- Syndrôme myasthénique:
orientation diagnostique
- Philippe Gajdos,
La Revue du Praticien, 2000, 50, 419-423
à consulter également sur le sujet:
Myasthenie (corpus médical fac. Grenoble)
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- Le syndrôme myasthénique regroupe
différentes maladies provoquées par un dysfonctionnement
de la jonction neuro musculaire, acquis ou héréditaire.
La cause la plus fréquente en est la myasthénie,
affection acquise provoquée par l'existence d'auto anticorps
dirigés contre le récepteur de l'acétylcholine.
-
- Le diagnostic est évoqué devant
l'existence d'un déficit musculaire touchant les muscles
striés volontaires, au repos, aggravé par l'effort.
Il n'existe pas d'autre signe neuro: ROT normaux, pas de syndrôme
pyramidal, pas de troubles de la sensibilité, pas de signe
cérebelleux...
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- Signes en faveur de la
myasthénie
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- Elle s'observe à tout âge et
dans les deux sexes.
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- Age de début: entre 20 et 60 ans.
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- Fatigabilité des muscles des territoires
spinaux ou céphaliques. Cette fatigabilité est
variable dans son intensité, dans la journée et
d'un jour à l'autre, évolue par poussées.
La topographie du déficit est également variable
d'une poussée à l'autre. L'interrogatoire doit
savoir retrouver cette histoire parfois ancienne.
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- Signes de début:
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- Les signes oculaires sont présents
au début dans la moitié des cas:
- ptosis uni ou bilatéral, en général
plus marqué le soir. Parfois ptosis à bascule,
très évocateur.
- paralysies oculo motrices avec diplopie,
varaibles et non systématisées. La motricité
oculaire intrinsèque est normale.
- autres signes (plus rares au début):
troubles de la phonation, la voix devenant nasonnée, inintelligible,
troubles de la mastication au cours du repas, gêne à
la déglutition, mimique figée, impossibilité
d'occlusion complète des paupières, chute de la
tête en avant. Parfois gêne à la montée
des escaliers.
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- Critères de diagnostic
-
- Variabilité importante du déficit
musculaire, et aggravation par l'effort.
- Absence de tout autre signe neurologique
- Test pharmacologique: amélioration
importante et objective après injection d'un anticholinestérasique
(TENSILON ou PROSTIGMINE).
- Examen électrophysiologique: la stimulation
de 2 à 5 Hz provoque chez le sujet myasthénique
une diminution progressive, caractéristique, de l'amplitude
de la réponse musculaire.
- Dosage des anticorps anti-RACh: confirme
le diagnostic dans 85 à 90% des cas. (mais 10 à
15% de sujets myasthéniques n'en ont pas)
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- Evaluation de la gravité
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- Elle se fait à l'aide de scores standardisés.
Les atteintes préoccupantes sont évidemment les
atteintes de la déglutition et des muscles respiratoires.
Des poussées aiguës peuvent s'observer (crises myasthéniques),
pouvant nécessiter une ventiliation artificielle temporaire.
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- Recherche d'affections
associées
-
- Une fois le diagnostic de myasthénie
reconnu, la recherche
d'un thymome doit être systématique:
présent dans 10 à 30% des cas, on le recherche
par un scanner ou une IRM thoracique.
- D'autres
maladies auto-immunes peuvent être
recherchées: dysthyroïdies, lupus érythémateux
disséminé, polyarthrite rhumatoïde, diabète,
Biermer, etc..
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- Formes particulières
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- Myasthénie oculaire
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- Parmi les formes initialement limitées
aux muscles oculaires, 50% n'évolueront pas. Dans ces
formes, les AC anti RACh ne sont positifs qu'une fois sur deux.
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- Myasthénies séronégatives
-
- Le diagnostic repose uniquement sur la clinique,
et peut nécessiter l'étude de la réponse
à un traitement d'épreuve par les anticholinestérasiques.
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- Myasthénies néonatales
-
- Formes du nouveau né de mère
myasthénique. La myasthénie dure quelques mois,
le temps de l'élimination des anticorps maternels.
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- Diagnostic différentiel
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- L'absence d'autre signe neurologique, et
la noramlité du LCR permettent d'éliminer un Guillain
et Barré, une neuropathie périphérique ou
une myopathie.
-
- Il faut en fait reconnaître les autres
syndrômes myasthéniques, dont le contexte est particulier
-
- Syndrôme de Lambert-Eaton:
-
- Le syndrôme myasthénique vient
compliquer un cancer, dans deux tiers des cas, ou une maladie
auto -immune. Il existe des signes neurovégétatifs
(syndrôme sec, dysgueusie), e tune aréflexie tendineuse.
Les anti RACh sont toujours absents. L'injection d'anticholinestérasiques
ne modifie pas le déficit.
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- Syndrômes myasthéniques
congénitaux
-
- Pathologies raraes héréditaires.
Début dans l'enfance. Pas d'anti RACh.
-
- Botulisme
-
- Liée à l'absorption d'un aliment
contaminé par la toxine, ou (rarement) par la colonisation
d'une plaie toxicomanes)
-
- Début (formes alimentaires):
- troubles digestifs: nausées, diarrhées,
vomissements, douleurs abdominqlaes 12 à 36 heures après
l'ingestion
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- Puis quelques heures à trois jours
plus tard: paralysie de l'accomodation, mydriase bilatérale,
paralysies oculomotrices avec diplopie
- dysphagie, troubles de la déglutition
et de la phonation
- faiblesse musculaire des membres
- Cette évolution descendante, de la
tête vers le tronc et les membres, est caractéristique.
-
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- Troubles dysautonomiques associés:
sécheresse des muqueuss, constipation, hypotension orthostatique,
rétention d'urines.
-
- Le diagnostic est affirmé par la mise
en évidence de la toxine dans l'aliment contaminé
ou dans le sérum du patient.
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- Intoxications organophosphorées
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- Les signes apparaissent dans les douze heures
après l'exposition à l'insecticide
- syndrôme muscarinique d'abord: rhinorrhée,
bronchorrhée, bronchoconstriction, hypersalivation, sueurs,
troubles de l'accomodation et myosis,
- incontinence urinaire, douleurs abdominales
et diarrhée
- bradycardie et hypotension
-
- Puis syndrôme nicotinique: crames,
fasciculations diminution de la force musculaire, éventuellement
insuffisance respiratroie aiguë, anomalies ECG, torsades
de pointe.
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- Signes centraux: agitation, tremblements,
confusion, convulsion et coma
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- Médicaments pouvant
aggraver la myasthénie
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- Contre indiqués:
- aminosides
- colimycine
- polymyxine
- cyclines injectables
- quinine
- chloroquine
- quinidine
- procaïnamide
- diphénylhydantoïne
- triméthadione
- bêta-bloquants (même
en collyre)
- dantrolène
- D-pénicillamine
- curarisants
- A utiliser avec précautions:
- Neuroleptiques
- benzodiazépines
- phénothiazines
- carbamazépine
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- Pour en savoir plus:
-
- La Revue du Praticien
- 2, Cité Paradis
- 75010 PARIS
- tél: 01 55 33 68 00
- fax: 01 55 33 68 15
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