Il a été démontré que l'administration de rifampicine deux fois par semaine est efficace dans
le traitement de la tuberculose (en association bien sûr). Une administration plus espacée est inefficace.
La
rifapentine est un dérivé de la rifamycine, dont la longue demi vie sérique suggère la possibilité
d'une administration hebdomadaire. Les auteurs ont comparé une association rifapentine/isoniazide
délivrée une fois par semaine à une association rifampicine/isoniazide deux fois par semaine.
L'essai était randomisé, multicentrique, ouvert. Il a été mené aux USA et au Canada chez
1004 patients atteints de tuberculose pulmonaire, non porteurs du VIH, qui avaient terminé
les deux premiers mois de traitement d'un régime à six mois. Ils ont été randomisés en deux groupes,
l'un recevant 600 mg de rifapentine plus 900 mg d'isoniazide une fois par semaine, l'autre
600 mg rifampicin plus 900 mg d'isoniazide deux fois par semaine.
928 patients ont achevé le traitement, et 803 ont achevé l'essai (2 ans et 4 mois).
L'analyse a été faite en intention de traiter.
Le risque d'échec ou de rechute était de 9.2% dans le groupe rifapentine/INH contre 5.6% dans le groupe
rifampicine/INH (RR 1.64, IC 95% 1.04-2.58, p=0.04).
L'analyse de régression montre que cinq caractéristiques sont liées à un risque de rechute ou d'échec:
- une culture de crachats positive à deux mois
- une cavité sur la radiographie pulmonaire
- un poids faible du sujet
- une atteinte pulmonaire bilatérale
- le fait de n'être pas blanc ou hispanique
L'ajustement par élimination des cultures positives à deux moi et des patients présentant
une cavitation améliore les résultats.
Parmi les patients sans cavité radiographique, les
taux de rechute ou d'échec sont de 2.9% dans le groupe rifapentine contre 2.5% dans le groupe rifampicine
(RR 1·15; IC 95% 0·38-3·50; p=0·81)
Les taux d'effets secondaires et de décès étaient identiques dans les deux groupes.
Les auteurs concluent que la rifapentine administrée une fois par semaine est un traitement
sûr et efficace de la tuberculose pulmonaire des patients non infectés par le VIH,
et sans cavité pulmonaire.