1. RAPPEL/ CLASSIFICATION DE LA NYHA
STADE 1 :
Dyspnée pour des efforts importants inhabituels, le patient
na aucune gêne dans la vie courante.
STADE 2 :
Dyspnée pour des efforts importants habituels tels que
marche rapide ou en côte, montée des escaliers (plus
de deux étages)
STADE 3 :
Dyspnée pour des efforts peu intenses de la vie courante
tels que marche normale en terrain plat, montée des escaliers
(deux étages ou moins)
STADE 4 :
Dyspnée permanente de repos
2. MOYENS MEDICAMENTEUX DEFFICACITE
DEMONTREE
2.1. Inhibiteurs de lenzyme
de conversion
Mode daction : diminution des pressions de remplissage
ventriculaire, par une augmentation modérée du
volume déjection et du débit cardiaque.
Les inhibiteurs de lenzyme de conversion sont aujourdhui
la base incontournable du traitement de linsuffisance cardiaque.
Ils ont démontré un effet très bénéfique
sur la mortalité (globale, cardiovasculaire, par insuffisance
cardiaque, par mort subite), et quel que soit le stade de linsuffisance
cardiaque.
Les doses à utiliser, en létat actuel
des connaissances, sont élevées : 20 mg dénalapril,
150 mg de captopril, 10 mg de ramipril. On utilise ces doses,
ou à défaut, les doses maximales tolérées
par le patient.
La fonction rénale doit être surveillée
étroitement. Linsuffisance rénale nest
une contre indication quen cas de sténose bilatérale
des artères rénales.
Il ny a aucun intérêt à associer
deux IEC.
2.2. DIURETIQUES
Mode daction : réduisent la rétention
excessive deau et de sel.
Les diurétiques améliorent la qualité
de vie des patients et leur capacité à leffort.
Leur efficacité à long terme est mal évaluée.
Ils peuvent être responsables, en usage prolongé,
dune aggravation de la fatigue, et dune insuffisance
rénale fonctionnelle.
Ils restent indispensables en cas doedème pulmonaire.
Les effets des diurétiques sur la survie ne sont pas
connus.
Les diurétiques de lanse sont préférés,
car ils conservent une efficacité en cas de diminution
de la filtration glomérulaire. En cas dinsuffisance
cardiaque sévère, leur absorption par voie orale
est diminuée, et ils doivent être utilisés
par voie intraveineuse.
La surveillance biologique est aisée (iono, créatinine).
Lhyponatrémie, et surtout lhypokaliémie
induite par les diurétiques, sont utilement compensées
par lassociation dun IEC.
2.3. DIGITALIQUES
Renforcent la contractilité myocardique en augmentant
le calcium intra cellulaire, par inhibition de la pome Na-K membranaire.
Lefficacité de la digoxine dans linsuffisance
cardiaque en fibrillation auriculaire est incontestable.
Plusieurs études ont montré, avec plus de difficulté,
un effet bénéfique chez les patients en rythme
sinusal.
La digoxine a un effet neutre sur la mortalité globale,
mais réduit le nombre de décès par insuffisance
cardiaque.
2.4. DERIVES NITRES
Les dérivés nitrés améliorent
la tolérance à leffort des patients en Icard
de classe 2 ou 3. Ils sont utiles en cas doedème
pulmonaire. Leur prescription doit prévoir des intervalles
libres, afin déviter le phénomène
daccoutumance.
3. NOUVEAUX MEDICAMENTS
3.1. BETA BLOQUANTS
Le traitement bêta bloquant est classiquement contre-indiqué
dans linsuffisance cardiaque, car il soppose au tonus
sympathique réflexe. Mais cette stimulation sympathique
se fait au prix, dune part, à court terme, dune
dépense énergétique accrue, dature
part dune toxicité cellulaire à long terme.
L eblocage des récepteurs adrénergiques pourrait
donc rompre un cercle vicieux.
Administrés à dose progressivement croissante,
les beta bloquants augmentent la fraction déjection
systolique, tout en réduisant les pressions de remplissage
ventriculaire gauche.
