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Diagnostic et traitement de la pseudopolyarthrite rhizomélique

J.M. Ziza, P. Chazerain,

La Revue du Praticien, Paris, 1999, 49,598-601, 15/3/99 (n°6)

 

 

 

La PPR est une maladie de cause inconnue, caractérisée par des douleurs inflammatoires des ceintures, chez le sujet de plus de 50 ans.

Sa gravité provient de ses séquelles potentielles en cas de diagnostic tardif, et du risque de survenue d'une maladie de Horton, aux complications oculaires gravissimes.

L'incidence est en France de 9.4 cas pour 100.000 habitants. L'affection touche préférentiellement la femme après 50 ans.

Tableau clinique

      • sujet de plus de 50 ans (70 ans en général)
      • impotance fonctionnelle douloureuse des ceintures
      • douleurs matinales des épaules, des bras, du cou, des cuisses
      • signes immédiatement ou rapidement bilatéraux
      • dérouillage matinal
      • douleurs musculaires associées fréquentes
      • efficacité spectaculaire d'une faible corticothérapie
      • signes généraux fréquents: fivère, AEG, amaigrissement. il faut s'assurer de l'absence de signe de Horton (céphalée, trouble visuel, claudication de la mâchoire, toux, dysphagie).
      • difficulté du diagnostic différentiel avec une PAR à début rhizomélique (c'est l'évolution qui fera la différence)

Biologie

      • VS sup à 40 mm à la première heure. La PCR est plus sensible.
      • anémie inflammatoire fréquente
      • hépatite cholestatique dans un tiers des cas
      • les auto anticorps sont négatifs, il n'est pas utile de les rechercher devant un tableau typique de PPR

Pathogénie

La pathogénie reste inconnue. Il est probable que la maladie est d'origine infectieuse, sur un terrain génétique prédisposé (HLA DR4)

Diagnostic

Forme typique

Elle ne pose pas de problème, justifie l'inititation d'un traitement corticoïde à faible dose sans chercher à éliminer l'ensemble de diagnostics différentiels. On éliminera ensuite:

      • un myélome (électrophorèse des protéines)
      • une polymyosite (CPK)
      • une endocardite (auscultation)

Forme articulaire

      • La PAR à début rhizomélique est le principal problème. Le diagnostic peut n'être fait que devant l'évolution et la positivation tardive du facteur rhumatoïde.
      • La polyarthrite bénigne oedémateuse du sujet âgé se caractérise par des oedèmes inflammatoires volumineux des extrêmités, prenant le godet, avec syndrôme inflammatoire biologique, et guérison sans séquelle sous corticothérapie à faible dose.
      • Les spondylarthropathies seront évoquées devant un aspect oligo articulaire, et l'existence d'enthésopathies, d'une atteinte rachidienne, ou d'une uvéite.
      • L'amylose doit être évoquée en cas de résistance à la corticothérapie, et de gammapathie monocolonale

Forme systémique ou musculaire

On éliminera:

      • une métastase osseuse, ou un néoplasie
      • une polymyosite (CPK)
      • une endocardite (auscultation, écho cardiaque éventuelle)

Traitement

      • Prednisone par vo, 10 à 15 mg par jour
      • amélioration clinique en deux à trois jours
      • Diminution de la dose de 10% tous les dix jours
      • Palier de 1 à deux mois à 8 mg
      • puis décroissance plus lente: 1 mg tous les mois ou tous les deux mois
      • durée du traitement: deux à trois ans.
      • remonter au palier antérieur si réapparition des signes cliniques.

Si la maladie résiste à une corticothérapie faiblement dosée, il faut mettre le diagnostic en doute.

Les complication du traitement sont celles de la corticothérapie:

      • complications digestives rares
      • diabète
      • cataracte
      • ostéoporose fracturaire. L'association d'un traitement vitamino calcique s'impose. Si la corticothérapie doit se prolonger plus de 3 mois à plus de 4.5 mg par jour, il faudra associer un biphosphonate.

Pour en savoir plus, contacter:

    • la Revue du Praticien
    • 46, Rue la Boëtie
    • 75379 PARIS CEDEX 08
    • Tél: 01 49 53 69 00
    • FAX: 01 45 63 10 16

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