Sevrage alcoolique ambulatoire: modalités du traitement médicamenteux Extrait de:
Les objectifs, les indications et les modalités du sevrage du patient alcoolodépendant Conférence de Consensus Paris - 17 mars 1999
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Traitements médicamenteuxLes psychotropes
Les benzodiazépines (BZD) sont aujourd'hui le traitement médicamenteux de première intention du syndrome de sevrage alcoolique ; elles réduisent l'incidence et la sévérité du syndrome de sevrage, des crises comitiales et du DT. Les BZD à demi-vie longue comme le diazépam (VALIUM) préviennent mieux les crises comitiales, mais présentent un risque accru d'accumulation en cas d'insuffisance hépatocellulaire. L'oxazépam (SERESTA) a alors un intérêt particulier du fait d'un métabolisme non modifié. Les BZD à demi-vie brève présentent un potentiel d'abus plus élevé.
Conduite pratique d'un sevrage avec une BZD
La voie orale doit être préférentiellement utilisée.
Trois schémas de prescription sont possibles :prescription de doses réparties sur 24 heures :
diazépam , un comprimé à 10 mg toutes les 6 heures pendant 1 à 3 jours puis réduction jusqu'à l'arrêt en 4 à 7t jours,
ou : diazépam 6 comprimés à 10 mg le premier jour et diminution d'un comprimé chaque jour jusqu'à arrêt.Cette stratégie est recommandée en ambulatoire,
prescription personnalisée, éventuellement guidée par une échelle d'évaluation de la sévérité des symptômes.
utilisation d'une dose de charge orale d'une BZD à demi-vie longue.D'autres BZD que le diazépam peuvent être utilisées avec une efficacité analogue : il est estimé que 10 mg de diazépam équivalent à 30 mg d'oxazépam, 2 mg de lorazépam(TEMESTA), 1 mg d'alprazolam (XANAX), et 15 mg de chlorazépate.
Autres psychotropesLe méprobamate, le tétrabamate, les barbituriques et les neuroleptiques ont un rapport bénéfice-risque inférieur à celui des BZD.
Les traitements associés
L'hydratation : les apports hydriques doivent être suffisants mais sans hyperhydratation. Les perfusions sont à éviter chez le malade conscient.
La prescription de magnésium n'est à envisager qu'en cas d'hypokaliémie.
La thiamine : le sevrage peut favoriser l'apparition de troubles graves neurologiques ou cardiaques par carence en thiamine, en particulier en cas d'apport glucosé associé. Il est nécessaire d'administrer de la thiamine (vitamine B1) (500 mg par jour) à tout patient débutant un sevrage. L'administration parentérale, de préférence par perfusion intraveineuse, doit être préconisée en cas de signes cliniques de carence pendant la première semaine.
Aucune des méthodes thérapeutiques non conventionnelles, aussi appelées alternatives, n'a démontré un intérêt.Recommandations
La prescription médicamenteuse ne doit pas occulter l'importance fondamentale de la prise en charge psychologique et sociale.
Les mouvements d'entraide doivent être impliqués dès le temps du sevrage.
Les BZD sont les médicaments de première intention du traitement préventif du syndrome de sevrage.
La durée du traitement par BZD, prescrites à doses dégressives, ne doit pas excéder 7 jours sauf complication.
La prescription personnalisée est à développer. Elle peut être aidée par l'usage des échelles d'évaluation de la sévérité des symptômes ; ces échelles restent à valider en français.
L'hydratation doit être orale chez le malade conscient.
La thiamine doit être prescrite systématiquement de façon préventive (par voie parentérale en cas de signes cliniques de carence).
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