Le risque de décompensation dinsuffisance cardiaque
sous bêta bloquant semble surtout important pour les patients
de la classe 4, ou avec hypotension.
Les bêta bloquants ont démontré que leur
prescription dans linsuffisance cardiaque réduisait
le risque dhospitalisation pour décompensation.
Leur efficacité sur la mortalité reste à
démontrer.
Quand le patient reçoit déjà un traitement
bêta bloquant pour une prévention secondaire après
un infarctus, et quil présente des signes dinsufisance
cardiaque, le bêta bloquant ne doit pas être arrêté
: on doit instaurer un traitement associé par diurétiques
et IEC.
Quand un patient est en I Card 3 malgré IEC, diurétique
et digitalique, lassociation dun bêta bloquant
doit se discuter (attention à laddition des effets
bradycardisants)
Pour linstant les bêta bloquants restent contre-indiqués
dans lI Card 4.
En France seul le carvédilol (KREDEX) a reçu
lAMM dans cette indication.
3.3. INHIBITEURS DES RECEPTEURS AT
1 DE LANGIOTENSINE 2
la différence essentielle entre les deux classes est
labsence deffet sur le système des bradykinines
(probablement responsable de la toux sous IEC)
Deux stratégies sont en cours de traitement avec le
losartan :
substitution du losartan à un IEC : dans un essai losartan
vs captopril, suppression de la toux, diminution des décès,
surtout par mort subite. Un second essai est en cours pour confirmer
ces données.
Association IEC/losartan : la logique de cette association
est quil persiste sous IEC une petite synthèse dangiotensine
2 par dautres voies que celle de langiotensine 1.
En cours dévaluation.
3.4. INHIBITEURS DES RECEPTEURS DE
LENDOTHELINE
Lendothéline est un peptide vaso constricteur
très puissant produit par lendothélium. Les
inhibiteurs de ses récepteurs se sont montrés aussi
efficaces que les IEC, sur des modèles expérimentaux
dinsuffisance cardiaque.
3. 5. INHIBITEURS CALCIQUES
Les IC de première génération (nifédipine,
verapamil, isoptine, diltiazem) ont un effet délétère
du fait de leurs propriétés inotropes négatives.
Des essais sont en cours avec des dihydropyridines de seconde
génération (amlodipine félodipine, nicardipine),
qui ont montré un effet significatif sur la mortalité,
dans le sous groupe de patients atteints de cardiomyopathie dilatée
non ischémique.
3.6. INHIBITEURS DE LATRIOPEPTIDASE
Latriopeptidase dégrade le peptide atrial natriurétique
(ANF) sécrété par les oreillettes et les
ventricules au cours de linsuffisance cardiaque. LANF
a des propriétés natriurétiques et vasodilatatrices,
qui sopposent à plusieurs niveaux aux effets du
système rénine angiotensine. Inhiber sa dégradation
revient donc à potentialiser ses effets. A suivre.
4. STRATEGIE THERAPEUTIQUE POUR LES
STADES 2 ET 3 DE LA NYHA
Traitement étiologique (HTA, AC/FA, etc..)
mesures hygiéno diététiques (régime
pauvre en sel, arrêt alcool et tabac, activité physique
modérée mais réelle, surveillance du poids
et des symptômes
si insuffisant :
IEC + diurétique
si amélioration : diminuer les doses de diurétiques
si insuffisant : voire observance , facteur aggravant ?
augmenter IEC, puis diurétiques. Emploi dun diurétique
de lanse si non encore utilisé.
Si insuffisant : introduction du carvédilol en milieu
hospitalier, et-ou digitalique
Si insuffisant : dérivés nitrés, augmentation
des diurétiques, emploi de plusieurs diurétiques.
Réévaluation en milieu hospitalier (VO2, cathé
droit), discuter transplantation.
Pour en savoir plus, contacter:
- La Revue du Praticien
- 46, Rue La Boétie
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- tél: 01 49 53 69 00 fax: 01 45 63 10 16
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