SFTG PARIS-NORD: REVUE DE PRESSE
Probiotiques et diarrhée aux antibiotiques |
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Probiotics in prevention of antibiotic associated diarrhoea: meta-analysis
Aloysius L D'Souza, Chakravarthi Rajkumar, Jonathan Cooke, and Christopher J Bulpitt
BMJ 2002; 324: 1361.
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Résumé:
Christian GUY-COICHARD |
A consulter sur le sujet:
Les probiotiques sont des organismes vivants (le plus souvent des bactéries ou des levures)
qui ont un effet positif sur la balance de la flore intestinale en inhibant la croissance
des organismes pathogènes, ce qui en fait un objet de recherche de choix en infectiologie ;
parmi ces agents « biothérapeutiques », on connaît maintenant bien grâce à une littérature médicale
récemment foisonnante la série des Lactobacillus, ainsi que les plus anciennes Bifidobactéries et
les levures Saccharomyces.
La liste n’en est en fait pas si longue, puisque ces organismes doivent non seulement avoir
un délai d’action court (colonisation rapide), mais surtout survivre à la triple agression de
l’acidité gastrique, de la bile, et des antibiotiques, et enfin être facilement éliminés après
le traitement !
L’utilisation des probiotiques dans la gestion et la prévention des diarrhées liées
aux antibiotiques est ancienne , et nous avons tous sans exception reçu et prescrit
de l’Ultra Levure, par exemple…il restait simplement à donner les preuves scientifiques
de leur efficacité, à défaut d’en démonter entièrement les mécanismes.
Neuf études récentes ont été retenues pour cette méta-analyse , réalisées entre
1977 et 1999, toutes randomisées en double aveugle contre placebo et portant sur
la prévention de ces diarrhées. L’organisme choisi était soit Saccharomyces boulardii
(4 études), soit un ou plusieurs lactobacilles (4 études) , soit un entérocoque
producteur d’acide lactique (1 étude).
Les patients (des enfants dans deux études) recevaient le probiotique
(ou le placebo) en même temps que l’antibiotique ; l’odds ratio a été calculé à partir
du nombre de patients sans diarrhée pendant la durée du traitement dans les deux groupes.
Chez les levures comme chez les bacilles, les résultats sont homogènes et dégagent un odds
ratio global de 0.39 (IC à 95% : 0.25 à 0.62) et 0.34 (IC 0.19 à 0.61) respectivement,
en faveur de l’utilisation du probiotique.
Six études retrouvent un bénéfice significatif (p<0.05) du traitement probiotique
comparé au placebo.
Notons au passage que S. boulardii est producteur d’une protéase qui semblerait
détruire le site récepteur des toxines A et B de Clostridium difficile ;
le mécanisme d’action de cette levure ne serait donc pas lié à une simple compétition de
colonisation, et elle n’altère d’ailleurs aucunement la flore commensale ;
son élimination enfin est rapide et complète.
Les Lactobacilles, eux, stimulent la sécrétion d’immunoglobulines A et d’interféron
locaux, et produiraient une substance antibiotique spécifique.
Le petit nombre d’études et les faibles effectifs de ces séries appellent bien sûr des
confirmations de plus haut niveau ; mais l’enjeu est de taille si l’on peut espérer
réduire aussi significativement , par des moyens de faible coût, le principal
facteur limitant de la tolérance des traitements antibiotiques !