L'hépatite alcoolique survient chez
20% des buveurs excessifs.
Elle est associée à un risque élevé de décès et de développement d’une cirrhose ;
la mortalité peut dépasser 50% chez les malades atteints de forme sévères.
Diagnostic
Le diagnostic est histologique.
Il est suspecté chez un buveur excessif qui a une
hépatomégalie (80% des cas),
une fièvre habituellement inférieure à 38°5 (50% des cas),
une ascite (30% des patients
essentiellement dans les formes sévères),
un ictère (50% des cas) et
des douleurs de l’hypocondre droit.
A
ne pas confondre avec un abcès hépatique ou une angiocholite
pour éviter la réalisation d’une intervention chirurgicale qui serait
inutile et très risquée (diagnostic différentiel par la réalisation systématique
d’une échographie ou d’un scanner).
Biologie
- augmentation :
- des transaminases (classiquement <10x normale) ASAT/ALAT >1,
- bilirubine totale prédominant sur la fraction conjuguée
- GGT 10 à 20 x normale
- Diminution du TP et facteur V dans les formes sévères
- Hyperleucocytose , pourcentage de neutro > 80%
Dans les formes sévères,
rechercher systématiquement pour les corriger :
- hypophosphorémie
- hypoglycémie
Biopsie hépatique
Elle est indispensable
Les spécificités et valeurs diagnostiques des signes cliniques et biologiques sont
faibles. Aussi, une biopsie hépatique est indispensable pour poser le diagnostic d’hépatite
alcoolique.
Risque
Le diagnostic histologique d’hépatite alcoolique est associé à une augmentation
du risque de développer une cirrhose (35%).
Une régression significative des lésions n’a été observée que chez les patients
devenus abstinents.
Une cirrhose a cependant été diagnostiquée chez 30% des patients abstinents.
La sévérité de l’atteinte histologique de l’hépatite alcoolique n’est pas prédictive de la
survie excepté pour ce qui concerne la fibrose (il vaut mieux qu’elle soit discrète que extensive).
Corticothérapie
C'est le seul traitement dont l’efficacité a été prouvée et seulement dans les formes sévères.
- Médicaments sans bénéfice de survie :
- stéroïdes anabolisants,
- insuline-glucagon,
- supplémentation nutritionnelle,
- colchicine…
Indice de sévérité
Il est mesuré par le
score de Maddrey : 4,6 x (TQ en s –12,5) + bilirubine en mmol/17)
Hépatite sévère si score >32 ou une encéphalopathie (en générale TP <50% et bili > 100).
Traitement
- Solupred 40mg/j pendant 1 mois
- institué chez des patients hospitalisés en l’absence d’infection, dès réception
du résultat histologique ou le plus rapidement si PBH impossible.
- Transplantation hépatique devrait être envisagée chez des patients abstinents,
âgés de moins de 65 ans en cas de persistance d’une insuffisance hépatique sévère
6 à 12 mois après l’épisode d’hépatite alcoolique sévère.
- Perspectives thérapeutiques avec des inhibiteurs du TNF-alpha