Les auteurs ont effectué une étude de cohorte prospective
dans les clientèles de médecins généralistes issus de 11 départements français.
Les patients inclus étaient des adultes présentant
une suspicion clinique
de pneumopathie, confirmée par un cliché radiologique.
La prise en charge de l'affection était
laissée au choix du praticien. Parmi les 130 patients
inclus, 13 (10%) ont été immédiatement hospitalisés
. Les 117 autres ont été suivis en ville : 108
(97%) ont guéri, et les 9 patients restants ont été
secondairement hospitalisés en raison de l'échec
du traitement ambulatoire. A noter que parmi ceux-ci c'est plus
souvent (six fois) l'erreur de diagnostic initiale (en particulier
l'embolie pulmonaire) que l'échec du traitement antibiotique
à proprement parler (trois fois) qui était en cause.
Les patients traités en ville n'ont reçu que dans 40% des
cas un traitement antibiotique initial en accord avec les recommandations
françaises. Néanmoins
le taux d'échec du traitement antibiotique (3 sur 117
patients soit 2.6%) était bas, et similaire, que les patients
soient ou non traités selon les recommandations. Les cinq
décès (4%) observés parmi ces patients sont
tous survenus à l'hôpital, tous étaient liés
à la gravité de l'affection sous-jacente, et non
au choix de l'antibiotique.
Les médecins français ont donc,
dans cette étude, une excellente appréciation des critères
de gravité d'une pneumopathie,
et hospitalisent à bon escient. Ils ne respectent pas bien les règles d'antibiothérapie
en vigueur dans cette pathologie, mais leurs choix antibiotiques
sont sans conséquence pronostique.