Dans les pays économiquement les plus
développés, il est constaté que la pression
artérielle et, en conséquence, la prévalence
de lhypertension, augmentent avec lâge; connaître
le taux et les déterminants de cette progression semble
nécessaire pour fixer le meilleur intervalle de surveillance
de la pression artérielle , adapté à chacun
de nos patients.
Les auteurs de cet article ont suivi 9845
patients inclus dans létude de Framingham et initialement indemnes dhypertension
artérielle (TA < 140/90
mm Hg), pendant 16 années (1978/1994). Les patients ont
été classés en 3 catégories : PA
optimale (< 120/80 mm Hg), normale (120-129/80-84
mm Hg) et normale haute (130-139/85-89 mm Hg). Une analyse multivariée
a été effectuée sur les autres variables
suivantes : sexe, indice
de masse corporelle (body
mass index, BMI) et gain pondéral, âge.
Tout patient avec antécédent
dhypertension ou de traitement anti-hypertenseur, dinsuffisance
cardiaque, dinfarctus myocardique (sources de réduction
artificielle de la pression artérielle) a été
exclu de létude.
Une augmentation de lincidence de lhypertension
artérielle est évidemment retrouvée dans
les 3 catégories, mais de façon très différenciée
selon la catégorie et lâge:
Taux dhypertension
chez les patients jeunes (34 à 64 ans) :
|
catégorie de départ |
à 2 ans |
à 3 ans |
à 4 ans |
|
PA optimale |
2,7 % |
4,0 % |
5,3 % |
|
PA normale |
9,2 % |
13,5 % |
17,6 % |
|
PA normale haute |
20,8 % |
29,6 % |
37,3 % |
Taux dhypertension
chez les patients âgés (65 à 94 ans) :
|
catégorie de départ |
à 2 ans |
à 3 ans |
à 4 ans |
|
PA optimale |
8,3 % |
12,2 % |
16,0 % |
|
PA normale |
13,7 % |
19,8 % |
25,5 % |
|
PA normale haute |
28,6 % |
40,1 % |
49,5 % |
Lobésité et le gain pondéral
contribuent significativement à cette progression, puisquune variation de 5% du poids est associée
à une augmentation de 20 à 30% du taux dhypertension. Le sexe par contre ne semble pas un facteur déterminant.
Ces résultats , qui par ailleurs nous
confortent dans la surveillance régulière du poids
des patients, conduisent selon les auteurs à recommander
une fréquence
de surveillance de pression artérielle annuelle chez les
patients à PA normale haute
(130-139/85-89 mm Hg), et une
fois tous les deux ans minimum chez les patients à PA
normale (120-129/80-84 mm Hg).
Commentaire :
Cette étude ne modifiera probablement
pas de manière significative nos pratiques quotidiennes ;
son mérite essentiel, au regard de lenjeu majeur
de santé publique que représente lhypertension
artérielle dans notre pays , est de tenter de définir
des catégories à différents niveaux de
risque et une stratégie de prévention adaptée.
Elle contribue à donner ainsi à notre pratique
quotidienne lindispensable essence devidence based
medicine