- traitement
hormonal substitutif de la ménopause chez la femme hypothyroïdienne :
- faut
il adapter le traitement par thyroxine ?
- Increased Need for Thyroxine in Women
with Hypothyroidism during Estrogen Therapy.
- Baha M. Arafah, N Engl J Med 2001,344 :1743-1749.
Résumé
: Christian GUY-COICHARD
à consulter également
sur le sujet:
- on sait que les femmes
substituées pour hypothyroïdie requièrent
souvent , pendant une grossesse, des doses plus élevées
de Thyroxine (jusquà
45% selon certaines études). On attribue ce résultat
à laugmentation , induite par les oestrogènes,
du taux sérique de la protéine de liaison de la
thyroxine (TBG).
- La présente étude a suivi leffet de lintroduction
dun traitement oestrogénique substitutif chez 36
femmes en post-ménopause : 11 euthyroïdiennes, et 25 hypothyroïdiennes
sous thyroxine (dont 18 en substitution et 7 en traitement freinateur
de la TSH).
Elle a comparé à intervalles
de 6 semaines pendant un an les dosages sériques de T4
totale et libre, de TSH et des protéines de liaison. On
retrouve chez toutes les femmes une augmentation de la T4 totale
et des protéines de liaison ; dans le même
temps, on note chez
les hypothyroïdiennes une nette diminution de la T4 libre (passant en moyenne de 22± 5 pmol/l à 12 au départ à 18± 4pmol/l
à 12 semaines, p<0,001) significativement corrélée
à une augmentation de la TSH (de 0,9± 1,1 à 3,2± 3,1
µU/ml, p<0,001); dans
le groupe euthyroïdien par contre, les concentrations sériques
de T4 libre et de TSH ne sont pas sensiblement modifiées.
- Pour les auteurs, les modifications observées
résultent de trois mécanismes :
- Augmentation oestrogéno-induite des
protéines de liaison de la thyroxine (donc T4 libre abaissée,
TSH élevée en feedback)
- Diminution rapide de clairance de la thyroxine,
privilégiant la T4 libre, chez les euthyroïdiens,
cette adaptation étant réduite chez les hypothyroïdiens.
- Apparition dautres protéines
de liaison, induites par lhyperoestrogénie (expliquant
les résultats moins spectaculaires que pendant la grossesse)
- En conclusion, les auteurs conseillent , pour toutes les femmes sous thyroxine,
chez qui un traitement hormonal substitutif post-ménopausique
est débuté, un bilan thyroïdien à la
12° semaine, en vue dune
probable adaptation de la dose dhormones thyroïdiennes.
Commentaire : les limites de cette
étude
- Un effectif très réduit, surtout
pour une étude prospective, qui limite la portée
des résultats, mais ouvre la voie à des études
plus rigoureuses
- Pas de dosage oestrogénique, donc
pas de renseignement sur linteraction thyroïde/fonction
ovarienne ; lopothérapie thyroïdienne
peut-elle faire retarder, modifier le THS post-ménopausique ?
La question reste ouverte
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