Tularémie
et bioterrorisme
- Tularemia
as a Biological Weapon Medical and Public Health Management,
Consensus statement, JAMA. 2001;285:2763-73
Résumé
: J.P. Aubert
à consulter également
sur le sujet:
- Consulter l'article original
- Fiche thérapeutique "tularémie"
du plan biotox français (document pdf)
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- Généralités
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- Francisella tularensis est un petit coccobacile
gram négatif aérobie, non sporulé, non mobile.
Il est capable de survivre pendant des semaines à basse
températures dans l'eau, le sol humide, le foin, la paille
et les carcasses animales. Deux sérotypes sontrencontrés:
F. tularensis biovar tularensis (Type A), dont la virulence est
élevée pour l'homme et l'animal, et F. tularnsis
biovar palaeartica (type B), beaucoup moins virulent. La plupart
des cas ruraux constatés sur le continent Nord-Américain
sont du type A, tandis que les infections eurasiatiques sont
dues au biovar B.
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- Les laboratoires militaires ont pu implanter
des plasmides conférant au germe la résistance
à plusieurs antibiotiques (chloramphénicol, tétracyclines,
streptomycines).
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- Les cas spontanés sont observés
dans le monde rural, où la maladie est transmise par les
rongeurs, les moustiques, la manipulation de carcasses infectées,
l'eau, le contact direct avec un sol infecté. Les cas,
isolés ou épidémiques, apparaissent ent
général entre Juin et Septembre, période
où les moustiques sont actifs. Il ne semble pas exister
de contamination inter humaine directe.
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- L'utilisation de F. tularensis comme arme
biologique a été envisagée très tôt,
dès 1932 en Mandchourie par les Japonais. il est possible
que les dizaines de milliers de cas recensés sur le front
Est au cours de la seconde guerre mondiale aient été
le résultat d'une dissémination intentionnelle.
En 1969, un comité d'experts de l'OMS a estimé
que la dispersion d'un aérosol de 50 kgs de F tularensis
virulente sur une zone urbanisée de 5 millions d'habitauts,
aboutirait à 250.000 infections sévères
et 19.000 décès. Il est probable que des poussées
épidémiques pourraient ensuite réapparaître
pendant les semaines ou les mois suivants.
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- La vaccination n'apporte qu'une protection
partielle.
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- Tularémie d'inhalation
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- F tularensis peut infecter la peau, les muqueuses,
le tractus digestif et les poumons. C'est une bactérie
intracellulaire facultatve qui se multiplie à l'intérieur
des macrophages. Une bactériémie est usuelle dans
les premières phases de l'infectino. L'attentine ganglionnaire
est importante, aboutissant à des adénopathies
granulomateuses analogues à celles de la sarcoïdose
et de la tuberculose.
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- La contamination aérienne par F.tularensis
entraîne l'apparition brutale (incubation 1 à 14
jours) d'un syndrôme infectieux aigu non spécifique.
Ces signes généraux (fièvre à 40°C,
douleurs, frissons, céphalées...) sont nets. Ils
s'accompagnent de rhinorrhée, et souvent d'une pharyngite.
Quelques jours à quelques semaines plus tard, une certaine
proportion de patients développent un tableau de pneumopathie
aigue: toux sèche puis purulente, dyspnée, tachypnée,
douleur pleuritique, hémoptysie. Les signes généraux
persistent (fièvfre, sueurs, anorexie, perte de poids).
Radiologiquement de volumineuses adénopathies hilaires
sont observées. Il existe des infiltrats péribronchiques
pouvant évoluer vers des foyers systématisés.
Des épanchements pleuraux sont observés.
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- Le caractère non spécifique
de ces manifestations rend l'affection difficile à distinguer
d'autres pneumopathies (ce d'autant plus que le diagnostic bactériologique
est difficile et long à obtenir). Dans le cadre d'une
agression bactériologique de grande ampleur il serait
difficile, au début, de distinguer la tularémie
de l'anthrax, la fièvre Q, la peste.
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- La progression de l'affection serait probablement
plus lente et la mortalité moins élevée
que pour la peste ou l'anthrax.
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- Autres manifestations
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- D'autres contaminations locales aboutissent
à des lésions oculaires ᘈƬ cans.ors
d'une épidémie rurale en Suède, on a noté
des ulcères cutanés dans 12% des cas, une pharyngite
dans 31% des cas, des ulcères buccaux dans 9% des cas,
et des éruptions cutanées variées dans 32%
des cas.
