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a propos des pilules de troisieme generation

 

A propos des pilules de troisième génération

Risk of venous thromboembolism among users of third generation oral contraceptives compared with users of oral contraceptives with levonorgestrel before and after 1995: cohort and case-control analysis Hershel Jick, James A Kaye, Catherine Vasilakis.Scaramozza, Susan S Jick BMJ 2000;321:1190–5

Résumé : J.P. Aubert

NB: ce texte a été publié dans: Médecine générale 2001 : Bibliographie commentée,
sous la direction de Max Budowski, Michel Doumenc, Bernard Gay, Dominique Huas, Denis Pouchain,
coordonné par Jean-Loup Rouy, CNGE, Editions scientifiques LC, 224 pages, 2001

à consulter également sur le sujet:

Ce document est un commentaire sur l'étude de Jick, publiée en 2000 dans le BMJ, qui reprend les données de différents travaux antérieurs.En effet l'étude de Jick s’inscrit dans un contexte particulier, et vient s'ajouter à une série de publications successives et contradictoires.

En Décembre 1995, trois études indépendantes (1,2,3) ont rapporté un doublement du risque thromboembolique chez les utilisatrices de contraceptifs oraux de troisième génération. Ces travaux sont à l’origine d’une mise en garde publiée au Royaume-Uni en Octobre 1995 par le Committee on Safety of Medicines, qui déconseillait l’usage de contraceptifs oraux de troisième génération chez les patientes présentant des facteurs de risque thromboemboliques.

Les résultats de ces études ont été l’objet de critiques : il s’agissait d’études observationnelles, et il est possible que les pilules de troisième génération aient été prescrites chez des femmes à risque thromboembolique plus élevé (en raison du positionnement de marché de ces produits par les laboratoires pharmaceutiques).

En 1997, Farmer (4) publiait une analyse des données issues de la General Practice Research Database (données issues des cabinets de médecine générale du Royaume-Uni) basée sur l’hypothèse suivante : si les pilules de troisième génération étaient thrombogènes, alors la mise en garde des autorités anglaises aurait du faire baisser l’incidence globale des accidents thromboemboliques après 1995, ce qui n’était pas le cas, selon Farmer. Celui-ci concluait à l’inocuité des contraceptifs de troisième génération.

Le travail de Jick reprend les mêmes données (sur une période plus longue) et affine l’analyse en imposant des critères d’inclusion plus stricts, une meilleure analyse des périodes de prise de contraceptifs, et en restreignant le groupe de comparaison aux contraceptifs contenant du lévonorgestrel (et non plus toutes les pilules de première et deuxième génération). Ses conclusions sont opposées à celles de Farmer, et confirment un risque associé aux pilules de troisième génération. Ces deux résultats successifs et contradictoires obtenus sur la même population montrent bien les limites des analyses de cohorte observationnelle : de même que les résultats observés avec le traitement hormonal substitutif de la ménopause en termes de risque cardiovasculaire sont suspects s’ils sont issus d’étude observationnelles, de même les études observationnelles publiées dans d’autres domaines (dont celui des contraceptifs oraux) doivent-elles être considérées avec la plus extrême circonspection. Seule une étude prospective randomisée, si possible en aveugle, apportera une réponse non biaisée à la question très importante des risques thromboemboliques liés aux différentes pilules.

 

 

 

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