4 millions de morts dans le monde par an principalement dans les pays défavorisés
En France : 49000 hospitalisations/an et 40 à 80 décès/an d’enfant < 5 ans
Grande majorité des cas d’origine virale Rotavirus principalement en période hivernale
10% d’origine bactérienne, les plus fréquentes sont :
- Salmonelles surtout mineures
- Campylobacter
- Schigelles
- Yersinia enterocolitica
Même en cas de diarrhée bactérienne l’antibiothérapie n’est pas systématique
Le traitement repose essentiellement sur les mesures de prévention et de lutte contre la déshydratation qui est la principale complication
I. EVALUER L’ETAT D’HYDRATATION DU NOURRISSON
A. Signes cliniques
- Soif :Premier signe
- Perte de poids :Element principal pour évaluer l’importance de la déshydration
- Déshydration légère : Perte de poids inférieure ou égale à 5%
- Désydratation modérée : Perte de poids comprise entre 6% et 9%
- Déshydratation sévère : Supérieure ou égal à 10%
- Se méfier de l’existence possible d’un troisième secteur sous estimant la perte de poids
- Fontanelle creuse, yeux cernés, muqueuses sèches, pli cutané persistant:Présents à partir d’une déshydration >6%
- Troubles de la conscience et perturbation de l’hémodynamique: Signent une déshydratation grave et impose une prise en charge hospitalière urgente
| Evaluation clinique du degré de déshydratation |
| Bénigne
Perte de poids <5% |
Modérée
Perte de poids entre 5 et 9% |
Sévère
Perte de poids >9% |
| Soif un peu augmentée |
Soif augmentée |
Soif intense |
| Muqueuses légèrement sèches |
Muqueuses sèches |
Muqueuses très sèches |
| Diurèse conservée |
Diurèse diminuée |
Diurèse quasi-absente |
| Pas de pli cutané |
Pli cutané paresseux |
Pli cutané persistant |
| Fontanelle normo tendue |
Fontanelle déprimée |
Fontanelle très déprimée |
| Yeux normaux |
Orbites creusées |
Orbites très creusées |
| Extrémités chaudes et colorées |
Extrémités chaudes et colorées |
Extrémités froides et marbrées |
| PA Normale |
PA Normale |
PA basse |
| Temps de recoloration cutanée normal |
Temps de recoloration cutanée normal |
Temps de recoloration cutanée allongé |
| FC normale |
FC élevée |
FC élevée |
| Conscience normale |
Agitation |
Grande agitation ou léthargie |
B. Facteurs de risque de gravité
Fièvre, vomissements, jeune age < 3 mois, dénutrition préexistante,
contexte socioculturel familial
II. REALIMENTATION PRECOCE
La réhydratation précoce par SRO doit débuter immédiatement et relayée ou associée précocement, dès les 6e à 8e heures à une alimentation
A. Chez le nourrisson
Maintien de l’alimentation au sein ou réalimentation précoce avec des laits contenant du lactose est bien toléré et peut être débutée des les 6e à 12e heures
Cependant dans moins de 5% des cas une intolérance au lactose peut être observée à la réintroduction du lait (valeur diagnostic de la disparition en quelques heures de la diarrhée après introduction d’une préparation sans lactose)
Maintenir le régime d’éviction pendant 15 jours
Pour des enfants de moins de 3 à 4 mois certains pédiatres recommandent l’utilisation de lait sans protéines de lait de vache si diarrhée prolongée avec ou sans dénutrition ou d’ATCD familiaux d’allergie
B. En cas d’alimentation diversifiée
- Réalimentation rapide basée sur des féculents, viandes maigres, yaourts, fruits et légumes
- Limiter les apports en sucres (Coca Cola) et en graisses
III. UTILISATION PRATIQUE DES SRO
A. Difficultés facilement surmontables
1. Vomissements
- Ne constituent pas une contre indication aux SRO au contraire
- Adapter le rythme de l’administration par prises régulières et peu importantes (5 ml soit une cuillère à café toutes les 1 à 2 min)
- La cétose de jeun en partie responsable des vomissements est réduite avec l’apport de glucides contenus dans le SRO
2. Refus de boire de l’enfant
- En l’absence de troubles de la conscience ou de l’hémodynamique le refus de boire est rare
- La soif permet l’adhésion à la thérapeutique
- Elle signifie souvent chez l’enfant conscient et peu déshydraté cliniquement que la déshydratation est absente ou en voie de guérison
- Proposer cependant la SRO de façon régulière tant que la diarrhée et/ou les vomissements continuent
B. Adapter au degré de déshydratation et à l’évolution
1. En cas d’absence de signes de déshydratation
- Moins de 5 % de perte de poids
- Poursuivre l’alimentation habituelle surtout si allaitement
- Eviter les boissons sucrées et l’eau pure
2. En cas de déshydratation modérée
- Réhydratation orale exclusive par SRO pendant 4 à 6 heures sous surveillance étroite à volonté et en petites quantités
- En cas d’amélioration l’alimentation peut être reprise
- Si aggravation ou non-amélioration nouvelle consultation en urgence
3. En cas de déshydratation sévère
- Hospitalisation en urgence
- SRO immédiatement sauf si troubles de la conscience ou de l’hémodynamique.
IV. AUTRES THERAPEUTIQUES
1. Anti-diarrhéiques
- Antisécretoires, argile, pré et pro biotiques, antiseptiques sont inutiles
- Modifient l’aspect des selles ce qui peut être faussement rassurant pour les parents
- Risque d’iléus réflexe avec le Loperamide
2. Antivomitifs
- Inefficaces
- Comportent tous un risque de syndrome pyramidal (neuroleptique)
3. Antibiotiques
- Jamais systématiques
- Réservée aux nourrissons ayant des signes systémiques évoquant une bactériémie ou un terrain immunodéprimé ou germes particuliers (Shigella, Salmonella typhi, infection sévère à Campylobacter, Yersinia enterocolitica)
- Sinon l’antibiothérapie est susceptible de favoriser le portage sain ou des rechutes en particulier pour les salmonelloses mineures
- NB : Les solutés de réhydratations sont pris en charge par l’assurance maladie, mentionner sur l’ordonnance le terme générique de « SRO »