Données épidémiologiques
Prévalence chez la femme enceinte :
- Europe de l’ouest : 2 pour 1000
- Pays émergents : 1 à 10 % (disparités)
Recrudescence en France actuellement donc possible augmentation chez la femme enceinte.
Incidence :
- très faible dans les populations à faible prévalence où il existe des groupes à risque.
- Il existe des relations avec d’autres infections (cf. VIH)
- Incidence de la syphilis congénitale : 13,4/100 000 naissances aux USA en 2000 (diminution de moitié depuis
1997 grâce à un programme national d’éradication)
Transmission hématogène transplacentaire :
- le risque augmente avec l’âge gestationnel
- le risque diminue avec l’ancienneté de l’infection
Conséquences : mortalité 6,4%
- formes symptomatiques in utero : habituellement mort fœtale
- formes néonatales précoces : fœtopathies infectieuses, mauvais pronostic
- formes congénitales précoces : < 2 ans, 20% de mortalité périnatale, atteinte multiviscérale
- formes tardives : > 2 ans, souvent asymptomatique, peut donner des séquelles
Rechercher une syphilis chez le nouveau né en cas de mère infectée :
Le diagnostic précoce chez le nouveau né est difficile:
- recherche du tréponème pâle à partir de lésions (cutanées, cordon, placenta)
- IgM+ (peu sensible)
- VDRL = 4 fois celui de la mère
- Augmentation des anticorps à 2 sérums successifs
- Nouveaux tests en cours d'évaluation: FTA-Abs-19S, WB, PCR
L'exploration comprend radios des os longs, BHC, NFS, PL
En cas de doute, traitement : - 50 000 UI/kg IV en une cure si asymptomatique
150 000 UI/kg/j fois 10 à 14 jours si symptomatique
Dépistage chez la femme enceinte :
- obligatoire pour la déclaration de grossesse
- un test sensible et peu spécifique : VDRL
- Un test peu sensible et très spécifique : TPHA
- à refaire au troisième trimestre et à l’accouchement chez la femme à risque
- si doute avec une autre tréponématose traiter comme une syphilis
- diagnostic rarement fait sur une lésion cutanée ou muqueuse, le plus souvent syphilis tardive asymptomatique
Toute mort fœtale in utero ou anasarque doit faire rechercher une syphilis.
| VDRL |
TPHA |
Fta-Abs |
Fta-Abs IgM |
Diagnostic |
Conduite |
| - |
- |
++ |
+ |
syphilis primaire |
traiter |
| +++ |
+++ |
+++ |
+++ |
syphilis secondaire ou latente |
traiter |
| + |
+ |
|
|
syphilis récente ou ancienne? |
contrôler à J15 |
| + |
- |
- |
- |
faux positif du VDRL |
surveillance |
| + |
++ |
++ |
- |
syphilis ancienne traitée |
pas de traitement |
traitement :
- EXTENCILLINE 2,4 M UI en IM à renouveler une semaine plus tard, + 3e dose une semaine plus tard en cas de syphilis tardive
- En cas d’allergie à la pénicilline : désensibilisation plutôt que macrolide moins efficaces et plutôt que azithromycine et ceftriaxone moins étudiées
L’efficacité du traitement est de 98 %,5 c’est-à-dire qu’il
y a 2 % de transmission « résiduelle » à l’enfant malgré un
traitement bien conduit.
facteurs de risques d'échec: syphilis secondaire, syphilis latente précoce et tardive, titre élevé d’anticorps, prématurité, diagnostic tardif, réinfection
surveillance du traitement :
- herxheimer : rare chez la femme enceinte : boire beaucoup, repos, consulter si DA, risque de contractions utérines et d’anomalie du RCF
- VDRL : doit diminuer de 4 fois dans les 3 à 6 mois, surveillance mensuelle systématique ou si risque de récidive élevé
- Echographie fœtale mensuelle
Coinfection VIH-syphilis :
pas de preuve d’augmentation du risque de syphilis congénitale, 3e injection d’EXTENCILLINE systématique