérapeutique?

Si l'intérêt d'une éducation thérapeutique précoce est démontré en matière d'équilibre alimentaire et d'activité physique, en revanche une intervention plu précoce en matière de médicaments n'a pas pour l'instant prouvé son utilité.

Les résultats de l'étude UKPDS sont discutables quand les auteurs parlent du bénéfice d'une prescription de metformine au dessus de 6 mmol/l. En revanche, le bénéfice du traitement optimal de l'HTA du diabétique est démontré (études UKPDS et HOT).

Résumé: Jean-Pierre AUBERT

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