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- A noter enfin qu'il existe une forme où
prédominent les signes gastro intestinaux (diarrhée,
douleurs abdominales) dans un contexte d'infection sévère.
Ces formes ont été appelées tularémies
typhoïdiques.
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- Diagnostic
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- Le diagnostic de certitude est apporté
par l'examen bactériologique. L'examen direct des sécrétions
respoiratoires, des exsudats, des prélèvements
divers, et des hémocultures est le premier temps du diagnostic.
L'utilisation d'anticorps anti-F tularensis fluorescents permet
d'obtenir une reconnaissance rapide de la bactérie. Encore
faut-il que cette procédure soit mise en oeuvre et que
le bactériologiste soit alerté de la suspicion
d'une infection à F tularensis. La culture apporte le
diagnostic de certitude, en 2 à 4 jours, si le milieu
de culture est adapté.
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- Des techniques de détection antigénique
sont utlisées dans ldes laboratoires spécialisés.
Elles peuvent être rapides, mais sont très peu diffusées.
La détection d'anticoprs n'est possible que 10 jours ou
plus après le début de la maladie, par agglutination.
Ces techniques peuvent être utiles pour des données
épidémiologiques, mais pas pour le diagnostic de
l'affection, qui doit être fait plus rapidement.
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- Vaccination
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- Dès les années
30, des campagnes de vaccination ont été mises
en place en URSS, concernant des dizaines de millions de gens
en milieu rural (vaccin vivant atténué). Un vaccin
analogue a été développé aux USA,
pour protéger des personnels de laboratoire amenés
à manipuler cettebactérie, montrant une assez bonne
efficacité. Néanmoins des études chez des
volontaires ont montré que le vaccin protégeait
mal contre la forme pulmonaire dans le cadre d'une contamination
par aérosol bactérien. C'est pourquoi le groupe
de travail ne recommande pas la vaccination en prophylaxie post
exposition dans le cadre d'une attaque bio terroriste.
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- Traitement
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- Dans le cadre d'une épidémie
restreinte, dans laquelle
une prise en charge individuelle serait possible, le groupe de
travail recommande l'utilisation d'une antibiothérapie
par voie parentérale.
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- Chez l'adulte
- On peut utiliser:
- la streptomycine, produit
de référence: 1 gramme IM deux fois par jour
- la gentamycine: 5 mg par
kilo, IM ou IV, deux fois par jour
- Eventuellement les tétracyclines
(doxycycline, 100 mg IV deux fois par jour) ou le chloramphénicol
(15 mg par kilo IV, quatre fois par jour), qui sont seulement
bactériostatiques et donc moins actifs.
- Les fluoroquinolones, en
particulier la ciprofloxacine (400 mg IV deux fois par jour,
le produit n'a pas d'AMM dans cette indication)
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- La durée du traitement
est de dix jours. Chez les personnes traitées par cyclines,
chloramphénicol ou ciprofloxacine, la voie orale peut
relayer la voie IV après obtention d'une bonne réponse
clinique.
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- Chez les enfants
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- Les recommandations sont
analogues. Les resrictions d'emploi habituelles avec les cyclines
et les quinolones chez l'enfant pourraient être outrepassées
étant donné la faible durée du traitement
et la gravité de l'enjeu.
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- Chez la femme enceinte
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- La gentamycine, utilisée
en cure courte, est la drogue de choix. Les problèmes
auditifs et rénaux connus avec les aminosides n'ont pas
été décrits avec la gentamycine.
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- Dnas le cadre d'une attaque
bioterroriste de masse,
on utiliserait en première intention la doxycycline (100
mg deux fois par jour) ou la ciprofloxacine (500 mg deux fois
par jour), pendant dix jours, par voie orale, chez l'adulte comme
chez l'enfant. Chez la femme enceinte, c'est la ciprofloxacine
orale qui est recommandée dans ce cas.
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- Prophylaxie post exposition
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- Les personnes exposées
à une contamination par F tularensis, qui débutent,
en période d'incubation, un traitement par streptomycine,
gentamycine, doxycycline ou ciprofloxacine, semblent protégées
contre le dévelopement de l'infection
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- La recommandation du groupe
de travail est donc d'utiliser, en cas d'exposition à
la bactérie, une prophylaxie orale par doxycycline (100
mg deux fois par jour) ou ciprofloxacine (500 mg deux fois par
jour), pour une durée de 14 jours.
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- Aucune propohylaxie n'est nécessaire
pour les personnes qui ont été au contact des malades
sans avoir été elle-mêmes exposées
à l'aérosol bactérien.
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