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Maladie de Lyme : y penser pour la traiter

L BEYTOUT, M D’INCAN Hôtel dieu Clermont-Ferrand

La Revue du Praticien médecine générale 18/01/99 n° 445

 

 

Résumé : S BOUQUET

 

 

Epidémiologie

La maladie de Lyme est essentiellement transmise par la morsure de tiques (Ixodes ricinus).

La plupart des régions de France sont concernée en dehors du midi méditerranéen.

La maladie de Lyme est due à un agent bactérien : Borrelia burgdorferi.

 

Erythme chronique migrant

Manifestation la plus fréquente.

Photo: EUCALB

C’est un érythème limité de couleur rouge vif à brun, à bordure arrondie souvent surélevée, tendant à progresser de manière centrifuge. Il évolue de 0.5 à 1 cm par jour, jusqu'à plusieurs dizaine de centimètres, alors que la partie centrale peut redevenir normale.

L’érythème s’accompagne d’un prurit, d’une sensation de cuisson, peu douloureux à la pression. Il peut exister une hypoesthésie.

L’érythème guérit spontanément en quelques semaines, mais sont évolution est raccourcie par le traitement antibiotique : DOXYCYCLINE® 200mg/j 2 semaines.

LA MYOCARDITE

Elle peut faire immédiatement suite à un érythème migrant, mais peut être isolé.

Elle se manifeste par un BAV, le plus souvent.

La régression se fait de manière spontanée en quelques jours, ou semaines. (délai raccourci par les antibiotiques).

LES ATTEINTES NEUROLOGIQUES

Les névrites

Atteignent un nerf correspondant au territoire de la morsure

Symptomatologie à prédominance sensitive, particulièrement douloureuse, Pouvant s’accompagner d’une hypoesthésie, de signes neurovégétatifs, et plus rarement de troubles moteurs, et abolition des réflexes..

La douleur névritique peut persister indéfiniment, et résiste aux traitements antalgiques (classe I, II et III). Par contre elle peut régresser sous antibiotique (Ceftriaxone 20mg/kg/j 10 jours).

La polyradiculonévrite

Elle à une expression à prédominance sensitive et végétative avec des atteints radiculaires souvent asymétriques.

Il existe le plus souvent au début une réaction méningée cellulaire et inflammatoire liée à la présence de Borrelia dans les espaces sous-arachnoïdiens.

Plusieurs poussées peuvent survenir. L’évolution est spontanément favorable, mais des séquelles douloureuses peuvent persister.

L’antibiothérapie doit être débutée par voie intraveineuse.

L’atteinte d’un nerf crânien

Elle est fréquente.

La paralysie faciale périphérique uni ou bilatérale est la plus fréquente.

Il faut évoquer une maladie de Lyme devant une névralgie du trijumeau, une paralysie oculomotrice, une névrite optique, une surdité d’apparition récente.

Les atteintes centrales

Les atteintes centrales sont rares, mais sont dramatiques.

La survenue d’une encéphalite peu de temps après la morsure, doit faire évoquer une encéphalite verno-estivale russe, arbovirose.

LES MANIFESTATIONS RHUMATOLOGIQUES

Rares

Il s’agit le plus souvent d’une monoarthrite du genou (la cheville et l’épaule peuvent être touchées). Cela se traduit par un épanchement volumineux, modérément inflammatoire, avec des dégâts importants de la synoviales, et des surfaces articulaires.

On peut observer une oligoarthrite subaiguë, ou chroniques.

La ponction peut mettre en évidence Borrelia.

Le traitement antibiotique doit être renforcé par une corticothérapie locale, ou générale.

LES MANIFESTATIONS DERMATOLOGIQUES TARDIVES

La maladie de Pick-Herxheimer ou acrodermatite atrophiante chronique

Elle est observée principalement chez la femme de plus de 50 ans, avec un début insidieux.

Plaques ou nodules inflammatoire apparaissant au dos des mains, ou des pieds, de façons symétriques.

A la phase d’états, s’installe une atrophie dermo-epidermique prennent une coloration brun violacée ou bleutée.

La régression des lésions sous antibiothérapie est un argument diagnostique ( et thérapeutique).

Le lymphocytome cutané bénin

Il s’agit d’un ou plusieurs nodules dermo-hypodermiques arrondis de 1 à 5 cm de diamètre, brun rouge à violacée persistant.

L’évolution est toujours favorable.

La localisation au lobe de l’oreille, ou l’aréole mammaire est très évocatrice.

CONCLUSIONS

 

 

Question posée à l’auteur : Le diagnostic précoce et donc le traitement adapté, diminue-t-il la fréquence d’apparition des complications, et le risque de douleurs séquellaires ?

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