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conference de consensus ANAES 1999 sur la prise en charge de la douleur chronique

 
Conférence de consensus ANAES de 1999
sur la prise en charge de la douleur chronique de l 'adulte
en médecine ambulatoire

Résumé et commentaires : D. Huas

NB: ce texte a été publié dans: Médecine générale 2001 : Bibliographie commentée,
sous la direction de Max Budowski, Michel Doumenc, Bernard Gay, Dominique Huas, Denis Pouchain,
coordonné par Jean-Loup Rouy, CNGE, Editions scientifiques LC, 224 pages, 2001

à consulter également sur le sujet:

En 1998, suite au souhait des autorités sanitaires de promouvoir et d’améliorer la prise en charge de la douleur, l’ANAES a élaboré des recommandations sur la prise ne charge de la douleur chronique en médecine ambulatoire. Le traitement de la douleur n’est pas l’objet de ces recommandations.

Selon la technique habituelle, une revue très approfondie de la littérature a été faite. Un groupe de travail pluridisciplinaire de 16 personnes, puis un important groupe de lecture ont abouti à la rédaction d’un document long (124 pages dont 20 pages de bibliographie) et d’un document court, original, mettant l’accent sur les principaux points.

La douleur chronique est définie ainsi : " expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, liée à une lésion tissulaire existante ou potentielle, ou décrite en termes évoquant une telle lésion, évoluant depuis plus de 3 à 6 mois et/ou susceptible d’affecter de façon péjorative le comportement ou le bien être du patient, attribuable à toute cause non maligne ". Le terme de " douleur chronique " sans autre qualificatif, s’applique à des douleurs non cancéreuses. En cas de pathologie maligne, il est préférable de préciser qu’il s’agit de " douleur d’origine cancéreuse ".

Treize recommandations suivent. Nous ne reprendrons que les plus importantes :

Commentaires :

La sensibilisation des professionnels de santé, exerçant en ambulatoire ou en institution, à la prise en charge de la douleur chronique chez l’adulte était indispensable. Pour s’en convaincre, l’étude du Collège national des généralistes enseignants (CNGE) sur la prise en charge de la douleur en médecine générale. a montré la grande prévalence (43%) de la douleur dans les résultats de consultation (1). Les douleurs chroniques représentaient 24% de l'ensemble des plaintes douloureuses et celles d'origine rhumatologique représentaient 54% des douleurs chroniques. Le niveau de soulagement moyen des douloureux chroniques était d’environ 40%. Douze pour cent des patients douloureux chroniques n'avaient pas été soulagés du tout par le traitement, 25% avaient été moyennement soulagés (entre 10% et < 50%) et 5% avaient été soulagés à 100%.

On peut s’interroger sur la spécificité ambulatoire de ces recommandations. A de petites restrictions près, les membres du groupe de travail ont appliqué sur la médecine ambulatoire leurs habitudes de médecins institutionnels. La bibliographie étoffée ne doit pas cacher, le peu d’études validées en ambulatoire, le nombre important de recommandations de grade C ("consensus professionnel fort ") , qui ne reflètent que le sentiment personnel de quelques figures de la prise en charge de la douleur.

Validité des outils proposés : la quasi totalité des outils a été scientifiquement validé, en anglais et dans un milieu institutionnel. Il reste à prouver, pour certains d’entre eux que leur validité existe pour leur version française, et pour tous dans un milieu ambulatoire. Il est difficile de croire que des outils remplis par un malade hospitalisé, le personnel de santé pouvant vaquer à d’autres occupations avant de recueillir le questionnaire, puissent avoir la même sensibilité et spécificité au cours d’une consultation (libéral ou non), mais de durée nécessairement limitée. Par ailleurs, les patients hospitalisés ne sont pas identiques aux patients ambulatoires, leurs douleurs non plus.

Faisabilité : dans le texte court, l’utilisation de 6 outils est considérée comme la base pour une bonne prise en charge de la douleur chronique. Même s’il est rappelé que cette évaluation et son suivi peuvent se faire en plusieurs rencontres, il est difficilement envisageable au cours d’une consultation pour un malade, souvent polypathologique, d’évaluer la douleur pendant 20 à 30 minutes. Quant à le revoir pour cela…..En France, l’utilisation de questionnaires structurés n’est pas habituelle. Les médecins n’en ont pas l’habitude et n’ont pas appris à les utiliser pendant leurs études. On peut le regretter, mais on ne doit pas l’ignorer.

Efficacité :. Cette évaluation est-elle indispensable pour une prise en charge efficace? l’évaluation est-elle un objectif en soi ? La finalité de cette évaluation est une amélioration de l’état du patient, de préférence jugée par lui même. Or, si en milieu institutionnel, il est reconnu que les outils proposés permettent une meilleure connaissance de la douleur d‘un patient, il n’est pas indiqué que le malade s’en trouve amélioré. Alors qu’en est-il en ambulatoire ? Le médecin modifie-t-il sa pratique, sa prescription, sa relation avec le malade à partir des données issues des outils ?

Sans remettre en cause la pertinence institutionnelle des outils recommandés, il reste à les valider en ambulatoire et en particulier en médecine générale, lieu de rencontre de la grande majorité des douloureux chroniques. Cette validation pourrait se juger sur l’amélioration du patient définie à partir d’une échelle d’évaluation de la douleur. Il serait aussi intéressant de juger de la modification du traitement proposé par le médecin en fonction des données obtenues par les outils validés en ambulatoire.

 

 

 

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