Il est connu que les diurétiques thiazidiques,
comme les bêta bloqueurs, sont susceptibles de favoriser
le diabète de type 2. Toutefois ces données sont
restées mal évaluées. Les auteurs ont réalisé
une étude prospective sur 12550 adultes de 45 à
64 ans, non diabétiques. Un bilan de santé a été
fait à l'entrée, incluant le traitement suivi,
et la valeur de la pression artérielle. L'incidence du
diabète a été évaluée après
trois et six ans par mesure de la glycémie à jeun.
L'étude montre que l'hypertension artérielle
prédispose au diabète, puisqu'au bout de 6 ans,
569 des 3804 hypertendus et 577 des 8746 normotendus étaient
devenus diabétiques: l'incidence du diabète de
type 2 était donc de 30 pour 1000 parmi les hypertendus
contre 12 pour 1000 parmi les normotendus.
Après ajustement sur l'âge, le
sexe, la race, l'éducation, la masse adipeuse, les antécédents
familiaux de diabète, le niveau d'activité physique,
les autres conduites influant sur la santé, et les pathologies
associées, les sujets hypertendus qui recevaient des diurétiques
thiazidiques, ou des IEC, n'avaient pas un risque supérieur
de développement d'un diabète, que ceux qui ne
recevaient pas de traitement (risque relatif 0.91, IC 95: 0.73-1.13).
Au contraire, les sujets qui recevaient des bêta bloquants
avaient une augmentation de 28% du risque d'apparition d'un diabète
(risque relatif 1.28, IC 95: 1.04-1.57). Les résultats
de l'étude UKPDS n'avaient pas mis en évidence
un risque significatif lié au bêta-bloqueurs.
La prescription d'un bêta-bloqueur à
un sujet hypertendu doit donc s'appuyer sur une analyse des rapports
bénéfices-risques de cette classe de médicaments.(N
Engl J Med 2000;342:905-12.)